Débat national, bouton ou fermeture Eclair ?

  • 4 semaines il y a
  • 40 Vues
  • 0 0

Il y a le contenu et le contenant, liés en parallèle par cette formule : la forme est le fond qui remonte, ce qui peut concerner tout autant une femme habillée prudemment mais qui n’est pas prude, un homme en costume de marque mais avec une poubelle dans le cerveau que l’habillage constitutionnel, qui sert à donner une forme démocratique à un régime autocratique.

Au-delà du contenu, comment doit-on s’habiller dans un pays si sensible aux codes vestimentaires ? En hiver, on s’habille chaudement, ce qui tend à uniformiser chacun, hommes et femmes, laïques et religieux, RCD et RND.

Pour les autres saisons, c’est là où les problèmes commencent, les hommes s’habillant à l’occidentale en obligeant leurs sœurs, filles et épouses à s’habiller selon la tradition, voile et scaphandre avec option fermeture centralisée, ce qui n’est d’ailleurs pas une tradition, mais l’une de ses interprétations.

Mais en dehors du débat religieux sur le voile, fard am 3ada  (obligation ou coutume), on s’habille en jogging si on est pauvre, de marque si possible, en costume aluminium si on a retiré le formulaire de candidature à la présidentielle, veste en marbre pour les bureaucrates, minijupe pour aller en boîte, Bleu Shangaï pour les chaâbistes, qamis et chaussettes Burlington si on est imam, costume demi-manche si on est chef de daïra en été et burnous blanc quand on doit chercher le vote de la Kabylie.

On ne peut pas porter de short à Jijel, de jupe à Khemis El Khechna, de turban à Sidi Yahia et de kippa un peu partout, pas même au Djamaâ Lihoud d’Alger. Ceci dit, comment interpréter la récente déclaration de Youcef Yousfi, ministre de l’Industrie, qui vient d’annoncer la sortie du premier jean (pantalon) algérien en mars ?

Deux réponses, soit l’industrie nationale est tombée bien bas en s’occupant de pantalons, surtout pour un ex-ministre de l’Energie, des Affaires étrangères et ex-président de l’OPEP. Soit mars venant juste avant l’élection d’avril, c’est la promesse de 5 années de rock.

El-Watan.com