Forte adhésion au mot d’ordre de grève : Marche des étudiants dans la capitale et les villes du pays

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Les étudiants en mastère en colère

La mobilisation des étudiants ne faiblit pas. La répression de leur marche la semaine dernière n’a pas eu raison de leur détermination. Hier, des actions ont été menées à travers les campus du pays pour maintenir la mobilisation.

Pour le deuxième jour consécutif, des étudiants ont manifesté à l’intérieur de la faculté centrale Benyoucef Benkhadda (Alger). Des slogans hostiles au régime ont été scandés : «Ni Gaïd ni Saïd, c’est le peuple», «Une République et non pas une caserne.» Réunis régulièrement en AG dans les quatre départements respectifs de la Fac centrale (architecture, sciences et vie et de la nature, sciences de la matière et mathématiques), les étudiants ont opté pour une grève d’une semaine renouvelable. Juste après la répression de vendredi, le collectif des étudiants a adopté le principe d’un sit-in quotidien à l’intérieur de la faculté.

«Il n’était pas question de descendre dans la rue pour donner l’excuse à une répression. Le rassemblement s’est tenu devant le portail de la place Audin», précise Sami Ikbaoui, un des représentants des étudiants de la faculté. Nouveauté : l’adhésion des enseignants au mot d’ordre de grève. «Nos enseignants ont décidé de se joindre au mouvement à l’issue de leur AG tenue aujourd’hui (hier).

Par leur action, ils expriment leur adhésion aux revendications des étudiants et de tout le peuple», poursuit le coordinateur. Même implication importante dans les écoles supérieures d’Alger (Ensa, Essaia, Esi, Entp, Essaa, Enstp, Enst et l’Epau).

Dans un communiqué rendu public samedi 13 avril, les étudiants de ces établissements ont annoncé la reconduction de leur mouvement de grève pour la deuxième semaine. «Cette grève durera jusqu’au jeudi 18 avril et elle demeurera renouvelable dans la mesure où nos revendications ne sont pas prises en considération et que le gouvernement continue à réprimer les manifestations et à faire la sourde oreille aux appels du mouvement citoyen», précise l’appel.

Les étudiants ont plaidé pour l’adoption d’un «nouveau schéma d’organisation dans une optique de coordination et de synchronisation du mouvement estudiantin».

A Polytechnique, au moins 400 élèves sur les 1300 que compte l’Ecole assistent aux AG, précise Melissa Guahlouz, membre du comité représentatif de l’Ecole polytechnique.

Cordons de sécurité

«L’adhésion au mot d’ordre de grève d’une semaine renouvelable est importante. Les étudiants ont eu à discuter des propositions pour les actions à venir. Ainsi, le principe d’un comité chargé de la communication avec les autres facultés a été retenu.

D’ailleurs, le contact s’est fait entre les écoles d’Alger, la faculté centrale et l’USTHB… L’objectif est d’organiser une coordination englobant ces différents établissements», signale Melissa Guahlouz, qui fait partie d’une coordination de 12 représentants désignés par leurs camarades. L’organisation balbutiante au début a touché tous les campus du pays.

Au pôle universitaire de Koléa (Tipasa), une AG s’est tenue à l’ENSM, avec l’implication des autres étudiants du pôle (HEC, ESC, IMPS). «Il y a les étudiants de la Faculté centrale et du pôle universitaire d’El Harrach. Une coordination a été créée à cette occasion.

Il y aura une action commune à Alger. Les slogans sont discutés à cet instant», précise un des étudiants organisateurs qui a requis l’anonymat. En grève depuis la semaine dernière, les militants en herbe multiplient les activités au niveau de leurs écoles. «Nous avons reçu des autorisations aujourd’hui.

Nous avons invité l’avocat Me Lezzar qui parlera du rôle des étudiants. Durant l’après-midi, nous avons tenu un atelier-slogans. Il y aura également un atelier-vidéos qui se chargera de filmer les étudiants demain à 8h30», précise Melissa Guahlouz.

Des actions de protestations sont enregistrées à travers les campus du pays : Ouargla, Oum El Bouaghi, Blida, où l’avocat Bouchachi s’est vu interdire l’accès à l’université Saad Dahlab… Les étudiants des différentes universités du pays marcheront aujourd’hui dans la capitale et à travers les chefs-lieux des wilayas.

Pour éviter toute confrontation, ils ont pris la décision de mettre en place des cordons de sécurité. «Nous avons décidé d’organiser un cordon de sécurité et de sensibiliser les étudiants qu’il n’est pas question d’entrer en conflit avec les forces de sécurité», précise Sami Ibkaoui de la faculté d’Alger.

El-Watan.com