Collecte des signatures de candidatures : Ghederi séduit et l’UGTA triche sur fond de désintérêt dominant

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Collecte des signatures de candidatures : Ghederi séduit et l’UGTA triche sur fond de désintérêt dominant

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Hormis l’activisme des partisans de Ali Ghederi et l’action clandestine de l’UGTA au profit d’un 5e mandat, la campagne de collecte de signatures pour les candidats à la candidature à l’élection présidentielle reste timide.

Le peu de candidats portés par des partis politiques, et donc ayant les moyens et la base militante nécessaires pour assurer cette tâche, a fait que cette campagne manque manifestement d’animation, même si le constat peut différer d’une wilaya à une autre.

Ici et là, seul Ghederi capte l’intérêt des citoyens qui signent facilement les formulaires, à en croire les échos récoltés par nos correspondants.

A Annaba par exemple, fief de Gaïd Salah, le général à la retraite a dépassé le nombre de signatures requis, à savoir 1500. L’engouement exprimé à l’égard de ce candidat se manifeste aussi à Constantine, Biskra, Alger et Tizi Ouzou, et bien entendu dans sa région natale, Oum El Bouaghi et Tébessa.

Les intimidations signalées dans les délégations communales, lieux de validation des signatures, n’ont pas réussi à freiner cet engouement.

En effet, en plus des faits délictueux dont se sont rendus coupables des élus à Beni Ourtilane et Guelma, en privant Ghederi d’un nombre important de formulaires dûment signés, de nombreux dépassements sont signalés ici et là, sous forme d’intimidations et de pression sur les citoyens.

Dans l’une des délégations communales à Constantine, Boudjenana en l’occurrence, un citoyen a été sommé de faire venir le candidat à qui il voulait accorder sa signature, à savoir Ghederi !

Pour cette fois, le préposé au guichet était tombé sur un citoyen qui connaît ses droits et qui l’a vite remis à sa place, mais combien sont-ils les citoyens qui ont dû quitter les lieux sans pouvoir obtenir le cachet de l’autorité communale ?

Ailleurs, chez le MSP, la campagne de collecte de signatures au profit de Abderrazak Makri a du mal à atteindre sa vitesse de croisière. A Khenchela par exemple, les militants du parti islamiste peinent à convaincre les citoyens en dépit d’une campagne de proximité menée dans les quartiers.

Malgré sa méthode audacieuse et inédite, Rachid Nekkaz ne trouve pas lui aussi la réaction espérée. Nekkaz, candidat malheureux en 2014, part en personne à la rencontre de sympathisants potentiels, et pour ce faire, il leur fixe des rendez-vous par le biais de sa page Facebook.

Si dans de nombreuses villes où il s’est rendu, son action passe presque inaperçue et en tout cas sans histoires, à Tlemcen il a eu affaire dimanche à des énergumènes qui l’ont empêché violemment de faire sa campagne.
Big Brother vous surveille

Le même procédé est employé par le bloggeur Ghani Mehdi, candidat lui aussi à la candidature, sans rencontrer, pour le moment, l’accueil espéré. Il faut dire que le désintérêt de la population à l’égard de ce rendez-vous électoral n’a d’égal que celui de la classe politique.

Car, en attendant l’entrée en jeu des partis de la coalition présidentielle, l’arène politique est désertée par l’opposition.

Cette campagne, qui prendra fin le 4 mars prochain, est certes timide, mais toutefois surveillée de près et par l’administration et par les services de sécurité.

Le département de Noureddine Bedoui, ministre d’obédience FLN, a instruit toutes les institutions habilitées à officialiser les signatures, à savoir les délégations communales ainsi que les notaires et les huissiers de justice.

Ces agents ont reçu l’injonction de fournir des comptes-rendus quotidiens sur le nombre de formulaires signés et l’identité du candidat bénéficiaire. Selon une source de la police d’Annaba, les services de sécurité font de même et reçoivent carrément des copies des formulaires à l’insu des citoyens signataires et des candidats.

Chez les partisans du 5e mandat, seule l’UGTA s’est manifestée de manière ostentatoire et illégale pour ramasser des signatures au profit de Abdelaziz Bouteflika.

Depuis des semaines, les syndicalistes de Sidi Saïd se présentent sans vergogne dans les organismes comme la CNAS et la Cacobath et dans de nombreuses entreprises publiques où le syndicat est implanté, et ce, dans le but de collecter les numéros de pièces d’identité des travailleurs.

Par ailleurs, l’administration sous tutelle de Noureddine Bedoui s’est distinguée pendant la campagne de révision des listes électorales par des procédés pour le moins douteux.

A Constantine, pour l’exemple, les guichets censés recueillir les demandes d’inscription ne fournissent pas automatiquement des récépissés de dépôt de dossiers.

Pire, aucun délai n’est fixé pour la remise des cartes de vote, ce qui fait craindre à de nombreux citoyens ayant saisi notre journal de recevoir leurs cartes «trop tard».

El-Watan.com