Encadrement de l’élection présidentielle : Le niet des maires et des SG des communes

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C’est aujourd’hui, mardi, que doit théoriquement commencer la révision exceptionnelle des listes électorales en prévision de l’élection présidentielle, que les pouvoirs publics veulent organiser le 4 juillet prochain.

Sur l’échelle nationale, les walis ont saisi par courrier, daté d’avant-hier, les présidents d’APC les enjoignant de mettre en place les modalités techniques pour l’organisation de la présidentielle. Et il n’en fallait pas plus pour provoquer des réactions franches de désapprobation en cascade. Après le refus populaire qui compromet sérieusement la tenue de ce scrutin, la situation se complique davantage pour les autorités publiques avec la rébellion des maires. Situation inédite.

Plusieurs présidents d’APC de Béjaïa ont exprimé, hier, leur refus catégorique de s’impliquer dans ce processus électoral. Les premières sorties publiques pour en rendre compte nous sont parvenues de la part de maires RCD, auxquels se sont joints quelques élus indépendants pour constituer un groupe qui s’est réuni à Sidi Aïch. «Nous refusons d’organiser l’élection présidentielle largement rejetée par le peuple algérien», ont annoncé, dans un communiqué-appel, les maires des communes de Sidi Aïch, Akfadou, Chemini, El Flaye, Tinebdar, Beni Maouche, Amalou et Ouzellaguen.

Le groupe d’élus appelle à une réunion aujourd’hui à la salle des délibérations de la wilaya, pour débattre de la question et espérer aboutir à une décision commune la plus large possible parmi les 52 maires de la wilaya. Entre-temps, beaucoup d’autres élus ont fait entendre leurs voix.

Dans la journée, des élus FFS se sont positionnés, à leur tour, à travers un communiqué où ils annoncent leur refus de s’«impliquer dans l’organisation de cette élection qui confirme et assure la pérennité du système». Les présidents des Apc FFS d’Aït Smail, Sidi Ayad, Seddouk, Ighram, Aït R’zine, Tichy, Beni Djellil, Tibane, Chellata, Darguina, Souk El Tenine, Toudja, Timezrit, Semaoun, Beni Ksila sont unanimes à qualifier la présidentielle annoncée qui, écrivent-ils, «s’inscrit dans une logique d’alternance clanique au sein du système».

D’autres positionnements de P/Apc contre le scrutin incertain du 4 juillet se sont exprimés individuellement, notamment sur les réseaux sociaux, dont celui de la commune de Barbacha (PST).

A voir les annonces similaires dans les wilayas de Tizi Ouzou et Bouira, il est à parier que l’effet boule de neige prendra encore de l’importance. La décision du rejet prend effet concrètement à partir d’aujourd’hui avec la fermeture effective des bureaux des élections dont dispose chaque commune.

Pour se démarquer de l’opération de révision des listes électorales, des maires refusent carrément d’ouvrir les guichets mobilisés à pareilles occasions et ont gardé fermés ces bureaux dont le personnel est transféré aux services de l’état civil.
La fronde a même gagné les secrétaires généraux de certaines communes, dont sept se sont réunis hier pour prendre la décision en leur «âme et conscience de s’aligner sur le mouvement populaire et de s’abstenir de ce fait d’organiser la révision exceptionnelle, l’opération de préparation et le déroulement de l’élection présidentielle du 4 juillet 2019, qui est largement refusée par le peuple algérien».

Ce ne sont pas les seuls écueils qui déstabilisent l’administration, puisqu’il sera aussi impossible d’installer les commissions électorales communales, prévues aussi aujourd’hui. Dans chacune de ces commissions siègent le maire, le secrétaire général, deux électeurs, le chargé communal des élections et un magistrat qui la préside.

Mais l’on sait que le mouvement de protestation qui gagne les maires et les secrétaire généraux communaux a déjà fait sortir de leur mutisme une partie des magistrats de la cour de Béjaïa, qui ont annoncé, le 11 mars dernier, leur refus d’encadrer l’élection du 18 avril (annulée). De telles conditions concourent à faire annuler pour la deuxième fois de suite l’élection présidentielle.

El-Watan.com