Entre les menaces de Trump et les divisions au sein de l’OPEP : Difficile et houleuse sera la réunion d’Alger

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la veille de la réunion du Comité des représentants des membres de l’OPEP et leurs alliés non OPEP, le président des Etats-Unis, Donald Trump, lance, à travers un énième tweet provocateur, une menace directe et sans ambages aux monarchies du Golfe, leur intimant l’ordre de baisser les prix de l’or noir.

«Nous protégeons les pays du Moyen-Orient, ils ne seraient pas en sécurité pour très longtemps sans nous, et pourtant ils continuent à pousser les prix du pétrole toujours plus haut ! On s’en souviendra. Le monopole de l’OPEP doit baisser ses prix maintenant», déclare Trump en usant de son habituelle arrogance de «maître du monde».

L’injonction américaine vise bien entendu à affaiblir l’Iran en remplaçant sur le marché, par le maximum de production, le pétrole iranien sanctionné par Washington.

Face à la menace américaine, l’Iran affirme opposer son veto à toute décision de cette réunion lui portant atteinte. La réunion litigieuse de demain à Alger du comité de l’OPEP et ses alliés aura du mal à sortir avec une décision majeure, car il n’est pas évident de donner suite à cette injonction en répondant à l’appel saoudien et russe de juin dernier pour une augmentation de la production de l’offre de pétrole sur le marché et mettre ainsi en péril l’accord de décembre 2016 de limitation de la production, qui a pourtant réussi l’exploit de maintenir les prix à une moyenne de 70 dollars et éviter une chute des cours aux conséquences catastrophiques pour les producteurs.

Il se trouve toutefois que même si les Saoudiens sont prêts à jouer le jeu, il leur sera difficile de pomper plus qu’il n’en faut. «Ce sera probablement une réunion de haut niveau politique et peu de décisions», déclare, à l’agence Bloomberg, Ole Sloth Hansen, responsable de la stratégie des produits chez Saxo Bank. «Les producteurs qui comptent produire à volonté, l’Arabie Saoudite et la Russie vont probablement augmenter leur production», ajoute-t-il. Stephen Brennock, analyste chez PVM, estime pour sa part que «le consensus est que l’OPEP et ses partenaires ne vont pas augmenter leur production dimanche».

Après avoir réagi par une légère baisse jeudi au tweet de Trump, le cours du brent est remonté hier pour atteindre 79,42 dollars sur l’InterContinental Exchange, en hausse de 72 cents par rapport à la clôture de jeudi. Une hausse qui confirme la volatilité des prix, malgré le tweet du président américain. «La déclaration de Trump s’ajoute à la fournée de thèmes fondamentaux qui ballottent les prix du pétrole, il va falloir s’attendre à une certaine volatilité», notent des analystes de FXTM.

La Russie et l’Arabie Saoudite, plus grands producteurs de pétrole avec les Etats-Unis, pompent déjà à des niveaux records leur or noir, que pourront donc apporter de plus les autres pays membres de l’Organisation, dont une grande partie aura du mal à aller au-delà de ses quotas de production. L’accord de décembre 2016 avait déjà été dépassé, lorsqu’en juin dernier la Russie et l’Arabie Saoudite ont décidé d’augmenter leur production, que peuvent-ils faire de plus ? Ces deux pays pourront faire l’annonce d’une nouvelle augmentation de la production, mais ce ne sera pas sans conséquence. «L’Arabie Saoudite est le seul pays disposant d’une capacité de production de réserve considérable.

Utiliser cela trop tôt risque de laisser le marché mondial incapable d’absorber les chocs de production futurs. Et tandis que l’Iran a peu de poids sur la politique de l’OPEP, il y aura une certaine méfiance quant au coût diplomatique de l’exposition publique des fissures de l’OPEP», analyse Bloomberg. Les Saoudiens malgré toute leur volonté de contenter Washington sont bel et bien tenus de prendre en compte tous les paramètres du marché.

«La réunion de dimanche pourrait conduire à des annonces d’augmentation de la production, mais le marché commence à se demander d’où pourraient bien venir ces barils», estiment des analystes cités par Bloomberg. La pression américaine, en perspective des élections à mi-mandat, pèse sur le marché mondial qui reste attentif à ce qui se dira lors de la réunion d’Alger, qui sera suivie en novembre prochain de la réunion de Vienne.

Le ministre iranien, qui ne prendra pas part à cette rencontre, rappelle que les décisions ne sont contraignantes que si elles sont prises par l’ensemble des Etats membres de l’OPEP.   

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