Face à l’opposition au 5e mandat du président Bouteflika : Le pouvoir joue l’apaisement et prône les «réformes»

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La mobilisation du 22 février dernier contre le 5e mandat du président Bouteflika semble avoir donné à réfléchir aux tenants du pouvoir.

Face au rejet unanime de leur choix d’imposer une nouvelle mandature du chef de l’Etat, qualifiée d’anticonstitutionnelle, ils tentent d’avancer prudemment. Ils jouent désormais l’apaisement, en tentant de détourner l’objet de la contestation populaire. Comme par miracle, ils se rappellent du droit constitutionnel de manifester pacifiquement.

C’est le cas du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Intervenant hier à l’APN pour présenter sa déclaration de politique générale, le premier responsable du gouvernement, qui a toujours été contre les marches, soutient que «la loi permet aux Algériens de manifester». «Responsables ou simples citoyens, nous sommes tous les enfants d’un même peuple.

On peut être d’accord ou diverger, mais nous sommes tous des enfants de l’Algérie, une Algérie qui a connu les larmes et la tragédie. Tout le peuple a le droit de vivre dans la paix et la stabilité. La loi garantit le droit de manifester pacifiquement et j’espère que l’expression continuera à se faire pacifiquement et que la démocratie algérienne en sortira victorieuse», déclare-t-il.

Avant lui, le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, le directeur de campagne du président-candidat, Abdelmalek Sellal, et les partis de l’alliance présidentielle ont tous adopté le même discours. «Les Algériens ont le droit de manifester et la Constitution le garantit. Mais il faut préserver la stabilité», lancent-ils dans leurs déclarations au lendemain de la manifestation de vendredi dernier.

Cependant, la réponse à la mobilisation populaire reste tronquée. Aucune des revendications soulevées par les manifestants n’a eu droit de cité dans les réponses de ces représentants du pouvoir. Alors que la principale revendication porte sur le rejet du 5e mandat et la demande d’un changement, ces derniers font mine de l’ignorer et la contournent.

Jusqu’au-boutistes

Ils prônent des «réformes profondes» après la présidentielle pour faire taire la colère actuelle. Pas question pour eux de revenir sur la décision de présenter la candidature du chef de l’Etat.

C’est ainsi que le Premier ministre appelle les manifestants à trancher lors de l’élection présidentielle du 18 avril prochain : «Concernant les messages liés à l’élection présidentielle, je réaffirme que cette élection aura lieu dans moins de deux mois et sera pour notre peuple l’occasion de choisir en toute liberté et souveraineté. Tout le monde a le droit de soutenir un candidat ou de s’opposer à un autre. Mais tout doit se faire à travers l’urne, de façon pacifique et civilisée.» Une manière, pour lui, de renvoyer les Algériens aux urnes.

Jusqu’au-boutistes, les partisans du 5e mandat se montrent décidés à perpétrer leur passage en force. Pour ce faire, ils brandissent les menaces de «dérapage» et de «retour à la décennie noire».

Vont-ils se rétracter dans les prochains jours ? Wait and see. En tout cas, l’opposition met déjà en garde contre «le choix suicidaire du pouvoir» et le risque de mettre le pays à feu et à sang pour simplement satisfaire l’ego d’une caste au pouvoir.

El-Watan.com