9e édition du Napec : L’intérêt tardif de l’Algérie pour l’industrie de la pétrochimie

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L’usine, qui sera opérationnelle en mai 2023, permettra à l’Algérie d’être un net exportateur en matière de polypropylène vers l’Europe, la Turquie et l’Afrique avec un volume de 450 000 tonnes à raison de 1000 dollars la tonne.

Tous les partenaires de l’Algérie dans le secteur des hydrocarbures sont en attente de la nouvelle loi que le ministre de l’Energie et des Mines prévoit pour le deuxième semestre de l’année en cours. En témoignent les appels d’offres infructueux et le peu d’engouement des opérateurs étrangers pour l’activité d’exploration. Intervenant lors de la neuvième édition du North Africa Petroleum Exhibition & Conference (Napec) qui se tient depuis dimanche au Centre des conventions d’Oran, le directeur de la division promotion et valorisation du domaine minier hydrocarbures, Djedjeli Mahmoud, a indiqué que ces 10 dernières années, seule Sonatrach a investi dans l’exploration avec 90 puits.

Selon lui, 6 puits uniquement ont été réalisés dans le cadre de partenariats. Pourtant, l’Algérie regorge de richesses. Comme souligné lors de la première journée de travail du Napec, les contraintes liées à la bureaucratie et au cadre législatif empêchent le développement du secteur.

Ce n’est qu’aujourd’hui que les responsables politiques du pays, dans un contexte de crise, daignent regarder vers d’autres activités autrement plus rentables pour le pays : le raffinage et la pétrochimie, thème d’un important débat auquel ont participé Belkacem Mayouf, conseiller auprès du ministre de l’Energie, et Adil Ouriaghli, Business Development Manager chargé de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie, aux côtés d’autres consultants. Tous les participants reconnaissent à présent que l’industrie pétrochimique et le raffinage ont un impact certain sur l’économie algérienne.

Bien qu’elle en ait été précurseur en Afrique, l’Algérie a arrêté d’investir dans le secteur malgré ses énormes potentialités, s’accordent à dire les experts. En raison de la crise, elle avait abandonné le premier en 1985 et le deuxième en 1995.

Ce n’est qu’en 2017 qu’elle a repris les choses en main en relançant l’industrie pétrochimique, mais avec beaucoup de retard. «L’Algérie est un marché potentiel sous-pénétré», a avoué Brahim Abdenour, ancien directeur d’EDV Pétrochimie, en soutenant que ce secteur est pourvoyeur d’emplois et de devises. Pas seulement, il serait, selon Belkacem Mayouf, d’un grand apport pour l’industrie automobile, l’agroalimentaire, les textiles et l’emballage.

C’est dans cette optique que s’inscrit d’ailleurs la concrétisation du partenariat avec Total, un investissement de 1,4 milliard de dollars, financé à 70% par l’Algérie. L’usine, qui sera opérationnelle en mai 2023, permettra à l’Algérie d’être un net exportateur en matière de polypropylène vers l’Europe, la Turquie et l’Afrique avec un volume de 450 000 tonnes à raison de 1000 dollars la tonne.

Total assurera aussi la formation en France, au lieu que cela se passe en Algérie. Que sont devenus l’Institut algérien du pétrole (IAP) et l’INH de Boumerdès ? Des experts regrettent que l’Algérie ait fait des pas en arrière en matière de formation. Ils se posent toujours des questions sur la négligence dont a été victime un secteur aussi porteur que celui de la pétrochimie. 

El-Watan.com