Transition économique : La main invisible et le désert économique

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Depuis la déclaration de candidature de Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat et la révolution populaire qui a suivi pour le contester et le pousser à la démission, entraînant le départ du gouvernement Ouyahia – et son remplacement par l’ancien ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, dont on demande expressément, lui aussi, le départ – l’économie est forcément en état de veille.

Le Premier ministre et sa nouvelle équipe, composée d’un ramassis de personnes, dont certaines imprévues à ce niveau de responsabilité, ne font qu’expédier les affaires courantes jusqu’au retour à la normale du fonctionnement des institutions du pays. Si cela est valable pour certains secteurs de la vie nationale, le secteur économique ne peut être que particulièrement impacté par les grands bouleversements que vit le pays.

Il faut s’attendre a priori que les projets en négociation avec des partenaires étrangers subissent un coup de frein, d’abord par le fait que l’équipe chargée d’expédier les affaires courantes – qui au demeurant est très contestée – ne peut s’engager dans la réalisation de grands projets, ensuite par le fait que les partenaires étrangers demanderaient à y voir plus clair sur quoi déboucheront les changements en cours dans le pays.

Si l’Algérie connaît de grands changements au plan politique avec la démission de Abdelaziz Bouteflika après 20 ans de règne, les bouleversements que vit l’économie nationale et les changements radicaux que devrait subir sa gouvernance ne seront pas des moindres.

Comment continuerait à fonctionner une économie qui n’obéissait à aucune loi, sinon celle du plus fort, imposée par le clan présidentiel et le groupe d’oligarques qu’il a mis en place ? A coup sûr, elle mettra du temps pour se remettre de l’anarchie et du chaos que lui ont imposés des hommes d’affaires prédateurs qui avaient fait main basse sur les marchés publics, le secteur de l’importation et les banques publiques.

D’incroyables anomalies commencent d’ores et déjà à remonter à la surface. Plusieurs hommes d’affaires sont frappés par une interdiction de sortie du territoire national et certains d’entre eux font l’objet d’enquêtes menées par la justice. Les services de sécurité sont depuis quelque temps dans les bureaux de Sonatrach pour enquêter sur sa gestion. Les langues commencent à se délier sur l’attribution des marchés publics dont a bénéficié l’ancien président du FCE, Ali Haddad, et d’autres «patrons».

A tous points de vue, l’économie nationale vit une sorte d’«anomie» qui caractérise toute période de transition d’une situation vers une autre. Ce ne sera certainement pas un gouvernement fortement contesté qui sera capable de diriger l’opération de transfert de la décision économique des mains d’un groupuscule constitué en véritable cabinet noir, vers une régulation plus saine, transparente, qui travaillerait surtout dans l’intérêt national et non pour celui d’une caste.

Le temps presse et l’économie a besoin d’un véritable coup de balai, d’une thérapie de choc dans les plus brefs délais.
Depuis la nomination du nouveau gouvernement, la Banque d’Algérie est toujours sans gouverneur, alors que le pays traverse une période délicate avec le recours sans frein et à haut risque à la planche à billets pour combler les déficits budgétaires.

Pas seulement. Le pays nécessite en urgence l’avènement d’un vrai projet qui attaquera les véritables sources de blocage de son développement qui ne sont autres que la corruption, la prédation et l’incompétence.

El-Watan.com