Agadir-Ouargla-Gabès : Lancement à Oran du projet de route des Oasis sur le pourtour saharien

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La route des Oasis sahariennes du Maghreb a enfin son projet associatif et solidaire lancé le 15 décembre dernier à Oran par un collectif de militants et activistes du mouvement associatif et de défense des droits de l’homme.

L’objectif de ce projet est de dépasser l’option sécuritaire et d’ouvrir la voie à la structuration de projets adaptés et innovants, de nature à susciter une dynamique de développement dans la région, en tenant compte des difficultés réelles du terrain, tels que le dérèglement climatique et le terrorisme dont les effets conjugués aggravent la pauvreté, le chômage, les tensions sociales et les flux migratoires.

C’est dans une optique de développement durable visant à la fois l’homme et son environnement, dans le cadre d’une stratégie mettant en œuvre des capitaux et des expertises adaptés aux besoins spécifiques de la région sahélo-saharienne que le collectif La route des Oasis, né d’une volonté commune d’experts et acteurs de dynamiques sociales de France et du Maghreb, veut agir pour la revalorisation des potentiels et en rupture avec les méthodes fondées sur le gaspillage des ressources.

Ce projet transmaghrébin sera donc basé à Oran et impliquera les populations locales, pour relever le double défi démographique et climatique en s’inspirant des expériences millénaires des populations sahariennes dans leurs efforts à adapter leur mode de vie aux conditions extrêmes du désert.

C’est dans ce sens que l’Oasis a été choisie comme modèle de création d’un écosystème favorisant la fixation des populations et leur permettant de vivre, de produire et de se reproduire tout en créant des espaces de rencontre et des voies d’approvisionnement et de communication.

Solaire

Le projet de route des Oasis consiste à créer une route sur le tracé Agadir-Ouargla-Gabès. Des oasis qui permettront d’en créer de nouvelles, avec la palmeraie comme fondement de base, à l’ombre de laquelle sera organisée la vie sociale, économique et culturelle de la population.

L’énergie solaire, les nouvelles techniques d’irrigation et l’internet seront des atouts majeurs dans la viabilité de l’oasis. Le choix des sites sera déterminé par une équipe pluridisciplinaire d’experts composée de géologues, d’hydrauliciens, d’agronomes, de pédologues, d’architectes, de cartographes, d’économistes, etc.

Dans cette optique de reproduction de l’esprit qui a présidé à la création de l’oasis saharienne, les nouvelles entités seront donc des villages solaires intégrés, pratiquant l’agriculture saharienne biologique et diversifiée. L’habitat sera réalisé selon les techniques traditionnelles et les matériaux locaux. Un système de traitement et de recyclage des déchets et des eaux usées est prévu pour abolir toute forme de pollution.

Les questions technologiques permettant l’autonomisation et l’interconnexion des projets d’oasis (énergie solaire, techniques et technologie hydro-agricoles, réseau internet péri-saharien) autonome ont été étudiées au préalable pour permettre de relier les oasis, à travers la mise en place de services communs en matière d’information agricole et climatique, de support de l’organisation du tourisme, de partage de compétences et de savoir-faire ou encore d’accompagnement des parcours touristiques.

Panaf’

Tel que présenté à Oran, ce projet n’ambitionne nullement de créer des structures pourvoyeuses gérées par des entités propriétaires qui disposeraient des terres et embaucheraient des personnes, mais au contraire de susciter et d’accompagner des projets d’installation intégrées sur un modèle d’écosystème collaboratif humain et naturel, permettant à des populations de construire à la fois leur lieu de vie, leur cadre de coopération, leur activité sociale et professionnelle, sur la base du modèle de l’oasis.

Les porteurs du projet se réjouissent du partenariat actif de l’association de type mutuel Altercarto-Les mondes de la Terre, basée à Lyon et rassemblant différents types de membres : associations, citoyens, entreprises, institutions, collectivités locales, des instances syndicales et patronales qui contribuent à la fabrique démocratique de politiques publiques efficientes et durables en développant des formes collaboratives d’expertise et de délibération basées sur l’usage des statistiques publiques localisées.

Cette denière s’est engagée à mettre à disposition son expertise, ses ressources et ses réseaux dans la réalisation du tracé, qui constitue l’acte fondateur de la route des Oasis. Elle veillera aussi à assurer parmi les jeunes sahariens la formation d’un noyau dur de techniciens à la cartographie numérique, dans la perspective d’intégrer son réseau et de devenir à terme et à leur tour, des producteurs de ressources cartographiques.

L’autre objectif poursuivi par ce partenariat est de promouvoir un modèle similaire dans la région du Sahel pour contribuer à trouver des solutions adaptées et durables à la grande problématique des migrants, à la justice climatique, et à la préservation des écosystèmes dans le cadre des réseaux traditionnels de coopération transfrontalière et des traces de l’esprit panafricaniste qui a marqué la période de décolonisation.

Le projet veut valoriser les nouvelles formes d’engagement citoyen transfrontières, la dynamique d’entrepreneuriat altruiste et d’engagement citoyen scientifique et technique pour le développement durable, soucieux de préserver les sociétés locales avec l’exemple marquant de la dynamique d’échanges qui s’est constituée autour de la cartographie citoyenne et professionnelle basée sur OpenStreetMap. Après le lancement du projet à Oran, un deuxième rendez-vous courant 2019 dans un pays du sud saharien permettra de formaliser l’ensemble des réseaux et initiatives.

El-Watan.com