Pour une transition hors système mafieux

  • 1 semaine il y a
  • 39 Vues
  • 0 0
Pour une transition hors système mafieux

Bensalah vient de convoquer le corps électoral pour une élection présidentielle le 4 juillet prochain. Il confirme que le régime refuse de lâcher le contrôle et l’organisation de la transition qu’il a réduite à sa seule forme procédurale juridique (art. 102 en vue d’un 7 et 8 sous contrôle étroit).

C’est là un nouveau coup de force contre la Révolution de plus de 20 millions de citoyens qui exigent le démantèlement du système militaro-mafieux en place.
Le pouvoir engage une course contre la montre soutenue par une stratégie de provocation, répressions et divisions du mouvement citoyen en vue d’arriver à s’autolégitimer à nouveau. La négociation du processus mis en branle n’est même pas miroitée par une équipe de «sous-traitants» qui offrent désormais beaucoup moins que la Conférence nationale inclusive du maître de céans, Abdelaziz Bouteflika.

Le chef d’état-major, Gaïd Salah, donné par l’intox et l’amateurisme politique pour être du côté du peuple, vient de proclamer, à partir d’Oran, son allégeance au nouveau chef de l’Etat et son adhésion au processus de restauration de l’autoritarisme, allant jusqu’à brandir la menace de l’état d’exception et l’anathème de la main de l’étranger, français, semble-t-il.

L’évolution de l’équation met désormais face à face, d’un côté, le peuple déployé quotidiennement dans la rue et, de l’autre, le nouveau chef de l’Etat, le gouvernement Bedoui, le Conseil constitutionnel, à sa tête son président Belaïz et Gaïd Salah et consorts du commandement militaire, lesquels contrôlent notamment le territoire et l’ordre public…

Uni et déterminé par la forfaiture de la prochaine élection présidentielle projetée, le régime ne laisse aucune autre option au peuple que de se battre dos au mur face à un adversaire qui cherche à l’entraîner sur la voie mortelle de la violence. Nous n’avons pas d’autre choix que d’exiger le départ de Bensalah, Belaïz, Bedoui et consorts et l’annulation de toutes leurs décisions et projets. Tout en se démarquant de toutes les provocations et provocateurs, il faut désormais se résoudre à occuper les rues de l’Algérie en permanence jusqu’à l’aboutissement de la Révolution citoyenne.

Accélérer parallèlement notre auto-organisation est l’autre tâche décisive. A ce sujet, il est maintenant temps d’envisager des états généraux, dans un premier temps, sectoriels et/ou catégoriels des citoyens non impliqués dans le régime avant de passer ultérieurement à une Conférence nationale citoyenne.

Malgré les gaz lacrymogènes et les canons à eau des policiers, les mobilisations massives du lendemain de la nomination de Bensalah annoncent une détermination populaire encore entière. Le prochain vendredi est décisif en ce sens que seul le maintien et la massification toujours plus grande des manifestations pacifiques peuvent éviter la restauration du système mafieux par la contre révolution.

Devant ces nouveaux développements, les partis de l’opposition et les organisations de la société civile – associations, syndicats et ordres professionnels – doivent se déterminer par rapport au processus de restauration contre-révolutionnaire en cours. Entendent-ils s’y impliquer ou s’en démarquer et renforcer la rue sachant bien que Dieu finira par reconnaître les siens ? Les dix nouveaux partis politiques brusquement et magiquement agréés par le nouveau ministre de l’Intérieur sont, plus que d’autres, interpellés pour renoncer à toute course électorale qui désunirait les Algériens tant que le système mafieux n’a pas abdiqué.

L’organisation de la transition est l’enjeu primordial pour la réussite de la Révolution citoyenne en cours. Arracher le droit de contrôler ce processus d’autodétermination démocratique, pour le mettre entre les mains du peuple, est la seule garantie de sortie du système militaro-mafieux. Allons-y, tous ensemble !

 

Par Ali Brahimi

 

El-Watan.com