Alors que l’Opep se réunira demain à Abu Dhabi : Le brent chute sous les 70 dollars

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Alors que les prix du pétrole enregistrent une très forte baisse en l’espace de quelques jours, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés se rencontreront demain pour discuter de possibles restrictions de production. Dans le sillage de cette rencontre de suivi de l’accord de réduction, l’OPEP et ses partenaires, dont la Russie, pourraient à nouveau amender, en décembre prochain, l’accord de limitation de la production qui les lie depuis début 2017.

Sur le marché pétrolier, les contrats à terme à New York ont reculé sous les 60 dollars, soit une baisse de plus de 20% par rapport au sommet atteint en quatre ans début octobre, alors qu’à Londres, le brent a chuté à moins de 70 dollars, son plus bas depuis six mois. Début octobre, les prix du pétrole avaient pourtant culminé à leur plus haut depuis quatre ans, à 86,74 dollars pour le brent et à 76,90 dollars pour le WTI. La nouvelle baisse intervient quelques jours avant la réunion à Abu Dhabi de représentants de pays membres de l’OPEP. La rencontre qui va notamment étudier les données du marché, en prévision de sa réunion en décembre prochain à Vienne, en Autriche, durant laquelle l’Organisation et ses partenaires pourraient envisager, selon des déclarations des membres de l’Opep, une baisse des quotas mis sur le marché dès l’année prochaine.

Le déclin du prix du pétrole a été exacerbé, selon l’agence Bloomberg, par la décision des Etats-Unis d’autoriser huit pays à continuer à importer de l’Iran, cible de sanctions mises en branle en début de semaine. Cette décision, ainsi que les promesses de l’Arabie Saoudite et d’autres producteurs de pomper davantage de pétrole, en plus de l’augmentation des stocks américains, ont transformé les craintes sur un resserrement de l’offre en indices sur une offre excédentaire.

Aux Etats-Unis, la production de pétrole brut a atteint un record de 11,6 millions de barils par jour la semaine dernière, selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Les stocks américains ont augmenté de 5,8 millions de barils, dépassant le gain de 2 millions de barils prévu dans une enquête de Bloomberg.

Par ailleurs, la production de l’OPEP a atteint en octobre son plus haut niveau depuis 2016, tandis que la Russie a pompé 11,4 millions de barils par jour. Un record. Les producteurs de l’Organisation réunis ce week-end devront faire face non seulement à la menace de surabondance, mais également au risque de voir la demande émaner des économies émergentes en perte de vitesse, dans le sillage d’une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. «Le marché redoutait beaucoup l’impact des sanctions américaines contre le pétrole iranien», entrées en vigueur lundi dernier, a rappelé Andy Lipow de Lipow Oil Associates, cité par Reuters. Mais «les exportations iraniennes ont finalement peu diminué», a-t-il souligné. Et «plusieurs pays ont soit pour minimiser l’impact des sanctions contre l’Iran, comme l’Arabie Saoudite et la Russie, soit pour des raisons propres, comme le Nigeria et la Libye, augmenté leur production», a-t-il ajouté. «On attend maintenant de voir si l’OPEP va, lors de sa prochaine réunion en décembre, décider de réduire ses extractions», a encore indiqué l’analyste interviewé par Reuters.

L’Opep, qui représente plus de la moitié de l’offre mondiale, avait fin 2016 limité ses extractions, ce qui avait participé à la remontée des prix sur les deux dernières années. Mais l’Organisation avait décidé d’ouvrir à nouveau les vannes à l’approche de l’entrée en vigueur des sanctions contre Téhéran. Le sujet devrait être abordé lors de la réunion de suivi de l’accord qui se tiendra demain à Abu Dhabi, en prévision de la réunion plénière qui aura lieu début décembre à Vienne.

«Le choix du moment de ces discussions est logique, puisque nous avons maintenant plus de visibilité sur l’effet qu’auront les sanctions américaines sur l’activité pétrolière en Iran», a remarqué Stephen Brennock, analyste chez PVM, cité par Reuters. En termes de prix, le West Texas Intermediate pour livraison en décembre a chuté de 76 cents à 59,91 dollars le baril sur le New York Mercantile Exchange en milieu de matinée. Le contrat a chuté de 1,6% jeudi et laisse présager une baisse de 5,1% sur la semaine – sa cinquième baisse consécutive. Le volume total échangé était de 48% supérieur à la moyenne des 100 jours. Les contrats à terme du brent pour le règlement de janvier ont glissé de 79 cents à 69,86 dollars le baril sur le marché et enregistraient d’autres pertes sur la journée. Les prix étaient également en bonne voie pour une cinquième baisse hebdomadaire, soit un recul de 4,1%. Dans ce contexte, le projet d’oléoduc Keystone XL de TransCanada Corp., longtemps perturbé, a rencontré un autre obstacle après la décision d’un tribunal du district américain du Montana d’attendre un nouvel examen environnemental.

Par ailleurs, un groupe de réflexion saoudien étudie ce qui se passe sur les marchés pétroliers dans un monde sans OPEP. Cette étude est la deuxième d’une série, après un précédent rapport qui avait révélé que la capacité disponible du groupe réduisait la volatilité des prix du pétrole et générait jusqu’à 200 milliards de dollars d’avantages économiques par an pour l’économie mondiale.

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