Abderrahmane Benkhalfa au forum des industriels producteurs et transformateurs : «Lorsque l’inflation dépasse le taux de croissance, c’est inquiétant»

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Abderrahmane Benkhalfa au forum des industriels producteurs et transformateurs  : «Lorsque l’inflation dépasse le taux de croissance, c’est inquiétant»

Le secteur privé doit être au cœur de la nouvelle politique économique du pays. C’est l’appel qui a été lancé, jeudi dernier, par l’organisation patronale regroupée en Union nationale des industriels producteurs et transformateurs lors d’un forum tenu à l’hôtel Sheraton. Les membres de cette organisation estiment que le secteur privé apporte beaucoup à l’économie nationale, notamment en matière de création d’emplois et aspire de ce fait à avoir toutes les facilitations afin de contribuer pleinement au développement et à la diversification de l’économie nationale.

Invité à prendre la parole en sa qualité d’économiste, l’ancien ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, souligne que le PIB en Algérie est en décalage avec l’envergure de son économie. L’invité du forum estime que le PIB est faible et le taux de croissance se fragilise : «Je suis inquiet pour l’évolution annoncée du taux de croissance pour l’année 2019 et 2020. Lorsque l’inflation dépasse le taux de croissance ça devient dangereux. C’est pour cela qu’il faut arrêter d’adosser le taux de croissance au seul budget de l’Etat. Le pays est équipé en infrastructures, le temps est venu de libérer l’investissement…

Il est impératif d’éviter que le taux de croissance descende en dessous de 3,5% en repensant son mode de financement qui est actuellement trop basé sur les dépenses publiques.» M. Benkhalfa plaide pour que l’économie nationale soit davantage portée par le secteur privé et que les organisations patronales fassent dans le business plutôt que dans la politique. «Les organisations patronales qui ne sont qu’un syndicat des employeurs ne suffisent pas, la valeur ajoutée est d’apporter la dimension business et de créer un maillage pour faciliter la distribution des produits», dit-il, ajoutant qu’il faut éviter la politisation excessive des cercles d’affaires. «Le business c’est le business», insiste Benkhalfa en appelant aussi à oublier la distinction entre le public et le privé. «L’économie commence à avoir des excédents, notamment dans différents produits agricoles. Il faut penser à créer de la richesse à travers la transformation et à mieux distribuer les produits sur le territoire national d’abord, avant de penser à exporter.

Il faut arriver aussi à créer un vrai partenariat public/privé en sortant du schéma Eurl privée ou publique, il ne s’agira que d’entreprise de droit algérien (mix public et privé), ce qui les distinguera des entreprises étrangères. Que le mandat présidentiel prochain soit celui de l’ouverture des capitaux des entreprises et les aider à grandir. Et si on veut exporter, il faudra compter sur la diaspora, comme le font tous les pays, dont nos proches voisins.» L’économiste Fares Mesdour a pour sa part énuméré un certain nombre de préalables afin d’aider les entreprises privées à exporter.

Il souligne d’abord que les principaux obstacles à la bonne marche de l’économie nationale sont d’ordre bureaucratique, fiscal, douanier et sans oublier le fléau de la corruption qui  bloque toute évolution. «Il faut aller vers une numérisation de l’administration et le e-paiement afin d’éviter les lenteurs bureaucratiques. Si on veut encourager l’investissement, il faut commencer par faciliter l’accès aux crédits, au foncier et créer des zones industrielles entièrement équipées ouvertes à la location au privé», plaide l’économiste, appelant à prendre des mesures contre la corruption, notamment en mettant en service un numéro vert pour faciliter la dénonciation des faits de corruption.

El-Watan.com