Marche des universitaires à Constantine : Le 16 avril revu et corrigé par les étudiants

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A la différence des manifestations organisées chaque mardi par les étudiants des universités de Constantine, celle d’hier s’est distinguée par la réappropriation par les étudiants et les enseignants de la Journée du savoir, qui coïncide avec le 16 avril.

«La date du 16 avril est très importante pour les intellectuels, qui ont subi toutes les formes de marginalisation. Les autorités ont toujours fêté cette journée loin de l’université, qui est pourtant le lieu naturel du savoir. C’est pourquoi, nous avons décidé de la fêter à notre manière et dans la rue avec le reste du peuple», a déclaré à El Watan Houda Achili, enseignante d’anglais à l’université des Frères Mentouri.

Sa collègue du même département, Habiba Zeghib Toualbiya, estime que le pouvoir a laissé l’université au bas de la liste dans tous les événements et il est temps de lui rendre sa véritable valeur.

Plus nombreux et plus organisés que d’habitude, des milliers d’étudiants et enseignants de toutes les universités se sont donné le mot pour faire de ce mardi «l’inoubliable Journée du savoir». Comme chaque fois, ils se sont regroupés vers 10h à l’université des Frères Mentouri, Constantine 1, avant de prendre d’assaut le centre-ville de Constantine.

Ils ont d’abord marché en procession sur plusieurs kilomètres avant de se séparer en trois groupes en arrivant au centre-ville, comme pour occuper et paralyser le centre. Affichant beaucoup de détermination, les manifestants ont sillonné les artères principales de la ville en commençant par la place du Colonel Amirouche (La Pyramide) et passant par l’avenue Abane Ramdane, la place des Martyrs et le boulevard Belouizdad. «La marche d’aujourd’hui était une démonstration de force bien réussie, parce que les étudiants ont compris qu’ils doivent être structurés et organisés pour transmettre leur message. Nous ne céderons jamais», ajoute Houda Achili.

Par ailleurs, les manifestants ont clairement condamné la répression policière des étudiants à Alger, en prévenant les autorités des conséquences irréparables de ces comportements de provocation. «Nous refusons le comportement honteux de ce pouvoir, qui veut atteindre à tout prix le mouvement universitaire. Nous disons à ce gouvernement qu’il doit faire très attention», a souligné Brahim Zeher, étudiant à l’université islamique Emir Abdelkader. Et d’insister sur le fait que l’objectif de leur combat est «de créer une nouvelle République et un Etat de droit fondés sur l’amour, la fraternité et la solidarité».

La marche d’hier était la plus imposante de tous les mardis, créant l’admiration parmi les riverains et les Constantinois présents hier sur le passage des marcheurs. D’ailleurs, beaucoup de citoyens ont rejoint la procession pour chanter les slogans appelant au départ des symboles du pouvoir corrompu.

Quand, vers 13h, la nouvelle de la démission du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, arrive aux oreilles des manifestants, c’est une véritable explosion de joie. Les étudiants ont exprimé leur satisfaction et ont fêté par la danse et les chants patriotiques cette nouvelle bataille gagnée dans leur nouvelle guerre de «libération de l’Algérie».

El-Watan.com