Dénucléarisation de la Corée du Nord : Trump opte pour la politique des petits pas

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Dénucléarisation de la Corée du Nord : Trump opte pour la politique des petits pas

La capitale du Vietnam, Hanoï, abritera aujourd’hui un nouveau sommet entre le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, et le président américain, Donald Trump.

Rencontre de deux jours consacrée au processus de dénucléarisation de Pyongyang. Le président Trump a indiqué dimanche qu’il n’est pas pressé de convaincre le Nord de renoncer à son arsenal nucléaire, tant que celui-ci s’abstiendrait, comme il le fait depuis plus d’un an, de procéder à des tirs de missiles et des essais nucléaires. «Je ne veux brusquer personne», a encore déclaré, avant son départ de Washington, le président américain, cité par l’AFP.

Lundi, il a miroité les avantages économiques dont bénéficiera la Corée du Nord si elle abandonne son programme nucléaire tout en refusant l’allégement des sanctions. «Avec une dénucléarisation complète, la Corée du Nord deviendra rapidement une puissance économique. Sans cela, on en reste juste au même point! Le président Kim prendra une sage décision», a-t-il tweeté.

De son côté, l’émissaire des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a reconnu le mois dernier que Pyongyang et Washington ne se sont «pas mis d’accord sur la signification» de la dénucléarisation.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a déclaré dimanche que le but consiste à obtenir des Nord-Coréens une «grande étape, prouvable et vérifiable».

«Il a promis de dénucléariser. Nous espérons qu’il le fera», a-t-il soutenu sur la chaîne CNN. Néanmoins, il a prévenu, sur la chaîne américaine Fox qu’«il faudra peut-être un autre sommet, nous n’arriverons peut-être pas à tout faire cette semaine».
Le premier sommet entre le président américain, Donald Trump, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, s’est tenu le 12 juin 2018 à Singapour.

Lors de cette rencontre, le leader nord-coréen a pris l’engagement de la «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne». Déclaration d’intention sans calendrier ni modalité, bien loin de la dénucléarisation «complète, vérifiable et irréversible» exigée par les Etats-Unis. Mais depuis, les tractations se sont enlisées.

A chacun sa raison

Washington exige la dénucléarisation de la Corée du Nord avant toute levée des sanctions. Le 8 juillet, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion avec ses homologues japonais et sud-coréen à Tokyo, que les sanctions resteront en place jusqu’à une «dénucléarisation complète et totalement vérifiable».

Pour le chef de la diplomatie américaine, il s’agit d’une «dénucléarisation au sens large», englobant toute la gamme d’armes, et «les Nord-Coréens comprennent cela, ils ne l’ont pas contesté».

En réaction, Pyongyang a exprimé sa déception, par la voie de l’agence officielle nord-coréenne KCNA : «Les Etats-Unis commettent une erreur fatale, s’ils considèrent que la République populaire démocratique de Corée se doit d’accepter (…) des demandes qui reflètent leur état d’esprit de gangster.» Pour la Corée du Nord, Washington a violé l’esprit de l’accord conclu en juin à Singapour entre les dirigeants.

En août, le président Trump a annulé un déplacement de son chef de la diplomatie à Pyongyang après que celui-ci eut reçu une lettre belliqueuse de la part d’un haut responsable nord-coréen, selon le Washington Post. En conséquence, la presse nord-coréenne a accusé les Etats-Unis de jouer un «double jeu» et de «manigancer un complot criminel».

Pour la Corée du Nord, la dénucléarisation a un sens plus large. Elle veut la levée des sanctions internationales qui l’étranglent et la fin de ce qu’elle voit comme les menaces américaines, à savoir la présence militaire en Corée du Sud et dans la région en général.

Dans cet esprit, Pyongyang a observé qu’il a déjà fait des gestes, avec le gel des essais militaires et en faisant sauter les accès à son site d’essais nucléaires.

El-Watan.com