Atlas Times : Un média dans le hirak

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Atlas Times : Un média dans le hirak

Dans son nouveau local, au 39 rue Aouati Mostefa, Amor Chabbi entretient le fil d’actualité de son site d’information et scrute la moindre nouvelle qui pointe.

Son téléphone sonne, vibre, annonce les notifications, il est sur Facebook, Twitter, et bien entendu sur les pages de sa propre édition… il est branché sur toutes les plateformes, sources possibles de l’information. Le digital est son dada, son pain quotidien. Atlas Times est sa propre planète.

Au bout de 28 ans passés dans les rédactions de la presse écrite, Amor a enfin fondé son propre journal, en pariant sur l’électronique et ses possibilités infinies, adossées au boom de la consommation numérique des Algériens. En mai prochain, cette petite boîte qui monte, soufflera sa première bougie.

Au milieu de la Révolution, on grandit vite. «On est dedans, la dynamique et le volume d’activité nous donnent du pain sur la planche, beaucoup de travail : du live, des vidéos et de la matière à profusion, l’info en temps réel, c’est toute l’Algérie qui bouge, et tout le monde est demandeur de l’info, ce qui nous fait travailler et offre aux jeunes journalistes le meilleur apprentissage. Le hirak est une aubaine pour le journal et aussi pour toute l’Algérie».

En effet, la dynamique révolutionnaire agit aussi comme un révélateur du boom médiatique surligné par l’éclosion d’une multitude de sites électroniques dédiés à l’information. Il y a de tout dans ce magma naissant de la presse digitale : des professionnels, des amateurs, des journalistes parés pour l’aventure intellectuelle et des malfrats voraces et immoraux, de grands journaux en puissance et des feuilles de choux nauséabondes et éphémères.

Le projet et l’ambition de Amor Chabbi ne souffre d’aucune ambiguïté : servir le public avec une information aussi proche que possible de la vérité. Certes, les moyens sont encore modestes, mais le cœur est joint à la tâche. Chabbi s’investit avec dévotion dans son métier, et depuis une année, dans sa nouvelle aventure.

Ses moyens ? Du talent et une longue et riche expérience dans le journalisme. Ce capital lui permet aussi de couvrir l’actualité nationale à partir de Constantine, sans pâtir d’«excentralité», en attendant, cela dit, d’ouvrir un bureau à Alger. Bientôt, assure-t-il. Chabbi est journaliste professionnel depuis mai 1990.

Il a commencé comme correspondant à Constantine d’El Khabar, premier titre indépendant en langue arabe. Il fera ensuite le tour des rédactions d’An Nasr, El Acil, El Yaoum, occupant plusieurs fonctions et côtoyant des plumes de la presse arabophonetels, Ali Djerri, H’mida Layachi…son talent de reporter n’a d’égal que son militantisme pour la cause de la liberté de la presse, et celle des droits sociaux des journalistes. Derrière son apparence flegmatique, la flamme brûle en lui pour son métier.

«On doit travailler, donner l’info au public, rester présents, c’est ma vie au quotidien», nous répond-il. Mais la presse numérique demeure otage des pratiques liberticides du pouvoir politique. L’émergence d’un nouveau modèle économique de la presse est retardé à cause du dérèglement du marché de la publicité, du clientélisme, et de la bride posée sur de la liberté d’expression et de presse. Y plonger équivaut à partir à l’aventure dans le flou total.

Lucide et conscient de ces enjeux, Amor espère un changement positif avec la dynamique actuelle. Pour lui, il y aura sans doute une décantation, et le cas échéant, Atlas Times, déjà en règle au plan commercial et fiscal, sera parmi les premiers à demander l’agrément en tant que média.

Quelle est sa place actuelle dans le paysage médiatique ? Chabbi l’ignore. «Nous n’avons pas d’instruments pour mesurer notre taux de pénétration, et ce qu’on a est sujet à caution. Mais disant que c’est notre première année et j’estime que nous nous sommes fait une petite place parmi les sites sérieux».

Confiant dans l’avenir, le patron d’Atlas Times compare la situation de la presse électronique d’aujourd’hui, à celle de la presse papier au début des années 1990. Pour lui, cette nouvelle presse en phase avec le nouveau modèle de consommation de l’information ira beaucoup mieux, pourvu qu’on laisse la profession et les professionnels s’autoréguler.

El-Watan.com
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