FIBDA : Un avant-goût de la 11e édition

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Le Festival international de la bande dessinée d’Alger (Fibda) revient pour sa 11e édition. Placé sous le slogan «Alger, capitale de la BD», le festival sera ouvert à partir de mardi prochain jusqu’au 6 octobre à l’esplanade de Riadh El Feth. L’événement réunira 18 pays, dont deux nouveaux : la Suède et la Colombie. Le Canada est à l’honneur. Un avant-goût de cinq jours de diversité culturelle autour du 9e art.

– Des BD à la québécoise

Depuis plusieurs années, le Canada répond activement aux invitations des Algériens pour la participation au festival de la BD et il en est de même pour l’Algérie. «Il y a une réciprocité entre le Canada et l’Algérie pour le partage artistique et culturel du 9e art», explique Dalila Nedjem, commissaire du festival et directrice des éditions privées Dalimen. L’implication du Pays de l’érable n’est pas nouvelle. D’ailleurs, à chaque édition, le Canada est présent.

Placée sous le signe du «vivre-ensemble», l’objectif est de faire découvrir au monde toutes les particularités de la bande dessinée québécoise, mais aussi pour créer un échange culturel entre les deux pays. Dans le programme des expositions, un chapiteau et un pavillon sont dédiés «spécialement» à l’invité d’honneur : le Canada.

Les intéressés pourront admirer les auteurs canadiennes et canadiens qui animeront l’événement, notamment Meags Fitzgeral, Julie Rocheleau, Maryse Dubuc, Simon Dupuis et Frédéric Gervais-Dupuis. Cependant, des auteurs provenant des autres contrées seront aussi au rendez-vous. «Toutes ces rencontres permettent aux auteurs de tisser des liens forts entre eux», confie Dalila Nadjem.

– Ils arrivent pour la première fois… la Suède et la Colombie

En plus du Canada, hôte d’honneur, 17 autres pays, comme les Etats-Unis, le Maroc, la Turquie, la France, l’Egypte, le Liban… seront présents au festival. Et pour la première fois, la Suède et la Colombie participeront à l’événement.

Ils sont venus des quatre coins du monde dans le seul but de faire découvrir leur art. Plus d’une cinquantaine d’auteurs prennent part, dont des invités spéciaux comme la célèbre Alita Martinez, dessinatrice des studios Marvel, ou encore Antonio Altarriba Ordoñez, Prix national de la bande dessinée en Espagne.

Un focus sur la bande dessinée colombienne est aussi à découvrir. La BD se décline notamment dans le «graphic-journalisme». Un genre littéraire à part entière qui mêle l’écriture et l’illustration, où l’Italie viendra nous éclairer sur les perspectives de ce journalisme graphique innovateur.

Plusieurs activités sont prévues pour le public algérien, des conférences et des tables rondes, des expositions, des ventes-dédicaces, des projections et des ateliers. Les visiteurs devront s’acquitter d’un billets d’entrée, à savoir que trois formules sont au choix : 300 DA un ticket adulte pour la journée et 150 DA pour un enfant moins de 12 ans.

La semaine, 600 DA et 400 DA pour un enfant. Et enfin, pour la formule du week-end, 450 DA pour les adultes et 250 DA pour les enfants. Toutefois, l’entrée est gratuite pour les enfants de moins de quatre ans.

– Ne ratez pas les 60 ans des Schtroumpfs

Les Schtroumpfs feront aussi partie de l’événement. Le festival les met à l’honneur à l’occasion du 60e anniversaire de la parution de ces petits lutins bleus dans le journal de Spirou. Qui aurait pu prévoir le succès mondial des Schtroumpfs ?

Une conférence et des tables rondes présentées par Etienne Schréder et Wallonie Bruxelles au grand chapiteau. L’élément phare du festival sera aussi décliné en ateliers dans l’espace bulle de lecture en «activity books» et coloriages, une animation par Lysbeth Daumont. Ça sera schtoumpfement génial !

– Marvel débarque à Alger et des tête-à-tête avec les artistes

Par ailleurs, nous aurons l’honneur d’accueillir l’Américaine Alitha Martinez, dessinatrice chez Marvel Comics, qui pour rappel a dessiné et contribué à la BD, World of Wakanda et a réalisé le «spin off» de Black panthère et notamment Iron man. Pour cette 11e édition, plusieurs expositions sont au programme. Chaque activité est assignée à un espace spécifique.

On note la présence de cinq espaces : le chapiteau Canada, le pavillon Canada, le grand chapiteau, la bulle centrale et la bulle de lecture. Le pays à l’honneur offrira quatre expositions au niveau du chapiteau Canada : Montréal en bulles, 25 monuments importants de la BD québécoise, les Métiers de la BD, BD3D (bande dessinée en réalité virtuelle).

On retrouvera aussi une exposition des albums collectifs réalisés dans le cadre du Fibda qui réunit des auteurs algériens, cubains, belges, français et italiens. Durant les cinq jours du festival, les ateliers seront disponibles quotidiennement, pour les grands comme pour les petits.

Des ateliers de dessin et coloriage, de make-up manga, de lecture de contes, de recyclages et de photo seront animés par l’association  Jeunesse+ au chapiteau Wamar Hidja. Nous pouvons assister à la création d’un album pour les jeunes talents en compagnie de la dessinatrice italienne, Laura Scarpa.

En outre, un atelier particulier à la salle Casbah du nom des bâtisseurs réunit six Algériens et six Canadiens pour l’élaboration de la bande dessinée Les Bâtisseurs, mettant en avant les réalisations et la collaboration entre les deux pays, notamment dans les domaines culturels et économiques, dont le Monument aux martyrs de Riadh El Feth.

Pour revenir sur le thème du «vivre-ensemble», il sera mis en valeur au pavillon Canada avec «la BD sur la corde à linge» animée par Simon Dupuis, Kamel Zouaoui et Saïd Aït Saïd.

Patrick Marleau présentera, à son tour, les origines des super-héros américains. Quant à Meags Fitzgerald, dans son atelier «Ambidraw», elle illustrera sa capacité à dessiner avec les deux mains en même temps.

– La BD au féminin

Les femmes dessinatrices de BD sont de plus en plus nombreuses. «La place des femmes dessinatrices du monde est plus percutante et plus nombreuse qu’auparavant», déclare Dalila Nadjem.

Ces «autrices» du monde nous présenteront leurs œuvres surprenantes qui se déclinent dans différentes formes de la bande dessinée. En abordant, la vision artistique des femmes, on peut distinguer qu’elles ont une approche différente dans la création et l’illustration de la bande dessinée.

Il est intéressant de les voir s’exprimer sur leur quotidien et leur passion pour la BD. Un univers qui était quelque peu masculin, mais qui se féminise davantage. Le Festival de la BD d’Alger met aussi en lumière «les violences contre les femmes».

Un atelier qui est en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et animé par Bouchra Mokhtari. Du côté de l’Algérie, une exposition est dédiée exclusivement à l’honneur de l’auteure Nawel Louerrad. Par ailleurs, une démarche relative à la billetterie a été instaurée pour la première fois cette année.

En effet, un système de trois caisses est appliqué, une caisse pour la présente (pour ceux qui ont déjà acheté les billets), une caisse pour les hommes et une troisième pour les femmes et leurs enfants. Cette dernière caisse permet de faciliter l’attente des familles lors de l’achat des billets d’entrée.

Certains diront que c’est misogyne ou encore sexiste, mais dans la société algérienne cette séparation est une simple question de commodité. Par ailleurs, le Fibda sera présent dans les hôpitaux de la capitale (Parnet et Mustapha Pacha), où des auteurs algériens, américains, canadiens et italiens animeront, comme les années précédentes, des ateliers de dessin aux enfants hospitalisés,

– Un peu d’économie

Le budget est passé de 19 milliards de dinars en 2017 à 16 milliards de dinars pour 2018. Certes, ce n’est pas le seul secteur ayant subi des restrictions budgétaires, mais le ministère de la Culture a notamment besoin d’un budget acceptable afin d’organiser les différents festivals. Des divertissements récréatifs, mais aussi intellectuels afin d’amortir les effets de cette crise d’austérité en Algérie.

Avec la restriction des budgets du ministre de la Culture, le Fibda ne peut compter que sur ses partenaires et sponsors pour assurer le festival. «Ce n’est que grâce aux nombreux sponsors et partenaires que le Fibda dure et durera», précise Dalila Nadjem, la commissaire du festival.

Pour cette 11e édition, l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA) est passé de sponsor à partenaire de l’événement. Il est important de préciser que c’est avec le soutien de l’ONDA que le festival a pu se dérouler à l’esplanade de Riadh El Feth.

– Fibda… mérite des souvenirs

A la demande de nombreux visiteurs des éditions passées et exceptionnellement pour cette année, une boutique officielle du festival ouvrira ses portes à la librairie Fibda. Comme dans la majorité des festivals, une boutique officielle propose une vaste gamme de produits qui permettra à ses visiteurs de repartir avec un souvenir du festival.

–  L’espace gaming revient !

Une surface de 75 m² aux couleurs des bandes dessinées sera aménagée au public : des tournois de Dragon Ball Fighter Z, des street Fighter, Towerfall ou encore des stands de FIFA 19.

Cette initiative est entreprise à la suite d’un engouement particulier des visiteurs, lors de l’instauration de ce concept l’année dernière. De plus, les fervents amoureux de lecture pourront découvrir la grande librairie de 500 m² (qui est aussi ouverte toute l’année).

– Et que le meilleur gagne

Le festival est aussi plaisant pour les passionnés que pour les curieux. Quant aux amateurs du 9e art ayant un esprit créatif, ils auront l’opportunité de se présenter à des concours et gagner des prix.

Pour la quatrième année consécutive, la délégation de l’Union européenne en Algérie décernera le Prix d’excellence à un jeune talent, consistant en une formation à Bruxelles et une donation de 2500 euros.

Société Générale, autre partenaire du Fibda, financera les prix des concours Jeunes talents et Espoir scolaire. Il est à noter qu’un nouveau prix a été instauré cette année : TV5 Monde offrira un voyage pour l’album le plus original.

Un concours de déguisement «Cosplay» est également organisé, mais par l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (Onda) et les éditions spécialisées dans la BD et le manga, «Z-Link». Le règlement et les conditions de participation sont disponibles sur le site du Fibda ou sur la page Facebook.

– Pour mieux connaître le 9e art dans le monde arabe

Cet art littéraire et graphique a donné naissance à un véritable patrimoine artistique moderne. Les bandes dessinées mêlent toutes sortes d’influences culturelles menant les amateurs à un intérêt de plus en plus accru. L’univers de la bande dessinée dans le monde arabe est quant à lui en pleine expansion.

La production de BD dans le Moyen-Orient se fait quelquefois sous l’influence occidentale. Il sera question de réelles motivations et préoccupations des auteurs issus de cette partie du monde.

Sont-ils libres dans leur créativité vis-à-vis de la religion et de la censure qui vont avec ? Quel sens donnent-ils au «monde arabe» ? Rendez-vous au festival le 2 octobre pour élucider tous les mystères de la bande dessinée.

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