Cherchell : Le fort ottoman enfin visible

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Le projet relatif à la réalisation de la maquette du fort turc de Cherchell vient d’être concrétisé, à l’issue de deux années de recherches.

C’est un groupe mixte de scientifiques et d’enseignants universitaires qui activent au sein de l’association locale Bellomba, à l’origine de cette prouesse, qui a vu le jour 46 années après l’indépendance du pays.

Le 6 décembre 2018, au niveau de la bibliothèque communale de l’ex-Césarée, la maquette avait été dévoilée à la faible assistance. Etaient présents, Son Excellence Mehmet Poroy, ambassadeur de Turquie, des diplomates turcs, le directeur de la culture de la wilaya de Tipasa, M. Can Özdemir, coordinateur de Tika en Algérie.

Les universitaires, Bellahssène Rachid, Behiri Abdelkader, Khellaf Rafik et Hamza Mohamed Cherif se sont relayés pour présenter les étapes effectuées durant leurs recherches, culturelles et historiques, avant d’aboutir à leur objectif. Pour des raisons familiales et professionnelles, manquaient à l’appel Samira Alliche et Yamna Behiri. Nazim Bensalah, le fils du célèbre archéologue Abdelkader Bensalah, figurait parmi le groupe de scientifiques de l’association Bellombra, au même titre que Fethi Chennaoui et Takouche Mohamed.

La ville de Cherchell se caractérisait durant cette ancienne époque par l’existence de ces monuments qui ont disparu au fil des siècles, le fort de Joinville, à côté du phare de Cherchell, et le fort ottoman, érigé en amont du port de Cherchell.

Ce dernier avait été construit en 1518 par Arroudj Barberousse sur une superficie de 2120 m2. Ce monument est tel un navire immergé durant des siècles avant d’être remis à flot par des chercheurs et scientifiques soucieux de sa réhabilitation. Il est visible dans l’esprit des gens à présent.

En 1860, il avait été détruit. Son aspect architectural, sa structure, son importance à Cherchell durant le Moyen Age, sont autant d’éléments d’information rapportés dans des ouvrages, selon les scientifiques.

Les conférenciers avaient mis l’accent dans leurs interventions sur la ville méditerranéenne, ses fortifications protectrices, l’état des lieux de ce fort modifié, sa transformation en prison militaire, son emplacement, les techniques de sa construction, sa maçonnerie de blocage, ses façades, pour arriver enfin à sa restitution avec les différentes textures, à le présenter dans une image la plus proche et fidèle, car il s’agit d’un monument historique.

Des investigations géophysiques sur les sites de Cherchell à la recherche d’une structure de l’époque ottomane, grâce à l’utilisation du radar géologique (géoradar), avaient été effectuées, elles encouragent à l’approfondissement des recherches géophysiques.

C’est une technique qui permet de détecter les anomalies du sol, sans le fouiller ou l’endommager. Les scientifiques souhaitent une prise en charge des conclusions de leurs travaux de recherches, d’autant plus qu’une esquisse de ce fort ottoman existe.

La balle est dans le camp des décideurs locaux, qui n’ont pas inscrit la préservation des monuments historiques et culturels de leur commune dans leur programme. «C’est un document sérieux que vous venez de présenter, un travail qui relate notre histoire commune, déclare l’ambassadeur de Turquie, notre relation culturelle et historique date depuis cinq siècles, nous donnons de l’importance à ces travaux, dans le but de transmettre cette histoire commune aux générations futures», conclut le diplomate turc.

Une déclaration de grande importance d’un ambassadeur imprégné par la valeur d’un monument historique dans le développement économique et social d’une cité. Le passé historique, culturel et révolutionnaire de la ville de Cherchell est dense, riche et éducatif. Comment arrive-t-on à exploiter intelligemment les atouts d’une commune quand des individus soutenus par le système traînent des casseroles, s’arrogent des pouvoirs locaux et profitent des privilèges de leurs combines dans l’opacité, grâce à leur malice.

Cherchell, à l’instar d’autres APC, s’affaisse. Quant aux jeunes intellectuels, pourvus de bonnes idées saines et d’une farouche volonté pour hisser le niveau de leur ville vers de meilleures perspectives créatrices de richesses multiples, ils sont tout simplement écartés.

Le projet du fort ottoman de Cherchell sera-t-il fructifié dans l’intérêt général ?

El-Watan.com