Directeurs des festivals méditerranéens et africains au FICA : Approfondir les relations d’échange et de coopération

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Directeurs des festivals méditerranéens et africains au FICA : Approfondir les relations d’échange et de coopération

En marge des projections, le Fica a organisé, lundi matin, au niveau de la salle Frantz-Fanon de Riadh El Feth, à Alger, une rencontre au cours de laquelle une pléiade de responsables de festivals méditerranéens et africains sont venus parler de leurs festivals, tout en ne manquant pas d’émettre le vœu d’approfondir les relations et d’échanger des informations en vue d’une coopération fructueuse.

Cette rencontre, intéressante à plus d’un titre, a été étrennée par François Akouabou Adianga, directeur artistique du Fespaco. Ce dernier a tenu avant tout à souligner que le prix international «Miriam Makeba», décerné dernièrement à Alger au Fespaco, revenait à toute l’Afrique. «Ce prix, dit-il, est la fierté de toute l’Afrique et de toutes les personnes qui aiment le cinéma. Mes remerciements vont à tous ceux qui ont milité pour cette reconnaissance».

L’orateur rappelle que le Fespaco est présent au Fica depuis 2015. Et d’ajouter : «Cette participation est bénéfique pour nous, elle nous permet de découvrir des films qu’on n’a jamais vus chez nous. Je pense que le Fica est une passerelle de promotion des productions cinématographiques audiovisuelles. J’espère qu’on aboutira à un échange de productions cinématographiques entre différents festivals.

C’est ce qui va nous permettre d’avoir le même point de vue ou de converger avec cet idéal que s’est fixé chaque festival.» Pour sa part, le directeur du Festival international d’Alicante, Vincente Seva, avoue qu’il a entendu parler du Festival international du cinéma d’Alger à partir de l’Espagne. Le festival d’Alicante existe depuis une quinzaine d’années avec plusieurs sections de compétitions. Vincente Seva espère voir, prochainement, une jonction entre les festivals existant à travers le monde.

Jean Asselmeyer, cinéaste et directeur du Panorama du cinéma algérien à Nîmes, estime que le lien entre le Panorama du cinéma algérien de Nîmes et le Fica, c’est la notion d’engagement. Il précise que le Panorama du cinéma algérien est la résultante de l’œuvre d’un collectif qui s’est créé en 2005 en réponse à un paquet de lois «scélérates» qui ont été votées par le Parlement français sur les soi-disant bienfaits de la colonisation.

«Nous avons créé, note-t-il, une association d’amitié franco-algérienne à Nîmes qui s’appelle France-El Djazaïr, dont le but est de rappeler ce qu’a été la période coloniale et de promouvoir l’amitié entre deux peuples, dans le cadre de la promotion d’amitié entre nos deux peuples et le refus de l’éloge de la colonisation qui est l’œuvre du gouvernement français. Nous venons de fêter, il y a huit jours, sa 10e édition.

Pour nous, le cinéma est un moyen – comme la culture en général – pour le rapprochement entre les peuples. Il faut dire que nous n’avons pas choisi le terrain le plus facile, car le Gard est un département conservateur. Nous avons organisé en 2012 un colloque sous protection policière sur la Fédération de France du FLN avec différents invités, tels Ali Haroun et Mostefa Boudina». Toujours selon cet intervenant, cette structure associative ne perçoit pas de subventions.

Elle vit de l’argent de ses adhérents. Ses activités s’étendent dans différentes villes du Gard, plus précisément à l’est, une région dans laquelle beaucoup de mineurs algériens sont venus durant les années 50 et 60. Mohamed El-Keurti, président de l’association Culture Emir Abdelkader, indique pour sa part que son association gravite autour du ciné-club de Mascara.

Ce ciné-club qui, depuis 31 ans, est considéré comme le plus ancien ciné-club d’Algérie en activité. Toutefois, il y a eu un creux de trois ans durant la décennie noire.

Toutes les semaines se tient une séance de ciné-club avec présentation de films, suivis de débats. Mohamed El Keurti affirme fièrement que le ciné-club est passé par tous les moyens de diffusion de la présentation d’un film en 35 mm, de vidéo-projecteur jusqu’à l’obtention depuis quatre ans d’une salle restaurée et équipée en DCP.

Depuis quelque temps, le ciné-club de Mascara collabore avec les organisateurs des Journées cinématographiques de Béjaïa. En septembre dernier a été initiée une rencontre pour la création d’un réseau du ciné-club. Ce projet sera finalisé à Mascara pour ensuite pérenniser ces rencontres annuellement en un festival de ciné-club. Georges Dupont, membre du Conseil international du cinéma, de la télévision et de la communication audiovisuelle (CICT) a fait une présentation du Festival international du film d’Inde.

Le festival en question, qui fêtera l’année prochaine ses 50 ans d’existence, est organisé par le ministère de la Formation et de la Radiodiffusion de l’Inde. Les derniers films, de par le monde, sont projetés. On recense plus de 8000 participants, avec une implication totale de la population. De nombreuses salles obscures sont mises à la disposition des nombreux cinéphiles.

Georges Dupont estime que le festival de Goa, c’est Bollywood, mais à l’international. Selon lui, les organisateurs qui ont les moyens de leur politique sont intéressés par un partenariat avec le CICT. «Notre objectif est de faire valoir les jeunes.

C’est là un créneau très important qu’on essaye de chercher et de faire valoir. Tous ceux qui rament dans les pays et qui n’arrivent pas à être produits, diffusés et surtout distribués», révèle t-il. Installé depuis peu à la tête du Festival culturel national du film amazigh, Amar Tribéche indique qu’il a pris le festival en route, puisqu’il y a eu certains appels qui ont été déjà lancés par l’ex-commissaire. Si, auparavant, le festival amazigh était itinérant, aujourd’hui il est fixé à Tizi Ouzou.

L’intervenant estime que «c’est un festival un peu identitaire à partir du moment que tamazigh est une composante de l’identité nationale».

Amar Tribèche souhaite que le festival revête une dimension internationale. Le réalisateur est conscient que beaucoup de choses restent à entreprendre, notamment l’organisation de master class et de ciné-clubs. «Mes activités en tant que commissaire de ce festival se feront tout au long de l’année. Il y aura beaucoup d’invités dans le domaine cinématographique et culturel», ajoute-t-il.

A l’issue de cette rencontre, des ébauches d’idées ont été formulées, dont celle de dégager des espaces aux jeunes afin qu’ils s’expriment au niveau des festivals, introduire des ateliers de formation sur les différents corps de métiers, créer des développements de projets ou encore de laboratoires.

De même, se pencher sur la mise en place d’un réseau de festivals et établir un recensement mondial des festivals afin d’établir une passerelle de collaboration formelle entre les différents festivals existants.

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