Réactions de la classe politique et de la société civile

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Louisa Hanoune, SG du PT  :  «La démission de Belaïz suscite des interrogations»

«Le président du Conseil constitutionnel vient de démissionner. Une question se pose. Cette démission est-elle venue pour répondre aux revendications de la majorité réclamant le départ de tous les symboles du régime ? Si cette démission répond à une demande populaire, elle constitue une victoire du peuple révolté. Mais, cette démission ne constitue-t-elle pas une manœuvre qui vise à imposer une élection présidentielle le 4 juillet prochain, par ailleurs rejetée ? Si cette démission s’inscrit dans le cadre de la présidentielle, il faut rester vigilant, car ils sont passés maîtres dans l’art de la diversion. Ceci dit, depuis le 22 février, la majorité des Algériens sont doués d’une maturité politique.»

Ahmed Adimi, porte-parole de Talaie El Hourriyet : «C’est le début de la fin d’un clan»

«Nous sommes contents. Il a fini par comprendre que c’était fini pour eux. Ils doivent partir tous. Nous espérons que les autres vont suivre. Je pense que c’est le début de la fin d’un clan qui a dirigé l’Algérie pendant longtemps. Après, il faut normalement désigner une personnalité politique acceptable à la place de Belaïz, ensuite viendra la démission de Bensalah. Le futur président du Conseil constitutionnel remplacera Bensalah. Je pense que c’est le scénario tel que pensé par le régime dans le cadre de la Constitution. Car, cela n’a aucun sens si Belaïz démissionne et que Bensalah reste à son poste. Ce dernier, avant de démissionner, va désigner une personnalité politique acceptable à la place de Belaïz et cette personnalité va diriger l’Algérie pendant la période de transition.»

Mokrane Aït Larbi, avocat et militant des droits de l’homme  : «La révolution pacifique doit se poursuivre»

«Après la chute de Bouteflika, le président du Conseil constitutionnel est tombé aujourd’hui et demain toutes les autres têtes du régime tomberont grâce à la révolution populaire et pacifique. Le peuple a dit son mot et ne fera pas marche arrière. La révolution pacifique doit se poursuivre afin que l’Algérie de demain soit rebâtie avec de nouvelles figures intègres. Il faut que le régime réponde aux revendications populaires qui sont claires. Or, le régime est en train de manœuvrer et prétend avoir répondu aux demandes du peuple, ce qui n’est pas le cas. Il faut une solution. L’armée doit protéger les revendications du peuple qui sont ciblées par la contre-révolution qui est en marche.»

Abderrazak Makri, président du MSP : «Un pas essentiel sur le chemin de la solution»

«La démission de Tayeb Belaïz constitue une étape qui correspond aux demandes du hirak. Elle constitue aussi un pas essentiel sur le chemin de la solution, à condition d’une volonté politique sincère. Maintenant, il faut nommer, à sa place, une personnalité consensuelle acceptée par le peuple, qui n’est pas impliquée dans des affaires de corruption et dans des opérations de fraude électorale par le passé. Abdelkader Bensalah doit aussi démissionner afin qu’il soit remplacé par une personnalité consensuelle, nommée auparavant à la tête du Conseil constitutionnel. Le MSP réclame aussi le départ du gouvernement Bedoui et la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale composée de personnalités intègres  n’ayant aucun lien avec la corruption sous toutes ses formes et avec la fraude électorale.»

Saïd Salhi, vice-président de la LADDH : «La feuille de route de l’armée n’offre pas la solution»

«La démission de Tayeb Belaïz semble s’inscrire dans le cadre d’un plan qui s’annonce dans le cadre de l’article 102 de la Constitution. Le scénario plausible du plan prévoit la désignation d’un autre à sa place sur les 12 membres du Conseil constitutionnel, la démission du chef d’Etat Bensalah, son remplacement par le nouveau président du Conseil constitutionnel, et le maintien de l’élection présidentielle dans 90 jours.

Il restera toujours un couac, le président du Conseil constitutionnel doit être installé par le président de la République. Il reste aussi le gouvernement Bedoui, qui selon la Constitution, personne ne peut démettre. Même s’il démissionne, il va y avoir un vide constitutionnel. Il reste aussi la Commission indépendante de la surveillance des élections (HISE) dissoute par Bouteflika. Il reste aussi tout le dispositif légal et législatif. L’armée s’accroche encore à sa feuille de route dans le cadre de l’article 102 de la Constitution qui n’offre pas la solution.»

Hakim Belahcel, premier secrétaire du FFS «La mobilisation remporte une autre bataille»

«La formidable mobilisation citoyenne vient de remporter une autre bataille. Elle vient de ‘‘briser’’ une autre façade du système politique algérien, incarnée par le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz. Le FFS félicite le vaillant peuple algérien pour sa détermination et son courage. Car, face aux assauts violents et répressifs du pouvoir, les Algériennes et les Algériens ont su et pu maintenir le cap en persévérant dans leur combat pacifique pour imposer un changement radical du régime algérien totalitaire. Le FFS considère que le véritable changement s’amorcera, enfin, lorsque cette déferlante populaire réussira à déraciner le régime politique intégralement.

Le FFS souhaite que cette démission ne soit pas un autre stratagème de cette caste politique, afin d’opérer des réaménagements internes au sérail dans l’espoir de gagner du temps et de se maintenir au pouvoir. Le FFS interpelle l’institution militaire, détentrice du pouvoir réel depuis 1962, à assumer son rôle et ses missions, à savoir l’unité du peuple algérien, l’intégrité territoriale, la sécurité nationale et d’être garante du respect d’un véritable processus de transition démocratique à la hauteur des revendications du peuple algérien pour son droit à l’autodétermination.»

Zoubida Assoul, présidente de l’UCP : «Un bon signe»

«La démission du président du Conseil constitutionnel répond, en partie, aux attentes et aux revendications populaires. Mais le peuple avait demandé, le 12 avril, le départ de Noureddine Bedoui, Premier ministre, de Abdelkader Bensalah, chef d’Etat intérimaire, de Tayeb Belaïz et de Mouad Bouchareb.

Tous les «B» doivent partir ! On peut dire que la démission de Belaïz est un bon signe. Pour répondre totalement aux revendications populaires, il va falloir que les autres fassent la même chose que Belaïz et déposent leur démission afin de permettre au pays de se pencher sur les vrais problèmes, c’est-à-dire organiser la transition et aussi nommer rapidement un gouvernement pour prendre en charge les problèmes sur les plans économique et social. J’espère que les heures ou les jours à venir, on apprendra la démission des autres.»

El-Watan.com