Dar El Gharnatia de Koléa : Elle soufflera bientôt ses 47 bougies

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Dar El Gharnatia de Koléa : Elle soufflera bientôt ses 47 bougies

La célébration du 47e anniversaire de l’association musicale Dar El Gharnatia de Koléa (Tipasa) qui devait avoir lieu le 7 mars à partir de 19h au Palais de la culture Moufdi Zakaria, à Alger, a finalement été reportée à une date ultérieure, sans aucune précision.

La décision d’«en haut» avait été envoyée aux responsables de Dar El Gharnatia, association présidée par Hadj Boualem Kherrous. Les préparatifs intenses engagés par les staffs musical et administratif pour être au rendez-vous de cet événement marquant le 47e anniversaire de l’association avaient pour objectif de dévoiler tout le parcours de cette association née en 1972 au sein d’une ville au passé très riche, Koléa. Ses membres montreront que la vie de Dar El Gharnatia est semée de joie, de succès, de stress, de couleurs et d’événements malheureux.

Quand le défunt Mahieddine Bellouti, président et fondateur de Dar El Gharnatia, avait allumé la bougie en 1972, il était conscient que cette bougie continuerait d’éclairer après son départ éternel. La relève était assurée par les jeunes et les adultes, femmes et hommes amoureux de l’art musical andalou.

La touche du savant Cheikh Anani Slimane, le père spirituel de Dar El Gharnatia, demeure vivante dans l’univers de cette association même après sa mort. D’ailleurs, Dar El Gharnatia avait créé une bibliothèque à la mémoire de cette grande personnalité culturelle algérienne, qui avait fait partie des animateurs de la Radio nationale algérienne à l’aube de l’indépendance du pays.

Les autorités locales avaient cédé une maison au style mauresque à cette association musicale en vue de perpétuer cet art musical, éduquer les jeunes et permettre la propagation de la musique andalouse. Le sérieux des responsables et des élèves de Dar El Gharnatia a imposé le respect des familles, des mélomanes et des autorités envers cette association, dont le credo est le travail rigoureux et le souci de se développer beaucoup plus afin de se hisser vers un niveau d’excellence.

Ces deux critères ont permis à Dar El Gharnatia de représenter sa patrie chez certains pays amis de l’Algérie. Dar El Gharnatia a sillonné l’Europe (Italie, Russie, Pologne, Roumanie, Allemangne, Hollande, Espagne, Malte), l’Asie (Iran, Chine, Qatar, Jordanie) et l’Afrique du Nord (Egypte, Tunisie, Maroc).

Durant ses 47 années d’existence, l’association Dar El Gharnatia a vu défiler dans ses classes des filles et des garçons dont le nombre avoisine les 5000. La bonne éducation fait partie du credo de cette association, qui a contribué à soutenir et à accompagner ses élèves pour devenir des médecins, des architectes, des juristes, de hauts cadres dans les entreprises, des fonctionnaires, des économistes, des opérateurs économiques, en plus de leur maîtrise dans la manipulation des instruments de musique.

Des élèves devenus grands parents et aussi mamans ou papas d’enfants continuent à être fidèles à leur association, en incitant leur progéniture à rejoindre les bancs des classes de Dar El Gharnatia, afin de préserver ce précieux patrimoine musical algérien. Le ministère de la Culture, notamment sous l’ère de Khalida Toumi, a réussi avec brio à abriter des festivals maghrébins de musique andalouse à Koléa, qui ont été marqués par la participation de stars algériennes, marocaines et tunisiennes.

Ce n’était pas une mince affaire que d’organiser une dizaine de manifestations musicales internationales qui avaient été rehaussées par la participation de vedettes, à l’image de Hadj Tahar Fergani, Bajdoub, Hadji, Kortabi, Leïla Borsali, Farid Khodja et bien d’autres, en plus des associations de musique andalouse issues des wilayas du pays, de Tunisie, du Maroc, de Libye, d’Espagne et de France.

La notoriété de l’association Dar El Gharnatia avait atteint un niveau tel, que de nombreuses personnalités et chouyoukh ne se sont pas empêchés de rendre visite à cette association tant admirée à cause de son sérieux et de son professionnalisme. Pour ne citer que Boudali Safir, Bachtarzi Mahieddine, Abdelkrim Dali, Darsouni, Cheikh Toumi, Sid Ahmed Serri, Mohamed Khaznadji, Dahmane Benachour et bien d’autres, qui étaient venus faire un détour afin de lui rendre visite à Koléa pour s’enquérir de Dar El Gharnatia. Celle-ci peut s’enorgueillir de la production et de la mise sur le marché de 10 CD et un coffret de 08 CD. L’association Dar El Gharnatia de Koléa avait attiré des étudiants qui avaient soutenu 04 thèses au niveau de leur école.

Cette «ruche» de la musique andalouse, grâce à la richesse de son effectif, arrive à répondre aux multiples sollicitations des mélomanes en Algérie et à l’étranger. Sa maturité a donné confiance à certains sponsors nationaux, soucieux de la préservation de la culture algérienne en général et de l’art musical andalou en particulier, qui continuent à soutenir le maestro Mohamed Chérif Saoudi et ses élèves. Nordine Labri, l’incontournable animateur, arrive toujours à trouver les mots pour l’assistance présente lors des prestations musicales des musiciennes et musiciens de son association qui a assuré la relève.

L’investissement a donné des résultats satisfaisants qui reflètent une meilleure image du savoir-faire du peuple. Les musiciens de Dar El Gharnatia, filles et garçons, vêtus de formidables tenues traditionnelles aux couleurs très variées, sont de véritables ambassadeurs, grâce à leur comportement exemplaire durant les spectacles et en dehors de la scène.

Pour éviter la lassitude pendant leur labeur, les responsables de Dar El Gharnatia trouvent toujours les moyens de rompre avec la routine, en organisant des soirées de solidarité avec les malades dans les établissements de santé, en se déplaçant pour faire visiter les sites naturels et historiques que recèle l’Algérie. L’association Dar El Gharnatia de Koléa entretient des relations de partenariat avec deux écoles de musique andalouse, l’une en Tunisie (Monastir), et la seconde au Maroc (Rabat), afin de fructifier les échanges en matière de style, à savoir le sanaâ, le gharnati et le malouf.

L’organisation de la célébration du 47e anniversaire de l’association Dar El Gharnatia dans la capitale du pays illustre l’ambition de ses responsables et de ses élèves, avec cette ferme volonté d’imposer l’histoire de leur association locale, qui est arrivée au bout de plus de quatre décennies à présenter fièrement le fruit de son travail et de sa patience au large public de la capitale. Des mélomanes ont besoin d’une parenthèse de musique andalouse, universelle, en ces temps moroses et agités que subissent les familles algériennes, à l’aube du printemps 2019.

El-Watan.com