A quand la désignation de représentants ?

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Mouvement populaire et gestion de la transition

Le mouvement populaire doit-il se doter de représentants ? Quelles sont les personnalités politiques consensuelles qui peuvent assumer cette tâche ? Ces interrogations reviennent avec insistance depuis quelques semaines.

Devant le rejet massif de toutes les figures du régime Bouteflika, les partis de l’opposition sont tous acquis à l’idée de confier la transition à des personnalités nationales acceptées de tous.

Dans leurs propositions, ces partis divergent toutefois sur le mode d’élection de ces gestionnaires de cette période transitoire. Le même débat fait son apparition dans le mouvement, lui-même. Sur les réseaux sociaux, des groupes proposent une liste de personnalités pouvant prendre les commandes de la prochaine période de transition, que les tenants du pouvoir refusent d’accepter pour l’instant.

Des figures ayant réussi à gagner l’estime des foules de manifestants, depuis le 22 février dernier. On parle notamment de l’avocat Mustapha Bouchachi. Défenseur des droits de l’homme et homme politique connu pour son franc-parler et ses analyses justes de la situation politique nationale depuis plusieurs années, son nom revient dans tous les forums sur Facebook.

Il est présenté comme une personnalité acceptée par tous les courants politiques. Mais jusqu’à présent, Mustapha Bouchachi n’affiche aucune ambition personnelle. Il affirme seulement «être à la disposition de ce peuple qui manifeste massivement». Un peuple auquel il se joint à chaque marche.

Dans la même liste, figure aussi le nom de l’avocate Zoubida Assoul, dont l’engagement dans le mouvement Mouwatana et son rejet des choix du régime ont visiblement marqué les esprits de ceux qui la proposent comme une candidate à la gestion de la période de transition.

Le mouvement populaire a aussi accueilli l’ancien député Karim Tabbou, qui a su, de l’avis de plusieurs observateurs, comment s’imposer comme leader grâce à ses interventions durant les marches et sur les plateaux des chaînes de télévision. L’avocat Abdelghani Badi, l’activiste Samir Belarbi et le journaliste Foudil Boumala figurent aussi sur cette liste. Le débat sur la désignation des délégués du mouvement est engagé aussi dans les universités. Mais aucun représentant officiel n’est désigné.

Campagne de dénigrement

Ce mouvement a permis aussi la confirmation de la stature de certains militants chevronnés qui ont marqué de leur empreinte la lutte pour la démocratie en Algérie.

C’est le cas de l’ancien président du RCD, Saïd Sadi, qui, tout en refusant toute «fonction partisane ou élective», accompagne le mouvement par son engagement sur le terrain et ses orientations à travers des textes diffusés sur les réseaux sociaux. Même rôle aussi pour l’ancien député du FFS, Djamel Zenati, très actif lui aussi sur le terrain et sur le Net depuis notamment le 22 février dernier. L’avocat Mokrane Aït Larbi s’impose par son engagement plein et entier avec le mouvement populaire.

La liste des personnalités crédibles et représentatives est certainement très longue. C’est ce qui a, sans doute, dérangé les officines occultes et les tenants du pouvoir. Pour faire croire que la classe politique nationale «est entièrement disqualifiée», ils ont lancé des campagnes de dénigrement à l’encontre de ces personnalités et de certains chefs de parti.

Des individus, lancés dans la foule des manifestants, ont été chargés de les huer dans le but de faire croire à l’opinion que le mouvement est incapable d’avoir ses propres représentants.

El-Watan.com