Au niveau international, ces manifestations ont popularisé la question algérienne

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Fouad Soufi. Chercheur associé au Crasc. Archiviste-historien, ancien cadre aux Archives nationales

Que représente la datedu 11 décembre dans l’histoire de l’Algérie ?

Dans l’histoire de la Guerre de Libération nationale, ce qui est communément et même officiellement appelé «manifestations du 11 décembre 1960» marque un tournant capital dans la marche vers l’indépendance.

En effet, si l’ALN marquait le pas après les sauvages opérations Challe, les moudjahidine dans les Wilayas tenaient autant qu’ils le pouvaient. Les villes ont repris le flambeau. Ces manifestations, même si on peut considérer qu’elles furent spontanées dans les tout premiers moments, furent très vite prises en charge et encadrées par le FLN/ALN et revendiquées par le GPRA.

Quelles ont été les retombées du 11 décembre ?

Ces manifestations et la répression féroce à Alger – plus d’une centaine de morts – ont montré l’adhésion totale du peuple algérien à la lutte pour l’indépendance derrière l’ALN, le FLN et le GPRA. Au niveau international, ces manifestations ont popularisé la question algérienne, c’est-à-dire la justesse de la lutte pour l’indépendance.

Elles ont réglé de manière définitive la question de la représentativité du FLN et du GPRA aux yeux des instances internationales et même d’une partie toujours plus grande de l’opinion publique française.

Reste maintenant, chez nous, à construire l’histoire de ces manifestations même si, comme l’expliquait un journaliste américain, «un pétard qui explosait alors à Alger faisait plus de bruit qu’une bombe à Oran !»

Les générations montantes ne savent pas grand-chose de cette date. La faute à qui ? Qu’y a-t-il lieu de faire pour remédier à cela ?

Cette question du désintérêt réel ou supposé des jeunes pour cet événement et, en fait, pour l’histoire, revient régulièrement dans les débats chaque fois que l’on commémore cette date ou une autre. Chaque année, radios, télévision, presse écrite se mobilisent pour célébrer le 11 Décembre, chaque année celles et ceux qui en furent sont sollicités pour livrer leurs souvenirs.

Que faut-il faire ? Rien d’autre que travailler, encore travailler, toujours travailler. L’histoire est une quête. Et cette quête d’histoire n’a pas de fin. Recueillir les témoignages, ouvrir les Archives nationales, acquérir des archives dans d’autres pays, marquer les espaces comme cela s’est fait, place du 11 Décembre à Belouizdad.

El-Watan.com