17 ans et déjà écrivain

  • 2 semaines il y a
  • 19 Vues
  • 0 0
17 ans et déjà écrivain

Abdelmoaiz Farhi

Il s’appelle Abdelmoaiz Farhi, et ce n’est pas un adolescent comme les autres. Cette année, il passe le baccalauréat et c’est par l’écriture qu’il se vide l’esprit, ce qui lui permet de s’évader après une journée de cours. Il n’aurait jamais pensé que son passe-temps finirait par le projeter dans l’une des plus grandes maisons d’édition d’Algérie. 21, est le nombre de jours qu’il lui a fallu pour écrire son premier roman. Aujourd’hui, son livre est déjà en rupture de stock. Portrait de ce jeune Algérien passionné de littérature, qui à travers ses mots nous fait retomber dans l’innocence de l’amour.

«Je suis un adolescent normal de 17 ans, avec des passions et des loisirs. Mais, je prends un plaisir fou à plonger dans le fictif, que ce soit par la lecture ou par l’écriture», précise Abdelmoaiz Farhi. Né à Annaba en 2001, d’un père médecin et d’une mère institutrice, il est à un âge où tous les rêves peuvent devenir réalité.

En effet, comme beaucoup d’autres enfants, il aurait pu suivre le même métier que l’un de ses parents, mais ce n’est pas le chemin qu’il a choisi. Aujourd’hui, il est écrivain à seulement 17 ans. Il a publié son tout premier roman d’amour intitulé A 19 heures mon amour, quelques mois auparavant. Il faut savoir qu’il a écrit ce livre en ignorant qu’il allait être publié.

Après l’avoir fini, il s’est dit qu’il avait pris tellement de plaisir en l’écrivant et que c’est un livre qu’il a envie de lire. Pourquoi ne pas faire plaisir à des lecteurs comme lui et le publier ? Ecrire oui, mais trouver une maison d’édition n’est pas une mince affaire. «J’ai eu énormément de chance d’être publié dans une grande maison d’édition : Casbah Editions, mais j’avoue que j’ai trimé pour provoquer cette chance», ajoute-t-il.

L’année 2018 a été pour Abdelmoaiz une année pleine de rebondissements inattendus. 21 jours pour écrire son roman et trois mois pour le faire corriger, un livre qui a été bien accueilli à la dernière Foire du livre (SILA). D’ailleurs, l’auteur était aux anges. «J’ai pu rencontrer des lecteurs qui ont attendu mon livre. Jai notamment rencontré mes fans. J’étais entouré de journalistes qui s’intéressaient à moi, et notamment à mon travail. C’était l’émerveillement», explique l’auteur du roman d’amour.

Suite à cela, il a été honoré par la ministre de l’Education, Nouria Benghebrit, à l’Opéra d’Alger. «J’ai été honoré par madame la ministre à l’Opéra d’Alger, un directeur central au ministère m’a appelé après le SILA pour m’informer que la ministre souhaitait me rencontrer, ce n’est pas tous les jours que ça arrive, non ? Deux semaines plus tard, on s’est rencontrés. Elle m’a confié qu’elle a adoré mon livre», précise-t-il. Par la suite, il est passé à la radio et a pu s’exprimer sur son amour pour la littérature et sur le fruit de son travail.

Inspiration

Cependant, sa carrière a pris un chemin qu’il n’avait pas prévu de prendre aussi tôt et surtout aussi rapidement. Son histoire a commencé vers 10-11 ans, lorsqu’il a commencé à rédiger ses premiers écrits. «J’adore avant tout la lecture et j’écrivais un peu de tout, mais beaucoup plus des monologues. Cest une façon pour moi de me détresser, un moyen de soulagement après une grosse journée de cours», affirme Abdelmoaiz Farhi.

Cette passion pour la lecture l’a amené vers l’écriture. Son inspiration lui vient beaucoup de ses auteurs préférés, entre autres Marc Levy et Paulo Coelho et de tout ce qui est contemporain à Stephen King ou encore Dan Brown. «Il y a aussi Kamel Daoud et Yasmina Khadra. Je les admire en tant que personnes et en tant qu’écrivains, ils ont une plume magnifique», déclare le jeune prodige.

Sa plus grande fierté et d’être publié dans la même maison d’édition que Yasmina Khadra. «Je suis un de ses fans incontestés, c’est l’un des maîtres dans la littérature algérienne. Et, d’ailleurs, croyez-moi, être publié dans la même maison d’édition que son maître, c’est juste magnifique. Il a accepté de lire mon roman et même de donner son avis.

Deux mois après notre rencontre, il m’a envoyé un message pour me dire que c’est un coup de maître, je vous laisse imaginer ma réaction !», atteste Abdelmoaiz Farhi. En ce qui concerne son contenu, il arrive qu’il s’inspire de faits réels et d’anecdotes personnelles, tout n’est pas fiction ! Il a même confié que quelquefois ses personnages prennent le contrôle de ses pensées.

Cest le cas pour le choix de son titre. Il y a un moment dans lhistoire où le personnage dAdam dit à Ines : «A 19 heures mon amour». «Je me suis arrêté et je me suis dit : voilà mon titre. Je suis revenu à la première page et j’ai écrit ‘‘A 19 heures mon amour’’», déclare l’auteur. Depuis la publication de son bouquin, il reçoit énormément d’invitations et d’offres. Après toute cette effervescence et la magie de la célébrité, la vie réelle et les responsabilités refont surface. 2019 est pour lui la fin du secondaire et un passage à la vie universitaire.

En ayant fait le choix de passer un baccalauréat scientifique, plusieurs secteurs s’offriront à lui. «Sincèrement, je ne sais pas quel chemin prendre, mais je ne suis pas inquiet. Une chose est sûre, ma priorité c’est mon baccalauréat. Après ma graduation, j’ai l’intention de me consacrer davantage à l’écriture», confie-t-il. Abdelmoaiz écrit en moyenne 1 heure 30 minutes par jour.

Mais dès que le bachotage sera fini, il compte bien consacrer au moins 6 à 8 heures d’écriture. Ce qui est important de préciser, c’est que Abdelmoaiz n’est pas un écrivain comme les autres. Il n’utilise ni papier ni ordinateur. Son seul matériel n’est autre que son smartphone. Via l’application Word, il écrit sur son lit, dans un café ou bien dans une salle d’attente.

C’est très pratique, particulièrement pour les jeunes. Dans son livre, nous sommes en présence d’un langage assez moderne qui est en parfait accord avec cette nouvelle génération branchée au numérique. Tout comme la plupart des adolescents, le moyen de communication se fait majoritairement en format «textos». L’auteur a osé intégrer ce style, il le décrit comme étant un nouveau souffle pour le genre épistolaire.

De plus, avec son histoire d’amour, il compte toucher plus de lecteurs de tous les âges. L’amour est en effet cette passion que beaucoup recherchent. Un sentiment dont les jeunes ont une conception assez hétérogène et bien différente de celle des adultes. Il n’y a pas plus éblouissant que d’écouter ou lire des paroles d’amour.

S’évader !

Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que Abdelmoaiz Farhi est aussi un jeune qui a besoin de décompresser. Pour cela, mis à part la lecture et l’écriture, c’est au village de Aïn Berda, au sud de Annaba, qu’il se rend pour s’évader. «Aïn Berda est pour moi ce que le Maine est pour Stephen King», dévoile Abdelmoaiz. Ses autres passions se déclinent dans la photographie, la cuisine et les technologies. Pour retourner à sa passion première, il compte faire le tour d’Algérie cet été pour se rendre dans les librairies afin d’organiser des dédicaces. .

El-Watan.com