Après la mort de trois harraga et la disparition de deux autres : Grande consternation à Tigzirt

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Après la mort de trois harraga et la disparition de deux autres : Grande consternation à Tigzirt

Une atmosphère de consternation régnait, hier, à El Kelaâ, dans la commune de Tigzirt, à 25 kilomètres au nord de Tizi Ouzou où a été inhumé Mohamed Meddour, l’un des jeunes harraga décédés après une tentative d’émigration clandestine échouée.

Les habitants de ce village étaient sous le choc après l’annonce du drame de ce jeune de 32 ans qui a pris la mer, avec 10 autres personnes, mardi, à 1h, dans l’espoir de rejoindre, en vain, l’autre rive de la Méditerranée.

«Personne n’aurait imaginé ce qui allait se passer. Son corps a été retrouvé par la marine en fin de journée», nous a confié, la mine défaite, un des cousins de la victime. «Cette épreuve est très difficile pour nous tous.

On n’arrive pas à comprendre pourquoi nos enfants prennent des risques énormes pour tenter la harga», a ajouté un autre proche, visiblement toujours sous le choc.

Le frère aîné du regretté Mohamed était carrément abattu et muré dans le silence suite à la mort de son frangin. Il s’est juste contenté de remercier ceux qui sont venus lui présenter leurs condoléances. «Merci, merci», dit-il, la gorge nouée.

De nombreux citoyens étaient rassemblés devant le domicile mortuaire. Une atmosphère de tristesse a envahi le village. «En raison de la gravité du drame, l’enterrement sera retardé de quelques heures», précise un jeune voisin. «Nous sommes consternés et nous partageons la douleur de la famille», nous a-t-il dit. Le défunt a trois frères et une sœur. «Le défunt travaillait dans le commerce.

C’est un vrai bosseur. Je ne sais pas comment il a eu cette idée de la harga», nous a déclaré un autre jeune du village tout en montrant une maison en voie d’achèvement. «C’est lui qui a construit cette maison dans la perspective de son mariage, malheureusement, le destin en a décidé autrement. C’est vraiment triste, et ce n’est pas facile d’y croire», nous a confié notre interlocuteur.

Dans la ville de Tizi Ouzou, où l’un des six rescapés de cette malheureuse aventure en mer est à l’hôpital Ighil Lahriz, un seul sujet domine les discussions : le drame des harraga. «La situation est inquiétante.

C’est le désespoir qui pousse à tout», essaye de commenter un quinquagénaire, tout en mettant l’accent sur l’ampleur du phénomène. «Il y a beaucoup de jeunes sans emploi et sans aucune perspective d’avenir.

Ils tentent leur chance, en dépit de tous les risques, pour prendre la fuite vers l’Europe. Je suis vraiment très touché par la tragédie des jeunes qui tentent d’échapper à la misère de ce pays», lance-t-il.

A Iflissen, c’est la mobilisation des villageois pour retrouver les deux personnes encore portées disparues, dont Cherif Medjiba, 24 ans, originaire du village Issoukane.

«Il y a une deuxième personne toujours portée disparue, mais on ne connaît pas son identité ni sa région d’origine», nous précise un citoyen, qui ajoute qui les recherches se poursuivent, notamment dans les environs d’Azeffoun.

Vers 14h, une information sur la découverte des jeunes disparus a circulé, notamment sur les réseaux sociaux, mais vite démentie par des citoyens qui se sont même déplacés à la caserne des garde-côtes pour vérifier cette information.

Une vidéo postée sur Facebook montre aussi une opération des pêcheurs qui ont sauvé deux jeunes en mer. Aux dernières informations recueillies hier en fin de journée auprès des sources locales, trois décès (Mohamed Meddour de Tigzirt et Ismail Djouzi, Karim Zaoui de Dellys) deux disparus et six rescapés ont été enregistrés.  

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El-Watan.com