13 syndicats autonomes se regroupent en confédération : Un contrepoids à l’UGTA

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13 syndicats autonomes se regroupent en confédération : Un contrepoids à l’UGTA

Le projet d’une Confédération des syndicats automnes se précise. Regroupés au sein de l’Intersyndicale de la Fonction publique, des syndicats tiendront aujourd’hui leur assemblée constitutive pour lancer une organisation commune dénommée Confédération des syndicats algériens (CSA). Les représentants de 13 syndicats se regrouperont au siège de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), place du 1er Mai, pour élire un coordinateur et les membres du bureau.

Sadek Dziri, président du bureau national de l’Unpef, déclare que les participants discuteront du projet du règlement fondamental de la confédération. «Il sera aussi question de définir les modes d’élection. Une fois que les membres auront approuvé toutes ces étapes, nous pourrons aller vers la constitution du règlement intérieur qui est une version plus détaillée du règlement fondamental», ajoute-t-il (voir entretien).

«Le dépôt du dossier d’agrément interviendra le 12 novembre auprès du ministère du Travail», signale le président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura. Idir Achour, porte-parole du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (CELA), affirme que l’objectif de la CSA est de «créer un rapport de force par rapport au gouvernement». «Il s’agit de créer un rapport de force autour des revendications des travailleurs algériens. Nous avons constaté que chaque syndicat avance des revendications sectorielles qui nous sont finalement communes», estime-t-il.

Des «réticences» existent quant à la réaction du ministère du Travail, qui pourrait refuser d’agréer une confédération qui «ferait de la concurrence» à l’UGTA, l’unique centrale syndicale du pays. «L’Algérie a tout à gagner en octroyant l’agrément à une confédération syndicale autonome. Après 55 ans d’indépendance et en ce mois de novembre, mois du déclenchement de la Révolution, notre pays doit avoir sa confédération. L’Algérie a évolué, le monde évolue. Elle ne doit pas se retrouver au bord du chemin de la démocratie !» considère Amoura.

Expériences «inabouties»

Pour Idir Achour, la «bataille» pour l’agrément de la confédération sera «longue». «Je suis moyennement optimiste. On a pu passer des étapes, comme décider par exemple de l’organisation de notre assemblée constitutive de demain (aujourd’hui). La bataille sera longue. Il faut rappeler que le CELA a déposé sa demande d’agrément en 2003 et n’a pu l’avoir qu’en 2013. Même situation chez le Cnapeste et le Snapest. Notre objectif est de maintenir l’espoir parmi les travailleurs. Nous soutiendrons ces causes. D’ailleurs, si d’autres syndicats nous rejoignent, ils seront les bienvenus», signale-t-il. Plusieurs expériences ont été lancées par le passé : il y a eu d’abord l’Intersyndicale de l’éducation, lancée en 2004 et qui s’est muée en 2008 en Intersyndicale de la Fonction publique, relancée en 2016. L’autre organisation est la Coordination des syndicats autonomes. «Nous avons pu faire jonction en 2009 et organiser deux jours de grève. Cela nous a permis d’arracher un nouveau régime indemnitaire», rappelle Idir Achour.

Le projet de la CSA remonte à plusieurs mois. Début 2017, une commission de rédaction de l’avant-projet de son statut avait été installée. Une réunion technique de l’Intersyndicale s’est tenue plus une année auparavant, en septembre, au siège du SNPSP. La rencontre, à laquelle ont pris part une quinzaine de syndicats, s’est achevée par l’adoption de l’avant-projet de statut de la confédération. «La commission poursuivra son travail en préparant le dossier administratif de constitution d’une confédération, comme l’autorise l’article 4 de la loi 90-14 sur l’activité syndicale», a expliqué, dans une déclaration à El Watan, Nawfel Chibane, secrétaire général national du SNPSP (voir El Watan du 17 septembre 2017). Le dépôt du dossier pour l’agrément auprès du ministère du Travail devait se concrétiser fin 2017, mais n’a finalement pas abouti en «raison de problèmes organiques spécifiques à chaque organisation», constatent des syndicalistes.

Lancée en mai-juin 2017, l’Intersyndicale regroupe des syndicats représentant plusieurs secteurs de la Fonction publique (enseignement, santé, poste, énergie, vétérinaire, etc.) Le «dénominateur commun» qui a favorisé, nous assure-t-on, la réunion de ces organisations, était l’annonce de l’abrogation de l’ordonnance 97-13, modifiant et complétant la loi n°83-12 relative à la retraite.

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