Conférence internationale sur la migration à Oujda (Maroc) : Migrations et Méditerranée, réalité et défis

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Des participants d’Allemagne, du Danemark, d’Italie, de Turquie, du Niger, de Tunisie, du Maroc et de représentants de migrants de plusieurs nationalités installés régulièrement au royaume chérifien ont pris part à la conférence sur la migration. Organisée par Alarm Phone, organisation œuvrant particulièrement pour le sauvetage des migrants en détresse en mer, cette rencontre a expliqué sans fioritures comment «les autorités européennes continuent d’exploiter la mort des migrants comme moyen de dissuasion, tout en criminalisant les sauveteurs…»

Et de citer dans le détail des cas d’urgence suivis par Alam Phone sur les côtes libyennes, entre autres, notamment lorsqu’il s’agit de gardes-côtes de pays de la Méditerranée qui, pour des raisons souvent fallacieuses, refusent de porter secours aux migrants en difficulté dans les eaux du bassin méditerranéen. Le nombre de morts et de disparus est effarant. En 2017, près de 115 000 migrants ont pris la route centrale vers l’Italie avec des risques importants, qui se sont soldés par la mort de 2831 passagers, selon une évaluation de l’Organisation internationale des migrations (OIM). 28 000 passagers irréguliers ont suivi l’itinéraire de la Grèce et des Balkans cette année-là. En 2018, la majorité des migrants ont changé de cap vers l’Espagne, soit près de 43 000. La Grèce et les Balkans demeurent les itinéraires préférés de près de 25 000 migrants.

«La militarisation de la mer Méditerranée par le biais de l’agence européenne Frontex (frontières extérieures), renforcée par 10 000 gardes-frontières et gardes-côtes d’ici 2020, l’externalisation des frontières avec l’injonction faite aux pays de l’Afrique du Nord et du Sahel d’installer des centres de rétention et la criminalisation des sauvetages effectués par des ONG humanitaires dans la mer Méditerranée au profit des migrants naufragés, ainsi que les marins-pêcheurs qui n’ont pas été épargnés par les poursuites judiciaires, traduisent les dérives de la politique migratoire de l’Europe qui repose, désormais, exclusivement sur une politique d’aide conditionnée», estiment les différentes ONG humanitaires dans un communiqué de presse condamnant ouvertement l’Europe et son chantage et la complicité de certains Etats du Sahel et du Maghreb embrassant cette politique d’hostilité à la libre circulation des humains dans le bassin méditerranéen. 

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El-Watan.com