Fayçal Barkat expose à la galerie d’Art Aïcha Haddad à Alger : Illuminée Biskra

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Fayçal Barkat expose à la galerie d’Art Aïcha Haddad à Alger : Illuminée Biskra

Cet autodidacte au talent incontesté nous vient directement de la ville des Ziban pour nous conter un des pans magnifiques de cette région enchanteresse et ensorceleuse à la fois.

Intitulée «Lumière de Biskra», l’exposition en question a ce don magique de transporter tout visiteur au niveau de certains endroits – limitrophes de la ville de Biskra – aux bâtis anciens et à la nature luxuriante.

En tout, ce sont pas moins d’une trentaine d’œuvres aux différentes dimensions qui sont exposées, dont 12 peintures à l’huile et 18 aquarelles.

Fayçal Barkat a une approche très fusionnelle avec sa ville. Il tente d’immortaliser avec brio des séquences de vie et des senteurs de son enfance et de son adolescence. Il revient sur certains endroits de son passé pour mieux restituer des souvenirs révolus à jamais. Réalisées entre 2014 et 2019, l’ensemble des toiles proposées dégagent une aura et une lumière à profusion.

En effet, le regard est happé par cette peinture aux couleurs chaudes, proche du style orientaliste. Il aime à répéter d’ailleurs que ses artistes de prédilection sont Etienne Dinet, Maxime le Noiré ou encore Auguste Gérardin. Autodidacte par excellence, Fayçal Barkat se plaît à préciser que le dessin l’a habité dès son jeune âge.

A six ans, en 1989, alors qu’il est en première année primaire, il décroche un premier prix dans le dessin. Plus l’enfant grandissait, plus son intérêt pour les arts plastiques s’aiguisait.

Il savait pertinemment qu’un jour ou l’autre, ce don allait prendre une nouvelle tournure dans sa vie. Preuve en est : aujourd’hui, il est une valeur sûre des arts plastiques. Bien que travaillant dans une station de lavage, Fayçal Barkat trouve toujours le temps de s’adonner à sa passion après ses heures de travail dans son atelier.

Il confie fièrement qu’il est tellement épris par son art que pendant la journée il pense à sa palette, à la technique et à la forme de ses futures créations.

Mais avant d’arriver à une œuvre finale, l’artiste commence par prendre des clichés de ses endroits de prédilection-
généralement au moment du coucher du soleil- pour s’adonner, ensuite, au traçage sur la toile et au dessin sur un papier spécifique à l’aquarelle.

Il a révélé qu’il a déjà travaillé au pinceau, mais il est plutôt beaucoup plus à l’aise à la technique du couteau. «Travailler avec le couteau est facile et permet une meilleure touche», précise-t-il.

Ainsi, on retrouve dans cette exposition des tableaux aux titres révélateurs de leurs contenus. «L’oued M’chounech» (1 et 2) n’est autre que la localisation d’une imposante pierre immergée dans un filet d’eau translucide. «Village de Boukhalfa après la pluie», «Qu’est-ce qui reste de la forêt de Boukhalfa» ou encore «Village de Boukhalfa» renseignent sur cette nature époustouflante avec un jeu de lumières et d’ombres bien étudié.

Fayçal Barkat estime que la lumière est l’âme de la nature. «La lumière se dégage même des anciennes constructions. Sans cette magnifique lumière, on n’aurait pas l’ensemble de ces ombres violettes», dit-il.

«La Porte Bleue» et «la Vieille porte» laissent apercevoir d’anciens ksour de ma région de Chetma en état d’abandon, rehaussés de leurs incontournables palmeraies.

Des lieux que l’artiste a voulu préserver à sa manière, car il sait au fond de lui-même que ces lieux seront voués, d’ici peu, à la disparition totale. A travers cette deuxième escale à Alger, après son passage à la galerie Rabah Asselah, Fayçal Barkat se veut l’ambassadeur de la ville des Ziban : il a su traduire sur ses toiles cette nostalgie et cet amour pour la région qui l’a vu naître.

El-Watan.com