Derniers dossiers de candidatures déposés : Le Conseil constitutionnel assiégé par les forces de l’ordre et des étudiants

  • 3 semaines il y a
  • 27 Vues
  • 0 0

Un impressionnant dispositif policier encerclait hier les alentours du Conseil constitutionnel situé à El Biar, sur les hauteurs d’Alger. Le quartier était quasiment assiégé et le boulevard où se situe le siège de cette troisième institution de l’Etat est fermé à la circulation automobile. Seuls les journalistes et les citoyens qui travaillent aux alentours du site sont autorisés à y accéder.

Dès 11h, le service de presse du Conseil annonce les rendez-vous pris pour la matinée par cinq candidats, dont Ali Ghediri. Contrairement à l’ambiance tendue de la rue où les étudiants sont chassés à coups de jets d’eau, à l’intérieur du Conseil  c’est le calme. Tout le staff de Ali Ghediri est déjà sur place. Sa déclaration à la presse est très courte. D’emblée, il annonce avoir collecté le double du nombre de signatures prévu par la loi et dans 35 wilayas du pays. «Je dis au peuple algérien, vous êtes magnifiques. Je n’ai ni parti politique, ni hommes d’affaires, ni casernes.

Mais grâce au peuple, j’ai réussi. J’ai juste exprimé ma confiance en lui. Il a trop souffert», lance Ghediri, précisant : «Je dis que le pays est à l’aube d’une nouvelle ère.» Toujours à l’adresse du peuple algérien, Ghediri déclare : «Vous êtes un peuple grandiose.

Restez comme ça, vous êtes une fierté, restez comme ça, vous leur avez montré avec preuve que vous êtes vivant.» Ali Ghediri remercie les Algériens sans ajouter un mot. Nous apprendrons que c’est son directeur de campagne Me Mokrane Aït Larbi, qui a retiré le récépissé de dépôt du dossier de candidature de Ali Ghediri.

Ce dernier quitte la salle encadré par ses cadres, alors que les hélicoptères survolaient toujours les lieux encerclés par un impressionnant dispositif sécuritaire en raison des centaines d’étudiants qui ont tenté de franchir le mur de policiers dressé tôt dans la matinée.

Alors que tout portait à croire que le calme était revenu aux alentours de l’ex-faculté de droit de Ben Aknoun, située à quelques encablures du Conseil constitutionnel, une grappe d’étudiants a envahi la grande artère provoquant la panique dans les rangs des policiers qui prenaient un temps de répit dans les camions. En quelques secondes, un immense bouclier est dressé empêchant les manifestants de poursuivre leur marche. Plus bas, le taxi immatriculé à Saïda arrive devant le portail du Conseil suivi d’un fourgon.

A ce moment, Amar Bouacha venait de terminer le dépôt du dossier de candidature et dans sa déclaration à la presse, il affirme avoir collecté l’ensemble des signatures, «même si les médias nous présentent comme un petit parti». Pour sa part Ghani Mehdi n’a pas été reçu au Conseil sous prétexte qu il n’a pas pris de rendez-vous. Il est 16h30, et les policiers étaient toujours en train de repousser les étudiants au niveau du Lycée international.

16h30 le grand portail vert s’ouvre, sept fourgons Hyunday gris métallisé immatriculation 00 se dirigent droit vers la cour. Les journalistes accourent.

Ce sont les cartons du Président-candidat. L’ancien directeur général de l’aadl et actuel patron du groupe des hôtels publics, Bounafaa, sort de l’un d’eux à la main une grande enveloppe jaune. Nous ne savons toujours pas si c’est Bouteflika lui même qui est venu ou c est quelqu’un un d’autre.

Ce qui est certain c’est que la présence du candidat est obligatoire pour formaliser la procédure. Coup de théâtre au Conseil constitutionnel. Rachid Nekkaz n’est pas candidat comme attendu, mais c’est son homonyme, un cousin à lui né en 1974, de surcroît son directeur de cabinet qui a déposé sa candidature.

Ainsi, ce dernier explique qu’il se présente à la place du très remuant Rachid Nekkaz du fait que celui-ci ne peut pas justifier d’une résidence en Algérie durant les dix dernière années.

El-Watan.com