Chronique d’une grossière manœuvre : «Transition dites-vous ?»

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Ça y est, l’Algérie a un nouveau président par intérim !

Nous n’avons le droit ni de pleurer ni de baisser les bras. Adoptons plutôt le refus de la fatalité pour faire face à cette mauvaise blague.

Il y a clairement un plan de désorientation et de déstabilisation de l’opinion populaire visant à faire douter les citoyennes et citoyens de la possibilité de gagner cette bataille pacifique et profondément démocratique.

Les différents clans mafieux de ce système/pouvoir ont beaucoup à perdre. Nous assistons à une redistribution des cartes qui ne remet aucunement en cause ce système qui se recycle depuis des décennies.

Depuis le 22 février, des millions d’Algériennes et d’Algériens sont dans la rue. Avec force, pacifiquement, elles/ils réclament le départ de «tout» ce système/pouvoir qui en 20 ans a réussi à mettre l’Algérie KO, utilisant le despotisme et le clanisme ignare comme modèle de gouvernance.

Par la force de cette mobilisation, le clan de Bouteflika a été contraint à la démission. Ce n’est pas la seule réponse que le peuple réclame.

C’est l’ensemble du Staff civil et militaire de l’ère Bouteflika qui doit partir, y compris Bensalah et tous les autres. Personne n’a plus de légitimité pour rester aux manettes.

Que s’est-il passé aujourd’hui ? Nous avons assisté en direct à un «tour de passe-passe» mal ficelé. On veut nous faire croire que le peuple a été entendu ! Au nom d’une Constitution remaniée et bafouée des centaines de fois, on nous impose sous le couvert de la légalité constitutionnelle l’un des hommes forts du clan Bouteflika !

Et un gouvernement de transition sous la houlette de Bedoui, l’autre homme fort du système Bouteflika !

Cette manœuvre grossière est une insulte à notre peuple et à son aspiration démocratique et pacifique. Sa revendication d’une rupture définitive avec ce pouvoir illégitime et corrompu n’est pas entendue.

Ce «nouveau gouvernement» ne respecte pas le peuple. Il l’ignore et le menace. Aujourd’hui, les méthodes policières et de pressions reviennent au grand jour. Avec des arrestations arbitraires, des restrictions et empêchements des manifestations, la manipulation des informations, les menaces ciblées, les provocations, il affiche au grand jour son affiliation au système honni par le peuple algérien…

Qui va enfin entendre la clameur des Algériennes et des Algériens ?

Que ceux qui entendent la voix du peuple et sont en charge de garantir sa souveraineté prennent leurs responsabilités pour protéger et garantir le respect de la volonté populaire. Qu’ils fassent le choix de l’honneur pour mettre un terme à cette mascarade et éviter le chaos à notre pays. Il faut que le tri se fasse et que les corrompus soient empêchés d’agir.

Cette transition ne peut se faire sans la démission de Bensalah et de ce gouvernement. C’est la volonté du peuple. Qu’elle soit respectée !

La phase de transition pourra être effective avec la désignation d’un Comité collégial chargé de la conduite de la transition démocratique. Il devrait être composé par des personnalités respectables, engagées, intègres n’ayant eu aucun rôle ni allégeance dans le maintien de ce pouvoir.
Ce Comité doit être formé par consensus et concertation des catégories sociales et politiques impliquées dans le hirak, des leaders d’opinion, des représentants de la société civile, des élites, des acteurs économiques…
Il ne peut y avoir d’élections crédibles, honnêtes et démocratiques sans passer par une phase de transition nécessaire à la définition de nouvelles règles démocratiques.

NE BAISSONS PAS LES BRAS

– Plus que jamais, il faut agir ensemble
– Ne rien lâcher de l’espace public
– S’organiser partout et déployer toutes formes d’actions pacifiques pour se mettre d’accord et se faire entendre.

Restons vigilantes et vigilants. Notre détermination est le garant infaillible pour réaliser ce rêve collectif d’une Algérie démocratique, égalitaire et sociale. Notre Peuple a tout à y gagner.
Rdv vendredi 12 avril par millions et «Silmiya» dans toutes les rues d’Algérie pour préserver l’immense sourire accroché à notre ciel depuis le 22 février. Empêchons-les de le transformer en grimace.

 

Par Zazi Sadou

El-Watan.com