Éradication des bidonvilles : Un relâchement synonyme de retour à la case départ

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Éradication des bidonvilles : Un relâchement synonyme de retour à la case départ

Au moment où les pouvoirs publics tentent d’éradiquer les bidonvilles, des baraquements s’agrandissent à vue d’œil. A Aïn Taya, un bidonville se trouvant sur le sommet d’une côte, à l’entrée de la ville, tend à déborder sur la chaussée.

Les dernières baraques construites il n’y a pas si longtemps ont grignoté le peu d’espace restant pour agrandir le site qui est devenu en l’espace de quelques années tentaculaire. Cette métamorphose qui s’est faite graduellement est perceptible à partir de la route.

Quant aux domaines agricoles, qui sont loin de la vue, le nombre de baraques qui y sont construites illicitement ne cesse de croître. En face de ce sommet de côte qui foisonne de mansardes juxtaposées dans un alignement sinueux, un autre site dissimulé par la végétation dense du lieu abrite également beaucoup de baraques.

De quelques anciens foyers construits dans les années 1990, le bidonville s’est mué actuellement en un site gigantesque comptant plusieurs dizaines de baraques. Les pouvoirs publics peinent à maintenir une situation assainie. Le moindre relâchement dans la vigilance signifie le retour systématique des bidonvilles. Le même constat est à signaler, par ailleurs, à la cité PLM, dans la commune de Bourouba.

En face de l’école primaire Ennadjah, il y a une sorte d’enclos, qui comptait dans le passé des logements de fonction d’une société nationale du nom de Sneri. Après la dissolution de l’entreprise, des indus occupants ont élu domicile dans cet endroit, lui conférant des allures de bidonville. En l’absence de surveillance et de contrôle, le nombre d’occupants illicites est passé du simple au double. Aucun espace aussi exigu soit-il n’a été laissé vide. L’endroit est devenu un gigantesque bidonville.

A Réghaïa, après l’éradication du grand bidonville El Karrouche, un autre a vu le jour. Il a été érigé dans un domaine agricole se trouvant en face de l’ancien bidonville. Des dizaines de baraques ont été ajoutées au noyau d’habitations qui existaient déjà. Seule la route qui sert d’accès au haouch a été épargnée.

Des baraques se sont greffées, tels des appendices, à une ancienne cuve datant de l’époque coloniale pour s’allonger sur une cinquantaine de mètres à l’intérieur des terres agricoles. Les premiers occupants de ce haouch se sont installés au début des années 1980. Ils ont aménagé la cuve de vin en logement habitable tant bien que mal. Au début des années 2000, ils se sont constitués en coopérative immobilière.

Afin de réaliser leur rêve, ils ont acquis un terrain à la sortie de la ville de Réghaïa. Cependant, leur projet n’a pas abouti, car ils ont été expropriés par les pouvoirs publics au profit d’un autre projet de réalisation de logements.

Détenteurs de documents les confortant dans leur position d’uniques propriétaires, ces citoyens se heurtent à la machine infernale de l’administration. Ce genre de situation aggrave le problème de la prolifération des bidonvilles.

El-Watan.com