Affaire du jeune étudiant zimbabwéen tué à Annaba : Des propos racistes à l’origine du drame

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Affaire du jeune étudiant zimbabwéen tué à Annaba  : Des propos racistes  à l’origine du drame

Ndudzu Prosper, 26 ans, un jeune étudiant de nationalité zimbabwéenne, est décédé mercredi soir à l’hôpital El Hadjar (Annaba) à cause de graves blessures, causées la veille, lors d’une agression à l’aide d’objets contondants à Sidi Amar (Annaba). Les trois présumés auteurs de ce crime abject ont été arrêtés jeudi par la brigade criminelle de la sûreté de wilaya de Annaba.

Sur instruction du procureur de la République près le tribunal d’El Hadjar qui chapeaute l’enquête, une autopsie sera effectuée sur la dépouille de Prosper pour déterminer les causes de sa mort avant de la rapatrier vers son pays. Selon le témoignage de son accompagnateur au moment de l’agression, vers 19h30, sur un boulevard de la commune de Sidi Amar, «les trois malfrats voulaient voler le téléphone mobile de Prosper qui était en communication.

Sa résistance face à ses assaillants lui a valu deux coups de couteau, l’un au cou et l’autre au genou avant que les criminels ne prennent la fuite, laissant derrière eux un corps inerte, gisant dans une mare de sang. Les secours tardaient à venir et les automobilistes ne voulaient pas transporter la victime vers l’hôpital.

Il a fallu attendre plus d’une demi-heure pour que la police arrive accompagnée d’une ambulance. Il sera acheminé alors au service des urgences de l’hôpital El Hadjar où il a subi une intervention chirurgicale. Le lendemain, le jeune étudiant a rendu l’âme». A l’annonce de la mort de Ndudzu Prosper, ses amis africains ont manifesté leur colère, exigeant l’arrestation de ses agresseurs.

Pour calmer leur colère, le wali de Annaba les a reçus jeudi au siège de la wilaya, en présence du chef de sûreté de la wilaya et le recteur de l’université, où le défunt était inscrit en 2e année master électrotechnique. Parallèlement, la brigade criminelle a pu identifier et arrêter les trois mis en cause, âgés de 18, 19 et 20 ans.

Bien qu’ils aient reconnu être coupables de l’agression de Prosper et ses deux amis, ils ont réfuté, selon une source proche de l’enquête, être motivés par le vol du téléphone portable des victimes. «L’altercation à l’issue fatale s’est déclenchée lorsque l’un d’eux avait salué ironiquement la victime avec des propos racistes. ‘‘Saha babaye’’  (Salut négro, ndlr).

A partir de là, une bagarre s’en est suivie dont l’issue a été fatale pour le jeune Africain», nous a confié notre source. Résidant à El Karia, de la localité de Chaïba (Sidi Amar), les trois agresseurs de Prosper seront présentés demain dimanche devant le procureur de la République près le tribunal d’El Hadjar pour répondre de leurs actes, dont «association de malfaiteurs» et «agression à l’arme blanche ayant conduit à mort d’homme».

La justice dans la wilaya de Annaba n’est pas à sa première affaire de racisme. Le tribunal correctionnel de Annaba avait condamné, le 17 septembre 2018, deux personnes impliquées dans l’agression d’un petit garçon subsaharien de 6 ans à la gare routière Souidani Boudjemaâ de Annaba à six mois de prison ferme, assortie d’une amende de 20 000 DA. L’accusé principal avait été poursuivi pour coups et blessures volontaires sur un mineur étranger (subsaharien) alors que son complice était accusé d’avoir filmé et diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux.

L’affaire avait fait réagir le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) qui s’était fendu d’un communiqué rendu public. Il se disait «profondément choqué et bouleversé» par l’acte de violence commis contre cet enfant africain à Annaba. Le Conseil avait exhorté les services compétents à «prendre leurs responsabilités et exercer leurs attributions pour que cet acte ignoble soit puni avec toute la rigueur que requiert la loi pour de telles violences exercées contre une personne vulnérable».

El-Watan.com