Des ondes éphémères pour une cause éternelle

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Des ondes éphémères pour une cause éternelle

Elle a vécu le temps du Pacte mondial pour les migrations (9-10 décembre).

Ou un peu plus, une huitaine de jours (4-11 décembre). Radio Migrations FM, produite en grande partie par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a mis en valeur le talent de jeunes journalistes africains, dont trois Algériennes qui ont pu s’imposer au milieu d’un millier de médias internationaux présents à Marrakech.

«Ce qui nous a distingués des autres médias, c’est l’implication d’un certain nombre de jeunes rédacteurs africains dans notre équipe, afin de s’assurer que les préoccupations des migrants influencent directement les programmes et abordent les sujets qui ne sont pas traités par la presse du monde», a expliqué Mohyi El Ghattas, grand journaliste marocain et coordinateur de la Radio éphémère.

Mais qu’en pensent justement les jeunes animatrices algériennes de ces ondes militantes, présentes dans la ville ocre pour forcer les gouvernements à signer cet accord et assurer une «migration sûre, ordonnée et régulière», slogan adopté par cette conférence onusienne  ?

Nadjoua Rahem répond : «J’ai participé à beaucoup d’ateliers dans cet événement, et j’ai constaté que concrètement seuls les Africains et à un degré moindre les Européens sont intéressés par ce pacte, les Moyens-Orientaux, même s’ils sont ici en force, ne se sentent pas concernés.

Et du coup, je pense que les solutions pour les migrants sont chez les Africains, en premier lieu. Quant au pacte lui-même, honnêtement, je ne m’attends pas à grand-chose, malgré son approbation.»

Nadjoua explique son pessimisme : «Nous savons tous que les Etats présents à Marrakech ont signé toutes les lois garantissant la paix et le respect des droits humains, mais dans la réalité, ces Etats ne respectent pas ce qu’ils ont signé et approuvé…»

Amel Mohandi, animatrice d’une émission à succès, abonde dans le même sens : «Il n’y aura pas un grand impact sur la situation du migrant, puisque les Etats qui ont approuvé ce document ne seront pas contraints et obligés de l’appliquer.

Le fond du problème, ce n’est pas uniquement une question politique, c’est toute la société civile qui doit être mobilisée pour effacer tous les préjugés qu’on colle aux migrants, et les journalistes dont il faut revoir la formation concernant la question migratoire, des journalistes qui doivent bannir de leur lexique les mots qui incitent à la haine. Tout le monde doit s’investir culturellement pour mettre fin au discours de la haine…»

Meriem Ahmed Ali, dynamique, est catégorique : «Ce pacte est juste une formalité, on ne doit pas s’attendre à des résultats concrets. Dans la réalité, les migrants n’ont aucun droit, ils sont menacés dans leur intégrité et victimes de toutes les injustices.

Les Etats doivent appliquer les lois qu’ils votent pour une dignité du migrant, c’est-à-dire le travail, le logement et les droits sociaux. Ils sont comme nous, je ne comprends pas toutes ces discriminations.» Les voix humaines, militantes pour une cause juste, Maroua, Amel, Meriem… l’espoir d’un pays, d’un continent !

El-Watan.com