Exportation d’électricité : «Un câble sous-marin vers l’Espagne à l’étude», selon Guitouni

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Selon le ministre de l’Energie, la consommation nationale d’électricité est concentrée sur quelques mois seulement, malgré un investissement important consenti par Sonelgaz autour de 2 milliards de dollars, ce qui laisse une marge importante pour l’export de l’énergie non consommée le reste de l’année. Selon le ministre, la courbe nationale de consommation d’énergie «est particulière avec un pic important, du 15 juin au 15 août, autour de 16 000 mégawatts – sur une capacité de 19 000 mégawatts – mais qui retombe le reste de l’année, laissant environ 9000 mégawatts que l’on peut exporter, en densifiant au préalable le réseau de transport».

Pour ce qui est de la rationalisation de la consommation de gaz, le ministre indique que la consommation actuelle tourne autour de 40 à 45 milliards de mètres cubes, dont 10 milliards de mètres cubes pour les ménages, 15 milliards de mètres cubes fournis par Sonatrach aux gros industriels – tels que les complexes textiles de Tosyali et le complexe sidérurgique d’El Hadjar – et 15 à 20 milliards de mètres cubes utilisés pour la production d’électricité.

Pour arriver à exporter le surplus d’électricité, «il faut d’abord économiser sur le gaz qu’utilise Sonelgaz pour produire de l’électricité en misant sur le cycle combiné – turbines à vapeur – qui pourrait permettre d’économiser 30 à 40% de la part de gaz utilisée pour la production d’électricité», indique Mustapha Guitouni. Ce dernier estime que c’est «une alternative qui nous permettrait de récupérer quelque 12 milliards de mètres cubes à injecter à l’export».

Dans un exposé sur l’évolution de la consommation de gaz ces dix dernières années et les projections à l’horizon 2028, une représentante de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) a indiqué que la consommation nationale de gaz a enregistré depuis dix ans un une progression moyenne annuelle de 7,4% atteignant 45,1 milliards de mètres cubes en 2018. Elle a noté que la structure de la consommation a été modifiée lors de la dernière décennie, soulignant que «la distribution publique et la clientèle industrielle ont gagné respectivement 9 et 5 points».

Pour ce qui est des prévisions de la demande nationale à l’horizon 2028, elles se situeraient, selon la CREG, aux alentours de 61 et 76 milliards de mètres cubes milliards, soit en moyenne de 67 milliards de mètres cubes, et une croissance annuelle moyenne de 4,7%. Toujours selon l’exposé de la représentante de la CREG, «la demande des centrales électriques est appelée aussi à évoluer selon un scénario moyen autour 2,2%». Elle a souligné que «la mise en service de nouveaux moyens de production en cycles combinés permettrait d’améliorer le rendement des surfaces de production et ferait baisser ainsi la consommation de gaz entre 2019 et 2022».

Par ailleurs, l’exposé de la CREG indique que la distribution publique nécessitera 21 milliards de mètres cubes en 2028, soit 5,2% de croissance annuelle moyenne, alors que l’industrie atteindrait une consommation de 17 milliards de mètres cubes pour le scénario moyen, soit une croissance située entre 7 et 5%. Le cumul de la demande sur la période 2019-2028 atteindrait, selon la CREG, 560 milliards de mètres cubes, dont 92% seraient consommés par les centrales électriques, la distribution publique et l’industrie. La concrétisation de la politique d’efficacité énergétique du programme de développement des ENR prévus sur la période ferait gagner un cumul de gaz évalué à 15 milliards de mètres cubes avec près de 10 milliards de mètres cubes grâce aux énergies renouvelables (ENR) et 5 milliards de mètres cubes au programme d’efficacité énergétique.

El-Watan.com