Ennahdha est accusé de favoriser l’émergence du terrorisme : Des écoles pour djihadistes aux portes de Tunis

  • 2 semaines il y a
  • 6 Vues
  • 0 0
Ennahdha est accusé de favoriser l’émergence du terrorisme : Des écoles pour djihadistes  aux portes de Tunis

Les révélations faites par la justice sur l’école coranique de Regueb (Sidi Bouzid) et l’association d’apprentissage du Coran de Byrine (banlieue de Tunis) montrent que les mineurs sont la cible préférée des islamistes, car ils sont plus faciles à embrigader et à transformer en terroristes. Et des embrigadements il y en eu beaucoup en Tunisie.

Des échos provenant de Fouchana, sud de Tunis, évoquent l’éventualité de fermer une autre prétendue «école coranique», accueillant des enfants âgés entre 14 et 16 ans. Le porte-parole du gouvernement, Iyad Dahmani, parle de 159 recours introduits par le gouvernement auprès de la Justice pour fermer des associations, dont les activités sont suspectes, dont celle de Regueb.

Le gouvernement a ordonné depuis 2015 la fermeture de cette école de Regueb. Mais, à chaque fois que les autorités essaient de passer à l’acte, les interférences politiques, de la part des islamistes d’Ennahdha, empêchent l’exécution de la décision. Par ailleurs, même cette fois-ci, la députée de l’Alliance nationale, Leïla Hamrouni, a demandé d’ouvrir une enquête sur «l’intervention d’une députée d’Ennahdha en faveur de l’ouverture de l’école qui vient d’être fermée récemment».

C’est dire que les enjeux dépassent les conditions de séjour des enfants et l’application de la loi. Cela rappelle les paroles adressées par Ghannouchi à de jeunes salafistes, en 2013, les appelant à «investir les mosquées et les associations pour conquérir les nouvelles générations». La Tunisie pullulait depuis 2012/2013 de foyers de formation de terroristes, sans que les gouvernements successifs ne parviennent à les éradiquer.

Difficultés de gouvernance

Donc, s’il est vrai que les 42 mineurs de l’école de Regueb vivaient dans des conditions désastreuses dans quatre chambres qui les abritaient, mélangés avec une douzaine de jeunes adultes, s’il s’est confirmé que des maladies cutanées rongeaient ces enfants à cause de la saleté et que des pratiques pédophiles soutenues ont été confirmées contre deux d’entre eux, il est vrai, aussi, que les parents de ces enfants n’ont pas été poursuivis par le parquet.

Normalement, ils devraient l’être, puisque les lois en Tunisie incriminent les parents qui ne respectent pas l’obligation de l’école pour leurs enfants jusqu’à 16 ans. L’accusation d’abandon a été d’abord annoncée par le juge d’instruction, avant qu’elle ne soit retirée le lendemain. Il est vrai que le parquet est dominé par Ennahdha et que les islamistes ne veulent pas entrer en conflit avec les salafistes.

Les tensions sont montées en rapport avec ces écoles d’embrigadement. Les révélations se poursuivent et il s’avère que ces lieux sont repérés par le gouvernement, qui a même intenté des recours pour les fermer. Mais il est clair que le gouvernement se retrouve incapable d’appliquer les décisions de la justice ou, pis encore, de répondre aux recommandations des sécuritaires, s’insurge Ahmed Seddik, le président du bloc parlementaire du Front populaire à l’Assemblée.

Enjeux politiques

Seddik considère le gouvernement responsable de ce qui se passe. «Nous avons étudié dans des écoles coraniques, ouvertes dans des espaces publics et auprès d’imams connus pour leur probité. Mais l’ouverture d’un campement, dans un lieu isolé, comme c’est le cas pour Regueb ou Byrine, cela n’a rien de coranique, c’est un embrigadement pour Daech», a-t-il dit. L’enquête a, par ailleurs, montré que le solde du compte bancaire de la fameuse école de Regueb dépasse les deux millions de dinars (600 000 euros), une fortune aux normes locales.

Même chose pour l’école de Byrine, dont le standing du pavillon hébergeant son directeur serait assimilé à un hôtel 5 étoiles. Le problème réside toutefois dans les réponses officielles du gouvernement face à ces dépassements confirmés. Suite à la fermeture de l’école de Regueb, le gouverneur de Sidi Bouzid et le délégué de Regueb ont été limogés.

Toutefois, l’Union de travail de Sidi Bouzid considère ces mesures insuffisantes et appelle à une «mobilisation citoyenne contre l’alliance ‘‘instaurée de fait’’, entre les mafias locales et le terrorisme». L’opposition de tous bords appelle à des mesures plus efficaces contre ces nids de terrorisme.

Mais le gouvernement est prisonnier de la coalition parlementaire, qui le soutient et dont la moitié appartient aux islamistes d’Ennahdha, qui ne veulent pas faire beaucoup de mal aux salafistes. La principale question est : jusqu’à quand Ennahdha dispose-t-elle d’un sursis, puisqu’il s’agit d’une année électorale.

El-Watan.com