Abdelkrim Khima. Militant écologique : Un soldat de la nature

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Abdelkrim Khima. Militant écologique : Un soldat de la nature

Portrait 06

Président de Ardh, du réseau national Probiom, membre du conseil d’orientation du PNG et du réseau international Mer, et militant contre les agressions d’espaces verts, la pollution marine, les atteintes au patrimoine forestier et l’insalubrité ambiante, Abdelkrim Khima est sur tous les fronts environnementaux.

Intraitable sur les questions écologiques, il n’a pas que la main verte, mais toute l’âme verte. Le virus de la militance écologique, Abdelkrim l’a choppé dans son jeune âge. Sixième d’une fratrie, il a grandi, dans sa Bgayeth natale, en contact avec la nature. Il avait la certitude de vivre dans une ville-paradis, entre mer et montagne.

C’était le temps perdu d’une ville propre. Qui ne l’est plus. Entre les Aiguades, les Oliviers, Boulimat, Saket et Tighremt, Abdelkrim était une âme en vadrouille à qui il arrivait de poser son sac pour passer la nuit dans les bras de la forêt. La vue d’une cabane montée sur un terrain défriché par des aventuriers négligents a interpellé sa conscience. Si l’on aime la nature, il faut bien le lui montrer.

Avec des amis, il créé en 1992 le Club Chico Mendès. Influencés par ce syndicaliste brésilien, qui a défendu, jusqu’à la mort, la forêt de l’Amazonie et les droits des ‘‘seringueiros’’, les ouvriers y vivaient du latex qu’ils recueillaient. Le temps était à la réhabilitation du jardinage, aux campagnes de nettoyage et à l’éducation environnementale. L’engagement vert l’accompagne au lycée, où il milite, quatre ans plus tard, dans une nouvelle association, l’ADN, l’Association pour le développement de la nature. Abdelkrim ne faisait pas pour autant l’école buissonnière. Bien au contraire, à l’école primaire Fadhma n Soummer, dans la haute ville, il était le meilleur de l’établissement. Turbulent, parce que hyperactif, mais élève studieux.

Il se créait son monde de science-fiction dans ses propres BD, avant d’ouvrir grands les yeux sur la beauté de la nature. Sur son banc, au CEM Ben Badis, Abdelkrim avait la tête dans la nature et les escapades entre amis, au moment où les garçons de son âge rêvaient de belles voitures. Son monde, fait de verdure, ne le quittera pas au lycée Ibn Sina.

Toute sa scolarité il l’a faite dans la haute ville. De là-haut, il pouvait voir les premières constructions qui montaient, au loin, sur la montagne de Sidi Boudrahem. Il voyait arriver ce qui est aujourd’hui une urbanisation immonde. Etudiant en économie, à Alger, il change de cap pour intégrer la filière des droits des affaires à l’université de sa ville natale. Abdelkrim aurait pu être aujourd’hui dans un cabinet de consulting ou dans un service de suivi de litiges. Mais, il s’en détourne complètement. «En réalité, je voulais faire de la BD», confie-t-il.

L’ADN dissoute, il initie la création, en 2008, de l’association Ardh (terre), qui aurait pu s’appeler «Akkal», pour porter le germe de l’identité de ses initiateurs. Première alerte : une promotion sur un espace vert et des vestiges dans l’ancienne ville. Première victoire : le projet est stoppé. Rassemblements, pétitions, correspondances, vidéos sur les réseaux sociaux, la chasse à la «maffia du foncier» est alors inflexible. Abdelkrim et ses camarades de lutte ont réussi à faire annuler d’autres projets insoucieux de l’écologie.
Ils restent mobilisés en soldats invétérés de la nature.

El-Watan.com