Déliquescence

  • 1 semaine il y a
  • 29 Vues
  • 0 0
Déliquescence

L’effroyable assassinat du jeune étudiant en médecine, Assil Belalta, retrouvé égorgé dans sa chambre de la résidence universitaire Taleb Abderrahmane, à Ben Aknoun, a mis en émoi toute la communauté universitaire, choquée par la gravité des faits.

Ce meurtre abominable ne relève guère, loin s’en faut, d’un «fait divers» anodin. La victime, un étudiant en médecine, et le lieu du crime, l’enceinte d’une résidence universitaire censée être correctement surveillée, font de cette tragique mort de Assil un incident gravissime. Les réactions qui s’en sont suivies, marches des étudiants, sit-in et protestation, expriment en fait le ras-le-bol de la communauté universitaire face à une situation d’insécurité qui devient de plus en plus insupportable.

Il ne se passe pas un jour sans que l’on nous signale des agressions, des vols, des provocations, des intimidations et autres actes de violence contre des étudiants ou des enseignants d’université, commis par des personnes étrangères à l’université, à l’intérieur même des facultés, où la franchise universitaire n’a aujourd’hui plus aucun sens. Interpellés maintes fois, les responsables font mine de prendre ce problème au sérieux.

La réalité montre, cependant, que le mal est plus profond et qu’il ne s’agit pas seulement d’intervenir sur les aspects à même de renforcer les dispositifs sécuritaires à l’intérieur des campus et des résidences universitaires.

De l’avis même du premier responsable en charge du secteur, c’est tout le système censé assurer les conditions nécessaires d’études et de vie des étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur qui doit être revu. Des constats ont été dressés en ce sens à l’occasion des innombrables rencontres organisées ces dernières années entre la tutelle et les composantes de la famille universitaire.

Les propositions de réforme, les recommandations et les fameuses «feuilles de route» issues de ces rencontres sont restées malheureusement lettre morte. Il faut dire, cependant, qu’aucun système de prestations de services ne saurait fonctionner aux normes requises si le mode de gouvernance des institutions universitaires, jusqu’ici déliquescent et défaillant, n’est pas préalablement revu et corrigé. Sans doute, l’heure est à la mobilisation de toute la communauté universitaire. 

El-Watan.com