Crise en Centrafrique : Un accord paraphé à Khartoum relance les espoirs de paix

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Depuis la chute du président Bozizé, le pays est livré à la loi des milices qui se disputent les richesses du pays, notamment l’or et le diamant.

U n nouvel accord de paix destiné à mettre fin à des années de violences en République Centrafricaine a été paraphé hier par le gouvernement et 14 groupes armés à Khartoum. L’accord conclu samedi a été paraphé par le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, au nom du gouvernement. La signature du texte aura lieu à Bangui «dans les prochains jours», ont indiqué le gouvernement et la présidence de Centrafrique, sans préciser de date. Aucun détail sur le contenu de l’accord obtenu n’a été encore diffusé. Il s’agit du huitième accord de paix, depuis 2012. Lancées le 25 janvier à l’initiative de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies (ONU), les négociations de Khartoum ont rassemblé les principaux chefs des groupes armés et une importante délégation gouvernementale.

Ces pourparlers ont été à un moment suspendus à cause de désaccords, en particulier sur la question de l’amnistie des responsables de crimes et d’exactions, réclamée par les groupes armés. Bangui a toujours refusé une amnistie des chefs de guerre, dont plusieurs sont sous sanctions de l’ONU ou cités pour violations des droits de l’homme dans des rapports d’organisations non gouvernementales (ONG). D’autres sont sous la menace d’un mandat d’arrêt. Une Cour pénale spéciale (CPS) a été créée à Bangui pour juger les crimes commis dans le pays depuis 2003, mais son activité est limitée. Outre l’amnistie, les groupes armés ont exigé «la dissolution du gouvernement et la formation d’un gouvernement de sortie de crise», dont le Premier ministre serait issu de leurs rangs.

Comme ils ont réclamé la mise en place de patrouilles mixtes avec les Forces armées centrafricaines (Faca) pour sécuriser le territoire qui est en grande partie placé sous leur coupe. Le 24 mars 2013, le président François Bozizé, qui a fomenté en 2003 un coup d’Etat contre Ange-Félix Patassé, est renversé à son tour par le mouvement rebelle la Séléka. Le 5 décembre de la même année, l’armée française lance l’opération Sangaris, pour restaurer la sécurité, après le vote de l’ONU donnant mandat aux forces françaises pour intervenir. En janvier 2014, le président Michel Djotodia démissionne à N’Djamena sous la pression des dirigeants d’Afrique centrale, ainsi que son Premier ministre, Nicolas Tiangaye.

La raison des armes

Le 14 février 2016, l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra recueille 62,71% des suffrages contre 37,29% pour son rival, Anicet-Georges Dologuélé, lors du second tour de la présidentielle. Mais la crise est loin d’être réglée. En effet, des groupes armés se disputent des territoires riches en ressources naturelles en présence des soldats des Nations unies. La coalition de la Séléka est officiellement dissoute en 2013. Mais deux groupes armés sont créés par ses anciens cadres : le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC). Créées en 2013 en réaction à la prise de Bangui par la Séléka, les milices antibalaka se présentent comme des groupes d’«autodéfense».

Elles sont aujourd’hui divisées en deux branches. L’une est emmenée par Patrice-Edouard Ngaïssona, l’ancien «coordinateur» des milices, qui a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI) début janvier. L’autre dépend de Maxime Mokom, sous sanctions américaines, qui a créé une alliance avec des groupes de l’ex-Séléka en 2015 en signant les accords de Nairobi.

Dans l’ouest et le nord-ouest du pays, d’autres petits groupes armés à l’influence locale se sont implantés aux frontières du Tchad et du Cameroun. Parmi eux se trouve le groupe armé Retour, réclamation et réhabilitation (3R), créé en 2016 par Abass Sidiki dans la préfecture de Nana-Mambéré. Les groupes Révolution justice (RJ), le Mouvement national pour la libération de la Centrafrique (MNLC) de l’ex-officier de la Séléka, Ahmat Bahar, ou le Front démocratique du peuple centrafricain (FPDC) sont aussi présents dans la zone, riche en or et diamants.

El-Watan.com