Des journalistes violemment réprimés hier à Alger

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«C’est un acte de vengeance de la part du pouvoir, notamment contre nos confrères et nos consœurs de la radio et de la télévision publiques qui ont bravé l’interdit et ont manifesté contre la censure et pour la liberté d’expression dans leurs médias», explique un journaliste d’El Watan. Indignation !

Les mots ne suffisent pas pour décrire la colère à la vue des confrères et consœurs traînés par terre. Il n’y a plus de scrupule. Le pouvoir autoritaire garde son sport favori et réprime violemment un rassemblement pacifique de journalistes, venus crier leur ras-le-bol contre la dictature de la parole.

L’action a été organisée sur la place de la Liberté de la presse, à Alger-Centre ; un lieu pourtant dédié aux sacrifices et aux combats des journalistes algériens pour la liberté d’expression et la démocratie en Algérie. Mais il ne peut y avoir de liberté d’expression et de liberté de la presse dans un Etat non démocratique. Le caractère policier se précise depuis la répression de la manifestation de Mouwatana, dimanche dernier. La place qui devait accueillir le rassemblement des journalistes avait été barricadée dès les premières heures de la matinée. Sur les lieux, des policiers acharnés, comme si ils allaient s’attaquer à l’ennemi de l’Algérie. Des dizaines de journalistes agressivement interpellés.

Des militants des droits humains solidaires avec la presse l’ont été aussi. «Presse libre et démocratique», scandaient les journalistes sur place. Environ 200 journalistes, francophones comme arabophones, de la presse écrite et électronique, de la radio, de la télévision publique comme privée, ont pris part à l’action. Toutes les lignes éditoriales y étaient. Des confrères et consœurs venus affirmer leur volonté de se libérer de leurs lignes éditoriales et appelant leurs médias à ne plus priver le peuple, qui manifeste dans la rue, de la parole.

D’autres, comme ceux d’Ennahar, sont venus s’acheter une nouvelle virginité et dire qu’ils «soutiennent»la liberté d’expression alors qu’ils font tout le contraire. D’autres encore étaient là certes pour défendre la liberté de la presse et d’expression et soutenir leurs confrères et consœurs du service public, mais surtout pour rejoindre la voix du peuple opposé au 5e mandat et dire qu’ils revendiquent le changement du pouvoir. Après l’arrestation des journalistes et toute la répression dont ils ont été victimes, le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a débarqué en intrus, sur les lieux de la manifestation. S’adressant aux journalistes, il a préféré leur prêcher «la liberté d’expression défendue par la Constitution» au lieu de condamner tout simplement l’agression dont ils ont été victimes. Le ministre a été hué et poussé à quitter la place de la Liberté de la presse. Quant aux journalistes et militants interpellés, ils ont tous été libérés, selon nos sources. 

El-Watan.com