La classe politique n’a eu aucune offre de dialogue : L’armée se cramponnera-t-elle à sa feuille de route ?

  • 5 jours il y a
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La classe politique est dans l’expectative. L’absence de débat sur la crise qui secoue le pays et la position «ambiguë» de Gaïd Salah suscitent moult interrogations.

Est-il normal qu’après huit vendredis de manifestations, aucun pas n’est franchi dans l’amorce d’un dialogue sérieux ? Pourquoi la classe politique n’est pas sollicitée pour enrichir le débat ? Pour quelle option l’armée tranchera-t-elle ? Va-t-elle reculer ou se cramponnera-t-elle à sa feuille de route ? Ces questions reviennent avec insistance depuis la désignation de Bensalah au poste de chef de l’Etat par intérim avec la «bénédiction» de Gaïd Salah.

Jusqu’à aujourd’hui, aucun parti politique – du moins ceux de l’opposition –, aucun représentant d’association n’a été approché ni par le chef d’état-major de l’armée ni par des responsables en haut lieu pour se mettre autour d’une table et trouver des solutions aux revendications exprimées depuis le 22 février par le mouvement populaire.

La classe politique, qui propose chaque jour des plans de sortie de crise en fonction de l’évolution de la situation, est mise à l’écart. Chose qu’elle reproche au patron de l’institution militaire qui s’est engagé, pourtant, au début des manifestations à accompagner le mouvement populaire jusqu’à la satisfaction des doléances du peuple.

Seulement ces derniers jours, la rue et la classe politique doutent de la sincérité du vice-ministre de la Défense, qui entretient une position qui risque d’être un facteur de blocage. D’ailleurs, ce vendredi, il a essuyé les premières critiques et des personnalités de l’opposition l’ont carrément invité à partir.

L’ambiguïté de la position de l’armée réside dans son entêtement à suivre la voie constitutionnelle qui induit un soutien franc aux «3B» et son empressement à rappeler à chaque fois que l’armée est aux côtés du peuple qui, lui, réfute en bloc l’idée d’une transition gérée par Abdelkader Bensalah, Noureddine Bedoui et Tayeb Belaïz. «Certes, l’armée n’est pas un partenaire, mais une force qui veille sur les questions d’ordre stratégique et aujourd’hui elle se présente comme une force incitative à un passage vers la transition.

Elle s’est impliquée dans la crise en invitant le président Bouteflika à partir et elle doit aller jusqu’au bout en invitant les ‘‘3B’’ à faire de même et à booster l’option du dialogue», explique un politologue.

Le MSP, le PT, Talaie El Hourriyet et bien d’autres partis sont prédisposés à rencontrer et se réunir avec des personnalités crédibles et intègres, comme le réclame la rue. Ils attendent l’offre d’un dialogue qui tarde à se concrétiser. «On a l’impression qu’en haut lieu et l’armée essayent de gagner du temps.

Ils prennent la température de la rue avant de mettre à exécution leurs choix et décisions, d’où d’ailleurs l’absence de dialogue et de concertation», affirme un militant. Abderrazak Makri, leader du MSP, estime que le départ des «3B» est la clé de la solution. «La démission de Bensalah entraînera celle du gouvernement dans sa totalité, et les personnalités qui succéderont à Bensalah et Bedoui mèneront les consultations avec tous les segments de la société, ce qui nous permettra d’aller de l’avant. Je suis optimiste quant au départ imminent des ‘‘3B’’», explique Makri. Avis partagé par plusieurs partis et personnalités nationales.

Pour les observateurs, Gaïd Salah n’a pas besoin de se référer à la Constitution pour appeler à la démission de Belaïz ou celle de Bedoui, parce que le premier a été désigné contre la force de la Constitution, il est à son deuxième mandat, alors que la Loi fondamentale le limite à un seul non renouvelable, et l’autre a été désigné avec son gouvernement par le clan des forces extra-constitutionnelles.

El-Watan.com