Élection présidentielle du 18 avril : L’opposition en rangs dispersés

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Élection présidentielle du 18 avril : L’opposition en rangs dispersés

Trois semaines après la convocation du corps électoral et à moins d’un mois de l’expiration du délai de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 18 avril, l’opposition est dans l’expectative. Elle semble perdue face à un pouvoir déterminé à faire passer son projet du 5e mandat.

Partagée entre participation, boycott ou soutien à un candidat indépendant déjà déclaré et rongée par des guerres de leadership, l’opposition avance en rangs dispersés.

Le FFS et le RCD optent pour le boycott. Ces deux partis de la mouvance démocratique estiment que les conditions d’une compétition électorale transparente, juste et crédible ne sont pas réunies. Ils s’inscrivent donc en dehors de ce scrutin qui ne ferait, selon eux, que perpétuer le système en place.

Le Parti des travailleurs de Louisa Hanoune tâtonne encore le terrain politique en manque de clarté avant de s’engager officiellement dans la présidentielle ou de la boycotter. Cela, même si Louisa Hanoune est en faveur de la non-participation à ce scrutin en l’absence de garanties de transparence.

Le parti Talaie El Hourriyet de Ali Benflis est dans la même attitude que le PT. Il se donne encore du temps avant de décider de la marche à suivre. Deux fois candidat à la présidentielle, Ali Benflis s’accorde ainsi un temps additionnel de réflexion, lui qui avait annoncé sa candidature à la présidentielle de 2014 avant même la convocation du corps électoral. Visiblement, Ali Benflis, qui a retiré les formulaires de collecte de signatures, attend encore la confirmation officielle du 5e mandat.

Si ces deux personnalités politiques bien connues hésitent à s’engager dans cette «compétition électorale», c’est parce qu’elles sont confrontées au flou savamment entretenu des mois durant sur le 5e mandat. Bien que ce dernier se précise, le PT et Talaie El Hourriyet temporisent aussi en raison d’une tendance assez prononcée au sein de leurs partis respectifs favorables à la non-participation.

Du côté des islamistes, le constat est plutôt différent. Le MSP, qui n’abandonne pas sa politique entriste, s’accroche donc à la mécanique électorale qu’il veut utiliser à bon escient. Son but n’est assurément pas de gagner cette élection fermée, mais de se redéployer sur le terrain et de se repositionner politiquement en perspective des futures échéances électorales. Pour ce faire, son président Abderrazak Makri, mène ainsi une intense campagne sur les réseaux sociaux, où il enchaîne les interventions audiovisuelles explicatives de son programme électoral.

Toujours dans le camp islamiste, Abdallah Djaballah, un habitué des élections présidentielles, tente de revenir sur la scène politique, non pas en se portant candidat, mais en faisant un tour de table pour essayer de convaincre des chefs de partis de l’opposition de la nécessité impérieuse de soutenir un candidat unique à ce scrutin.

Une démarche qui n’est pas nouvelle et qui est loin d’emballer les partis de l’opposition ayant déjà pris une position claire sur ce rendez-vous électoral.
Le MDS, qui s’est déjà engagé dans cette présidentielle à travers Fethi Gheras, ne va assurément pas rejoindre le «projet» tardif de Djaballah. Idem pour le MSP, qui a mobilisé d’importants moyens pour faire passer son message politique et redorer son blason auprès du peuple.

Le mouvement Mouwatana, quant à lui, refuse de participer à cette élection qui n’en est pas une, selon son coordinateur, Soufiane Djilali, président de Jil Jadid.
En dehors des partis, il y a le candidat indépendant Ghederi, très présent sur le plan médiatique, qui prône la «rupture» avec le système politique. Il a réussi, pour le moment, à rallier à sa «cause» un parti politique, l’Union pour le changement et le progrès (UCP) de Zoubida Assoul.

Mais on reste loin de l’effervescence que peut susciter un tel rendez-vous électoral ailleurs, dans d’autres pays où l’exercice démocratique est effectif. Les principaux acteurs de l’opposition, partis et personnalités, sont loin de l’unification des rangs qu’ils considèrent comme plus que nécessaire pour créer un rapport de force en faveur du changement tant réclamé et voulu.

En face, les partis du pouvoir, en dépit de leurs différends, agissent en monobloc pour faire passer le 5e mandat et donc se maintenir encore au pouvoir. Profitant des divisions de l’opposition, le régime est en passe de concrétiser son projet de «continuité» sous le règne de Bouteflika.

El-Watan.com