France : «Gilets jaunes», la mobilisation baisse mais ne faiblit pas

  • 1 mois il y a
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Au terme d’une semaine marquée par les annonces d’Emmanuel Macron (augmentation de 100 euros du SMIC, suppression des augmentations du prix des carburants et suppression de la CSG pour les retraités), les «gilets jaunes» ont abordé leur 5e samedi de manifestation en rangs dispersés.

Ce nouveau round de protestation est intervenu après l’attaque terroriste qui a visé un marché de Noël à Strasbourg (est de la France), faisant au moins deux morts et 14 blessés. Alors que de nombreux «gilets jaunes» avaient appelé à cesser les manifestations en fin de semaine dernière, d’autres ont, au contraire, demandé à porter la mobilisation à un cran supérieur, jugeant que les «concessions de M. Macron étaient en deçà de leurs attentes».

Paris toujours sous tension

Hier, à la mi-journée, la préfecture de police de Paris avait recensé plus de 5000 manifestants dans la capitale. Un peu plus, selon les «gilets jaunes», qui ont réussi à créer quelques points de tension. Comme au niveau de la place de l’Opéra où il y a eu quelques échanges tendus avec les CRS. Ces derniers leur demandant de reculer les ont ensuite chargés, en lançant dans leur direction des bombes lacrymogènes. Sur les Champs-Elysées, les premiers heurts entre policiers et «gilets jaunes» sont intervenus dans l’après-midi. Les forces de l’ordre ont tout fait pour disperser les manifestants.

L’avenue a été fermée aux véhicules particuliers. La police a dressé un long barrage au milieu de cette artère pour empêcher d’éventuels infiltrés de casser les vitrines des magasins, dont plusieurs avaient été saccagés les fois précédentes. A la place de la Bourse, d’autres «gilets jaunes» qui s’apprêtaient à entamer une marche dans les rues de la capitale ont scandé «Macron démission». Près de la gare Saint-Lazare, des manifestants accompagnés d’une fanfare ont rendu hommage au militantisme de Rachid Taha en interprétant avec tambours et trompettes la chanson Ya Rayah.

En province et dans les villes intérieures, la mobilisation a été beaucoup plus importante qu’à Paris. De nombreux ronds-points ont été investis par les manifestants pour filtrer les véhicules. A Mozac, près de Clermont-Ferrand, les manifestants ont organisé des barrages filtrants toute la journée, sur fond de musique et en allumant des feux de bois.

A Marseille, des «gilets jaunes» ont convergé devant la préfecture de police scandant des slogans hostiles à M. Macron et à la classe politique française «coupée des vraies vies des gens d’en bas». Images semblables à Pau (Sud-Ouest) et à Strasbourg (Est). Les manifestants ont tenu à rendre un hommage aux victimes de l’attentat terroriste, tout en lançant des slogans contre le président Macron. Au total, ce sont environ 60 000 «gilets jaunes» qui ont manifesté dans toute la France. Les mots d’ordre étaient plus ou moins partagés, comme l’organisation d’un référendum citoyen pour trancher certaines questions de société et d’économie et pour réclamer plus de démocratie et de pouvoir pour le peuple.

Les braises pas encore éteintes

Ce qu’il faut relever, c’est la baisse du nombre de magasins et autres mobiliers publics saccagés, et ce, grâce à une présence massive des forces de l’ordre. Néanmoins, les points de blocage étaient d’environ 300 dans tout le pays. 69 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés par le ministère de l’Intérieur dans toute la France. Plusieurs interpellations ont eu lieu, dont une centaine à Paris. Désormais, l’incertitude plane sur l’avenir du mouvement des «gilets jaunes». Celui-ci est appelé à baisser d’intensité à l’approche des fêtes de fin de l’année. Mais si la flamme du feu a diminué, les braises ne sont pas encore éteintes.

El-Watan.com