APN, quand la légitimité est escamotée

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La crise qui secoue le Parlement aurait eu de l’intérêt, si les députés avaient décidé une bonne fois pour toutes de mettre sur le tapis le sens de leur mission dévoyée, depuis que l’Executif a mis sous tutelle l’institution.

En d’autres termes, si les parlementaires s’étaient lancés dans une entreprise de réappropriation de leur noble mission, qui est la défense du peuple, sa protection des maux qui gangrènent le pays et qui prennent de l’ampleur, dont les plus visibles sont la corruption, la mauvaise gestion des affaires publiques, l’affairisme, la cherté de la vie et le bâillonnement des libertés publiques et individuelles. Or, il n’en est rien, l’APN est entrée en crise pour des questions de prérogatives et de privilèges de sa haute hiérarchie qui a toujours bataillé en priorité pour un statut en or, sans se soucier du choc dévastateur produit sur l’opinion publique. Les notables n’ont pas hésité à mener bataille contre leur propre président, ce dernier prêtant le flanc par les privilèges indus qu’il s’est octroyés et par ses méthodes de travail peu orthodoxes. L’implication de «forces» extérieures que sont les états-majors des partis dominants, principalement le FLN et le RND, a joué l’effet de l’essence sur le feu. On ne sait pas si l’APN va sortir indemne de cette crise, mais elle vient de nouveau se mettre à nu.

La désignation de son président (indirectement par la présidence de la République) s’est révélée désastreuse, comme la présence de plusieurs députés liés aux forces de l’argent, voire de l’argent sale. Il reste que nombre de parlementaires sont sains, plus particulièrement ceux issus de l’opposition ou des indépendants, ne demandant qu’à servir leurs électeurs. Leur tâche est ardue, souvent impossible face au poids pris par les députés issus des partis liés au pouvoir politique à l’issue d’élections législatives, où la fraude s’invite toujours en premier. Mais la bataille pour un véritable Parlement, contre-pouvoir réel et efficace, est toujours à mener aux côtés des autres luttes démocratiques. Il y va de l’avenir du pays.

Celui-ci paraît figé pour l’heure. Le gouvernement gère les affaires courantes, aidé en cela par l’embellie pétrolière qui lui assure une certaine pause dans sa quête éperdue – depuis 2014 – de renflouer le Trésor public, que la chute des prix a mis sous menace de faillite. Aucune nouvelle réforme n’est lancée et les rares initiatives qui ont été prises, notamment l’économie numérique, sont mises sous le boisseau ou tardent à voir le jour. Les grandes questions qui agitent la société algérienne ne sont pas prises en charge, parmi elles l’inflation qui lamine le pouvoir d’achat de la population et fait réagir sporadiquement la rue.

La corruption, elle, a pris une dimension inattendue avec l’affaire de la cocaïne qui a déstabilisé la haute hiérarchie de l’armée et de la police, sans pour autant avoir révélé ses tenants et ses aboutissants. Les villes et villages restent impuissants face à la furie des éléments naturels qui laissent derrière eux de lourds bilans en dommages humain et matériels et devant la recrudescence des grandes épidémies moyenâgeuses. L’épisode du choléra, encore présent à l’esprit, a mis à nu l’incurie des autorités chargées de la santé publique. Au-delà donc de leur impuissance, c’est la paralysie des autorités gouvernementales qui pose problème dans un contexte d’exacerbation des luttes de clans pour le contrôle du palais d’El Mouradia.

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