Exposition de Mimia Lichani à Dilou (Constantine) : «Bons baisers d’Afrique»

  • 3 mois il y a
  • 34 Vues
  • 0 0
Exposition de Mimia Lichani à Dilou (Constantine) : «Bons baisers d’Afrique»

Après sa dernière exposition intitulée «Les demoiselles» et une éclipse de 9 mois, l’artiste-peintre, Mimia Lichani, revient à la charge avec une rétrospective de ses œuvres sur l’Afrique titrée «Bons baisers d’Afrique».

Toujours avec sa touche raffinée et ses couleurs minutieusement choisies, l’artiste propose au public un long voyage dans le continent africain à travers 53 merveilleuses toiles réalisées entre 1999 et 2018. Dans cette exposition riche et variée, organisée entre le 8 et 12 décembre au sein de la bibliothèque du diocèse Dilou (Din wa Lougha ndlr) située à la rue Boudehane Messaoud, le public était invité à apprécier et contempler les différentes cultures et civilisations ayant marqué cet immense continent.

Plusieurs autres artistes étaient époustouflés devant ces œuvres, qui ont été réalisées avec une certaine intelligence, où l’artiste a usé de la technique du figuratif et de l’abstrait pour raconter l’Afrique dans toute sa richesse. Sihem Salhi, artiste- photographe, témoigne que l’œuvre de Mimia est unique, parce qu’elle extériorise son âme dans sa peinture.

«Le travail de Mimia était toujours de la recherche dans le rêve et elle le confirme aujourd’hui à travers cette exposition, où elle nous fait parcourir toute l’Afrique, à travers les accessoires, les visages et les corps des femmes, les couleurs chaudes et autres. Ses toiles sont des contes de joie, de malheur, d’amour ou autres, mais surtout des contes qui nous parlent du Nord, (telles l’Egypte, l’Algérie…) et du Sud», a-t-elle tenté d’interpréter les toiles.

De l’autre côté, l’auteur, conteur et musicien, Fayçal Belattar, se dit impressionné lorsqu’il a découvert les œuvres de Mimia, le premier ressenti qu’il a eu est un appel à la terre. M. Belattar a jugé également que les toiles de l’exposante forment un carnet de voyage. «J’ai eu l’occasion de travailler déjà sur ce continent, dans un spectacle de conte musical qui s’appelle ”carnet de voyage”. Donc, dans ce carnet, je raconte un peu toute l’Afrique, qui meurt dans une autre Afrique qui est en train de naître.

Donc, cette exposition m’a rappelé le carnet de voyage, à travers les couleurs somptueuses qu’elle a choisies en dégageant beaucoup de chaleur», souligne-t-il, en disant que la présence de beaucoup de représentation et de symboles immuables de cette Afrique ont fait de son travail une exception. Il a joute à la fin que quelques toiles évoquent la cité Séfar, la plus grande cité troglodyte dans le monde. Il avait l’impression, d’après lui, d’être dans le Tadrart rouge.

Pour sa part, l’auteure de ces tableaux se voit plus engagée, en interprétant le sentiment qu’elle porte pour sa terre natale. Mimia Lichani affirme que l’Afrique est plus que l’image qu’on a lui collée, celle de la pauvreté et de la famine, mais elle est plutôt «un recueil d’épopées et de légendes».

Ces tableaux se présentent comme une guérison ou une suture pour un continent assez blessé. «J’ai interprété de différentes façons comment je sens l’Afrique, dans son patrimoine, ses coutumes, ses valeurs, ses fleurs, ses pleurs, ses joies, ses peines et dans ses espérances. Pour moi, c’est un continent très riche et très chaleureux, mais malheureusement il y a beaucoup de choses qui la font reculer des siècles en arrière.

Elle est mal exploitée et n’est pas mise en valeur, pourtant nous pourrons recueillir des milliers de touristes qui veulent la découvrir. Je dirais que ce continent est le berceau de l’humanité», a-t-elle déclaré. Et d’ajouter : «Mon but est également d’extérioriser le côté optimiste de l’Afrique, qui est déjà blessé. Alors je ne veux pas ouvrir ses plaies, je veux les suturer, les embellir et faire d’elles des fleurs.»

Pour conclure, l’artiste a avoué que deux autres expositions du même thème seront organisées prochainement et probablement au sein de la même bibliothèque.

El-Watan.com