Crise politique au Venezuela : Guaido n’exclut pas une intervention étrangère

  • 1 semaine il y a
  • 8 Vues
  • 0 0

Le président Nicolas Maduro a promis, vendredi, de bloquer l’entrée au Venezuela de l’aide humanitaire américaine sollicitée par l’opposant Juan Guaido, qui s’est dit prêt à faire «le nécessaire» pour sauver des vies, y compris autoriser une intervention militaire américaine. «Nous ferons tout ce qui est nécessaire, tout ce que nous devons faire pour sauver des vies humaines, pour que des enfants cessent de mourir», a déclaré J. Guaido dans un entretien hier à l’AFP.

Il a répondu à la question sur «la possibilité d’autoriser une intervention militaire des Etats-Unis». «Nous ferons tout ce qui est possible. C’est une question évidemment très polémique, mais en faisant usage de notre souveraineté, en exerçant nos prérogatives, nous ferons le nécessaire», a dit l’opposant, qui s’est autoproclamé le 23 janvier président par intérim en invoquant la Constitution. Une première cargaison d’aide humanitaire envoyée par les Etats-Unis est arrivée jeudi dans la ville colombienne de Cucuta, à la frontière avec le Venezuela, en réponse à l’appel de l’opposant, désormais reconnu par une quarantaine de pays, les Etats-Unis en tête. «Le Venezuela ne va pas tolérer le show de la prétendue aide humanitaire, car nous ne sommes pas des mendiants», a répliqué le président Maduro vendredi, accusant une nouvelle fois cette aide d’être un cheval de Troie des Etats-Unis pour intervenir militairement dans le pays.

Le Venezuela, en proie à la plus grave crise économique de son histoire récente, est frappé par de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de nombreux produits de base. Plus de deux millions de personnes ont fui le pays depuis 2015.

A Cucuta, devant un entrepôt où de la nourriture et des médicaments attendent d’être distribués, le député vénézuélien d’opposition Lester Toledo, nommé coordinateur international de l’aide d’urgence par J. Guaido, a expliqué qu’il s’agissait des «premières gouttes» avant «un tsunami d’aide humanitaire». Sur place, ce premier chargement a été réceptionné par l’Unité nationale de gestion des risques de catastrophes (UNGRD), l’organisme officiel colombien chargé des secours, qui a précisé dans un communiqué qu’il se limitait à recevoir l’aide et à l’entreposer à Cucuta. D’autres cargaisons sont attendues dans les «prochains jours», selon l’UNGRD.

A celles-ci doivent s’ajouter celles qui seront stockées au Brésil et sur une île des Caraïbes encore à déterminer. «D’autres centres de collecte vont voir le jour au Brésil. Une fois tous les centres en place, va s’ouvrir la seconde phase, celle de l’entrée» de l’aide au Venezuela, a assuré Juan Guaido dans un «message aux Vénézuéliens» diffusé vendredi sur YouTube. L’inconnue reste la réaction de l’armée vénézuélienne, soutien déterminant de Nicolas Maduro, alors que des militaires vénézuéliens bloquent depuis jeudi le pont frontalier de Tienditas.

Malgré la profonde crise que traverse le pays, un navire de l’armée vénézuélienne est arrivé vendredi matin à La Havane pour livrer 100 tonnes d’aide humanitaire à Cuba, récemment frappé par une tornade qui a fait six morts et 200 blessés.

Jeudi, les pays européens et latino-américains rassemblés à Montevideo, pour la première réunion d’un groupe de contact international sur le Venezuela, ont appelé à une «élection présidentielle libre, transparente et crédible» dans ce pays pétrolier afin d’éviter une déstabilisation de la région et au-delà. Le «groupe appelle à forger une approche internationale commune pour soutenir une résolution pacifique, politique, démocratique et purement vénézuélienne de la crise, en excluant l’usage de la force, à travers une élection présidentielle libre, transparente et crédible, en accord avec la Constitution vénézuélienne», selon la déclaration finale signée par tous les pays participants, à l’exception de la Bolivie et du Mexique.

El-Watan.com