Office du complexe olympique (OCO) : Les prédateurs ont fait main basse sur l’unité Golf

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Le système corrompu et corrupteur qui ravage l’Algérie n’a épargné aucun secteur. Celui du sport n’a pas échappé à l’appétit féroce et insatiable des prédateurs qui ont ruiné le pays par le vol, le trafic, la rapine et tous les autres moyens qui leur ont permis de faire main basse sur les richesses du pays en toute impunité. L’affaire de la cession de l’unité Golf par l’Office du complexe olympique (OCO) Mohamed Boudiaf au profit de Sonatrach en est la parfaite illustration.

Il y a quelques mois, Ahmed Ouyahia, alors Premier ministre, a adressé une correspondance au ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS) par laquelle il lui signifie de «céder l’unité Golf à Sonatrach sur instruction du président de la République, Abdelaziz Bouteflika». Le ministère de la Jeunesse et des Sports, à son tour, a informé la direction générale de l’OCO pour la mise en œuvre de l’instruction du président de la République.

Sur cette simple instruction, plus qu’un ordre en fait, le MJS et l’OCO se sont exécutés et ont entamé le processus de concession des 30 hectares et de tout ce qui leur est attenant, surtout le magnifique restaurant érigé sur cet espace paradisiaque avec terrains de golf et gazon à perte de vue. Le bénéficiaire de ce cadeau tombé du ciel, la première entreprise nationale, a dépêché sur place ses représentants pour s’enquérir de l’offrande du premier magistrat du pays.

Selon gorge profonde, «l’opération de concession de l’unité Golf au profit de Sonatrach n’a pas traîné. Qui pouvait s’interposer aux ordres venus d’en haut ? Des documents auraient été établis en un temps record sans que personne ne sache si vraiment les règles en la matière (concession) ont été respectées».

Cet acte est un dépècement du patrimoine de l’OCO, opéré en défaveur de cet Epic qui souffre le martyre pour joindre les deux bouts et honorer les salaires des employés. Pour rappel, l’OCO du 5 Juillet est composé de 11 unités, dont 2 seulement sont rentables. A savoir les trois piscines qui relèvent du patrimoine de l’OCO, qui sont celles du Complexe olympique, du 1er Mai et de Kouba.

La seconde unité rentable est celle du Golf qui, grâce à son restaurant très prisé, engrange des recettes au même titre que les terrains de golf fréquentés par une clientèle aisée, formée presque exclusivement de diplomates étrangers. C’est avec les ressources générées par ces deux unités (piscines et golf) que l’Office du complexe olympique arrive (difficilement) à verser les salaires de plus de 300 travailleurs.

Une fois que Sonatrach prendra possession de l’unité Golf, l’OCO aura des difficultés à compenser la perte d’un de ses segments névralgiques en matière de rentrées de ressources. Le plus dramatique dans l’affaire, c’est que le ministère de la Jeunesse et des Sports n’a fait aucune objection à l’instruction, plus exactement l’injonction, du président de la République sur les redoutables conséquences qui découleront de cette décision, véritable acte du prince.

A priori, la concession de l’unité Golf n’aurait fait l’objet d’aucune compensation, ni contre-partie de la part de Sonatrach. Il faut rappeler d’abord que ce type d’unités sont incessibles et à plus forte raison à des entreprises, sociétés hors secteur.

Normalement, lorsqu’il y a une concession, la partie initiale est fortement indemnisée. Est-ce le cas en ce qui concerne l’OCO ? Toute opération de concession doit être précédée préalablement par une étude de la valeur domaniale et valeur vénale pour pouvoir fixer le montant de la transaction. Cela a-t-il été fait ? Pas sûr.
Selon des sources proches de ce dossier, «derrière cette affaire de concession de l’unité Golf il y a d’énormes intérêts.

Les initiateurs de ce projet n’ont aucun scrupule vis-à-vis de l’OCO, des utilisateurs du circuit de cross et des terrains de golf et de la population sportive qui fréquente ce site. Des rumeurs indiquent que la concession de l’unité Golf à Sonatrach aurait un seul objectif : offrir cet espace à la société SIH que dirige Hamid Melzi, le patron de la résidence d’Etat du Club des Pins, pour investir dans la construction d’un établissement hôtelier haut de gamme».

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Raouf Salim Bernaoui, serait inspiré de dénoncer le bradage de l’unité Golf de l’OCO au profit de Sonatrach. L’annulation peut se faire par le Premier ministre en poste, Noureddine Bedoui.

Après les contrats de l’autoroute Est-Ouest, les usines, les terres agricoles, les faramineux prêts bancaires, les prédateurs se sont tournés vers les infrastructures sportives comme des rapaces qui dépècent le moindre corps et partie de ce pauvre pays.

El-Watan.com