«Il avait donné un sens au devoir, au partage et à l’écoute de l’autre»

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«Il avait donné un sens au devoir, au partage et à l’écoute de l’autre»

Merzak Khalfouni. Membre fondateur de l’Association Les amis de la rampe Louni Arezki-Casbah

«Le souvenir, c’est la présence invisible.»Victor Hugo

Il s’en est allé dans la stupeur de l’arrachement brutal à l’affection des siens à l’âge de 74 ans, le 5 mars 2019, suite à une longue maladie cardiovasculaire qui, fatalement, a fini par avoir raison de son courage, de son abnégation et de son sourire coutumier, innés en lui depuis la prime enfance. A sa vie précocement laborieuse, dès son jeune âge, il avait donné un sens par l’accomplissement du devoir, du partage et de l’écoute de l’autre.

Artisan tailleur de référence en matière de haute couture et de confection de luxe masculine et féminine, il excellait en artiste de raffinement dans l’élégance vestimentaire, perpétuant ainsi la griffe de notoriété dans sa boutique de marque réputée Le Printemps, très connue en cette période à la place Emir Abdelkader, pour être un univers de la mode et du label d’Alger très prisé par les amateurs de style et d’esthétique de l’habillement.

Natif du vieux quartier de l’ex-rampe Vallée, actuellement Louni Arezki, il y a grandi pour être scolarisé en ce lieu à l’école de garçons au cours de l’année 1951 avec ses amis et voisins, dont l’auteur de ces lignes, à l’âge de 6 ans, tous ravis et comblés de bonheur d’être affectés à une classe d’un instituteur algérien qui avait pour nom Bouamrane Chikh, promu plus tard au rang de professeur émérite de philosophie à l’université d’Alger, humaniste, érudit, auteur prolifique d’un savoir universel, couronné par son accession en qualité de président du Haut Conseil islamique.

Merzak Khalfouni, avec toutes les qualités humaines qui étaient les siennes, incarnait le citadin typiquement algérois très attaché à sa culture, ses traditions et son patrimoine, pour concourir et contribuer précieusement à la création de l’association des Amis de la rampe Louni Arezki Casbah, dont les premiers jalons rassembleurs ont été essaimés au cours d’une rencontre amicale organisée par lui-même à son domicile à Dar El Beïda, pour réunir quelques amis d’un lointain passé, conviés dans une chaleureuse ambiance à un voyage au bout de la mémoire et des souvenirs attendris d’une belle époque de jeunesse dans un quartier évocateur d’Alger la Blanche.

Ironie du sort, c’est à la veille du 19e anniversaire de la création de l’association, le 20 mars 2000, dont il a été l’une des chevilles ouvrières, précurseuses de sa naissance, qu’il tire sa révérence pour rejoindre le royaume céleste d’un monde meilleur. Il était de toutes les actions culturelles majeures menées par l’association, pour ne citer que quelques unes, initiées à dessein de la résurrection d’œuvres de symboles emblématiques à l’image des savants et penseurs Mohamed Bencheneb, Abdelhalim Bensamaia et des icônes de la Cité antique, à travers des hommages consacrés à Cheikh Abderrahmane Djilali, Cheikh Hadj M’rizek, H’sissen et d’autres manifestations, telles que la valorisation du patrimoine vestimentaire féminin d’El Bahdja, qu’est le haïk, redécouvert dans le contexte de son historicité ancestrale.

La rencontre, marquée par un souvenir impérissable, a été un hommage qui fut une véritable liesse de la mémoire collective célébrée le 23 avril 2016, à l’endroit du Pr Bouamrane Chikh, notre premier instituteur qui, 60 années après avoir quitté l’école où il a vécu 6 années durant, a renoué, intensément ému, avec les lieux de sa jeunesse, en présence de sa famille et entouré par une nombreuse assistance, dont plus d’une dizaine de ses anciens élèves devenus septuagénaires et, en la circonstance, affectivement ravis aux larmes de retrouver, après plus d’un demi-siècle, celui que l’on appelait avec fierté et haute considération «chikhna», une réplique de résistance anticoloniale lors de la Guerre de Libération.

Ce fut l’ultime communion de retrouvailles inoubliables et exceptionnelles avec le professeur Bouamrane Chikh, qui rendit l’âme 18 jours après, le 12 mai 2016 et qui, pour la dernière fois, a encore rassemblé ses amis et anciens élèves, parmi lesquels le regretté Merzak Khalfouni, accourus nombreux et sidérés au cimetière de Sidi Fredj s’incliner avec compassion devant la sépulture et à la mémoire de leur cher «chikhna», leur maître de jadis, en signe d’adieu, de reconnaissance et de gratitude à l’égard de l’éducateur modèle de générations successives qu’il fut consterné en cette pénible et douloureuse épreuve de la destinée par l’affligeante disparition de leur très cher et vieil ami de toujours Merzak Khalfouni, l’ensemble des membres de l’association Les amis de la rampe Louni Arezki Casbah tiennent à exprimer avec déférence à la veuve du défunt, à ses enfants Mohamed, Madjid et Mahdi ainsi qu’à leurs sœurs, leurs condoléances attristées, appuyées en cette cruelle épreuve de leur fidèle sympathie et soutien d’amitié.

Qu’Allah le Tout-Puissant puisse accueillir le cher défunt dans la Miséricorde illuminée de la Rahma divine et éternelle de Son Vaste Paradis. «A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.»

Le président de l’association Les amis de la rampe Louni Arezki Casbah Lounis Aït Aoudia

El-Watan.com