Ils étaient plusieurs milliers à battre le pavé à Oran : La démonstration de force des étudiants !

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Ils étaient plusieurs milliers à battre le pavé à Oran : La démonstration de force des étudiants !

Plus déterminés que jamais, les étudiants de toutes les facultés oranaises sont sortis battre le pavé durant la journée d’hier, avec pour seul mot d’ordre : «Que toute la maffia politico-financière dégage !»

Ils étaient plusieurs milliers d’étudiants à être sortis des universités de l’USTO, l’IGMO, du pôle universitaire de Belgaïd, des facultés de médecine et de l’information et de la communication, de l’Ecole nationale polytechnique Maurice Audin, de l’Institut supérieur de biologie, l’Institut hydrométéorologique de formation et de recherche et de bien d’autres campus encore.

Tous ont marché de longs kilomètres, de leurs universités respectives, jusqu’au siège de la wilaya. Les slogans étaient quasiment identiques à ceux de mardi dernier, du fait que durant la semaine, aucun changement tangible n’a été opéré.

En effet, ce n’était que pendant la marche que les étudiants ont appris, via les réseaux sociaux, la démission de Belaïz, ce à quoi ont lancé certains :

«Mabrouk alina ! Maintenant, il faut que les deux autres B démissionnent à leur tour !» En marchant de l’université de l’USTO jusqu’à la wilaya, une grande banderole était portée par les étudiants : «Ni autoritarisme ni paternalisme, l’Algérie démocratique !» Dans le flot des étudiants qui battaient le pavé, armés de slogans, une pancarte revenait souvent : «Celui qui a volé son pays n’est plus crédible pour prétendre à le rebâtir.»

Un étudiant a, quant lui, préféré arborer le portrait de Martin Luther King, avec cette citation qui lui est attribuée : «Il arrive un moment où se taire devient un acte de trahison.» «Honte à vous de vous attacher au pouvoir alors que le peuple vous rejette», affichait une étudiante sur un écriteau, alors que sa camarade arborait un autre où était inscrit : «On ne veut pas un changement de surface, on veut un changement à la racine.» Pas loin d’elles, un étudiant avait écrit, sur sa pancarte, son rejet d’un pouvoir militaire et du gouvernement conduit par Bedoui.

En signe de solidarité avec les militantes du MDS et RAJ qui ont subi un traitement humiliant dans un commissariat d’Alger, une enseignante universitaire tenait à la main une pancarte sur laquelle était écrit : «Je suis Hania, je suis Amel, je suis Hafidha, je suis Inès !» ; une autre de ses collègues lui a emboîté le pas en marquant sur son panonceau : «Dénuder des femmes militantes dans des commissariats de police est un retour aux pratiques coloniales.»

Tout le long du trajet séparant l’USTO du siège de la wilaya, les étudiants ont pu compter sur le soutien des automobilistes qui klaxonnaient frénétiquement à leur passage, ou encore l’appui de quelques âmes charitables qui leur ont distribué nombre de packs d’eau, pour se requinquer et ne pas flancher.

En sortant en si grand nombre, le but des étudiants était bien sûr de faire dégager ce régime maffieux, mais aussi se battre pour des lendemains meilleurs, pour un Etat de droit, une justice sociale et du travail pour tous. Bref, un Etat aux antipodes de celui que le pouvoir nous a offert ces dernières décennies.

Le slogan d’un étudiant, empli d’ironie, va justement dans ce sens : «Ma neshakch diplôme w’ana fil batala n’3oum» (Je n’ai pas besoin de diplôme, si après, je serai au chômage).

Arrivé devant le tribunal de la cité Djamel, les étudiants se sont mis en chœur à crier : «Magistrats, n’ayez pas peur ! Jugez les maffieux et les voleurs !»

Vers 13h, les étudiants des différentes facultés ont convergé vers la place attenante au siège de la wilaya, où ils ont continué à scander des slogans hostiles au pouvoir. Ils se sont ensuite dispersés dans le calme, avant de se donner rendez-vous pour vendredi prochain.

El-Watan.com