Emeutes à Si Mustapha (Boumerdès) : la population se révolte en signe de soutien au président d’APC

  • 1 mois il y a
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Climat de révolte, hier à Si Mustapha, à 20 km à l’est de Boumerdès. Des émeutes ont éclaté en milieu de journée entre les éléments de la Gendarmerie de nationale et des habitants qui exprimaient leur soutien au président de l’APC, Boubekeur Bouzad, suite au rejet de son dossier de candidature aux prochaines élections sénatoriales. Les affrontements se sont soldés par plusieurs blessés parmi les manifestants, a-t-on appris.

Les heurts ont eu lieu à la sortie ouest de la ville, ce qui a entraîné la fermeture de la RN12 à la circulation dans les deux sens durant toute la journée. Des milliers d’automobilistes ont été bloqués dans d’immenses embouteillages, ne savant quel chemin emprunter pour rallier leur destination.

Toutes les voies reliant Thénia aux Issers et Tizi Ouzou ont été bloquées à cause du flux des véhicules. «C’est une journée d’enfer. On n’a ni Etat ni société.

Celui qui veut soutenir son président d’APC n’a qu’aller protester devant les services qui ont rejeté son dossier de candidature au Sénat. S’il ferme la route, il ne pénalise que les pauvres citoyens», s’insurge un automobiliste qui a passé plus de deux heures dans les bouchons. Les affrontements ont commencé vers midi après l’intervention des forces de maintien de l’ordre pour rouvrir la RN12, fermée à l’aide de pneus enflammés par des jeunes en colère. Pour certains, les affrontements d’hier étaient prévisibles.

Elles ont eu lieu moins de 24 heures après l’annonce de la démission du président de l’APC de son poste en raison, selon lui, «du non-respect des lois de la République et des pressions terribles dont j’ai fait l’objet dans l’exercice de mes fonctions».

Décision illégale

Elu sur une liste de TAJ, Boubekeur Bouzad est un jeune entrepreneur, fils d’un ex-député très connu dans la région. Le rejet de son dossier de candidature au Sénat n’est motivé par aucune loi ou décision de justice. «Je remplis toutes les conditions pour participer aux prochaines élections, mais on a refusé mon dossier sans aucune justification.

On m’a même interdit d’introduire un recours», dénonce-t-il. Selon lui, cette décision illégale aurait été prise sur la base de rapports des services de sécurité. «La police veut coûte que coûte que je lui cède un terrain au centre-ville en vue de réaliser un célibatorium.

J’ai dit niet, c’est pour cette raison qu’on s’acharne aujourd’hui contre moi», ajoute-t-il. Peu après l’annonce de sa démission de son poste de président d’APC, M. Bouzad a fait une déclaration vidéo partagée sur les réseaux sociaux dans laquelle il révèle des faits gravissimes incriminant de hauts responsables de la wilaya.

Hier, 11 des 15 élus de l’APC ont tenu une assemblée extraordinaire à l’issue de laquelle ils ont signé un communiqué de soutien au président de l’APC, dénonant toutes les formes de pression dont il fait l’objet.

Les rédacteurs du communiqué exigent également des explications sur les raisons de son exclusion des sénatoriales et réclament le respect de la loi.

Vers 17h, la tension était toujours de mise au centre-ville de Si Mustapha. Les gendarmes ont mobilisé d’importants renforts pour rétablir l’ordre dans cette petite localité qui a longuement souffert des affres du terrorisme et du sous-développement.

El-Watan.com