Etudiants de Boumerdès : «Nous voulons le départ de Bouteflika et de tout son staff»

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Habituellement très calme, la ville de Boumerdès est sortie hier, comme par effraction, de sa torpeur, le temps d’une marche grandiose des étudiants pour «le changement du système».

Arborant des écharpes aux couleurs nationales et des pancartes, ils étaient plus de 3000 entre filles et garçons à avoir sillonné les principales artères du chef-lieu pour exprimer leur «rejet du 5e mandat et exiger le départ du système». «Abdelmalek Sellal a dit : on a oublié les jeunes.

Aujourd’hui, nous sommes sortis dans la rue pour leur dire basta. On en a marre de la mauvaise gouvernance. On veut le changement. Non seulement on est contre Bouteflika, mais on veut le départ de tout son staff. On veut l’instauration d’une 2e République», s’écrie Rahmani Mohamed Chafik, étudiant en 2e année génie mécanique. Natif de Bab El Oued, ce jeune de 24 ans semble très engagé dans le combat pour la démocratie. «Nos diplômes ne valent rien. Les entreprises préfèrent recruter un TS plutôt qu’un ingénieur, car à l’université on ne fait que la théorie.

Il y a quelques jours, tous les étudiants pensaient à quitter le pays. Mais la situation commence à changer depuis vendredi dernier. Maintenant, on nourrit de grands espoirs que les choses iront mieux à l’avenir en Algérie», ajoute-t-il. Comme prévu, la procession des étudiants s’est ébranlée de la faculté des sciences avec des dizaines d’étudiants qui scandaient des slogans hostiles au pouvoir. «Ya lil aâr, houkouma bila karar», (Honte, un gouvernement sans décision), «Bouteflika ya lmarouki (le Marocain), il n’y aura pas de 5e mandat» «Ouyahia, les étudiants sont mécontents», «L’Algérie est une République, pas une monarchie» «On en marre de ce système», criaient-ils à gorge déployée.

Certains policiers mobilisés pour la circonstance se sont contentés de régler la circulation pour minimiser les bouchons. D’autres, nombreux, filmaient l’action en s’attardant sur le moindre mouvement des encadreurs. Pour Abdelhak, étudiant en 2e année énergétique, le départ de Bouteflika n’est pas la solution, mais une partie de la solution. «La mauvaise graine ne meurt jamais si on laisse ses racines», appuie-t-il, en se félicitant du degré de maturité de la jeunesse algérienne. «Si on en est arrivés là, c’est parce qu’on n’a jamais fait confiance aux jeunes.

La preuve, la plupart de nos dirigeants ont plus de 75 ans. C’est dommage de les voir s’accrocher au pouvoir même après les manifestations de cette semaine», se désole-t-il. La marée humaine a emprunté le boulevard du centre-ville en observant plusieurs haltes. Craignant tout dérapage, des dizaines d’éléments antiémeute armés de boucliers et de bâtons se sont postés au niveau de la route menant vers la résidence du wali.

Les manifestants se sont arrêtés également devant le portail de la wilaya, où ils ont entonné des chants patriotiques avant continuer leur chemin vers la faculté des sciences de l’ingénieur. Les étudiants se sont dispersés dans le calme, vers midi, en réitérant leur détermination à continuer le combat jusqu’au départ du système.

El-Watan.com