La Soummam : Des déchets médicaux dans la nature

  • 5 jours il y a
  • 22 Vues
  • 0 0

Le lit majeur de l’oued Soummam est un exutoire par excellence pour les immondices de toutes provenances. On y retrouve un patchwork de détritus d’origines ménagère et industrielle, des déchets inertes et des gravats. La pollution de ce milieu naturel a ainsi atteint son apogée, laissant craindre le pire, tant le risque sanitaire est porté à son acmé.

Cet élan de profanation ne semble pas connaître de limites.

En effet, dans nombre de décharges publiques et de dépotoirs sauvages défigurant le milieu récepteur, il n’est pas rare de tomber sur des déchets médicaux issus de certaines structures de santé de la vallée de la Soummam. Ces déchets sont, à l’évidence, évacués comme les ordures ordinaires, alors qu’ils sont censés avoir subi un traitement préalable. Contondants ou tranchants, ces déchets générés par les activités de soins à risque infectieux sont abandonnés parmi les tas de détritus. Leur manipulation expose à de graves risques de blessures et de contamination.

C’est un véritable pied de nez au bon sens et aux textes réglementaires régissant la gestion de ces déchets spéciaux. «Théoriquement, tous les établissements de santé disposent d’incinérateurs. Ceux qui n’en disposent pas font traiter leurs déchets par d’autres établissements. Mais en pratique, cette obligation n’est pas toujours respectée», confie un gestionnaire de la santé, qui impute ce genre de pratique à «l’incurie et à l’irresponsabilité» de certains responsables des structures de proximité.

L’élimination de ces déchets spéciaux, informe-t-on, obéit à un protocole rigoureux, intégrant le tri sélectif, l’usage de sachets de couleur jaune, leur stockage dans des sites appropriés et leur évacuation dans des contenants hermétiques vers les incinérateurs. «Les textes recommandent le déversement des déchets spéciaux dans les décharges publiques, mais seulement après leur stérilisation, leur broyage et la réduction de leur volume», rappelle un professionnel de la santé, avouant que les manquements à ces obligations légales sont légion.

El-Watan.com